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Supériorité sud-américaine, deuxième partie.

Publié le 05 juillet 2010 par Vinz

deurschaland

Fin de la phase de poules, l’Amérique du Sud fait le grand chelem en qualifiant ses cinq représentants pour les 1/8è de finale de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Les têtes d’affiches traditionnelles, l’Argentine et le Brésil, sont ainsi accompagnées par le Chili, le Paraguay et l’Uruguay. Les articles et les interventions de personnalités du football fleurissent alors sur une prétendue supériorité du football de la zone AMSUD.

Les arguments avancés.

La première justification de cette supériorité est d’affirmer que les qualifications en zone AMSUD sont très difficiles et engagées, qu’elles sont d’un excellent niveau footballistique où chaque équipe peut prétendre à une qualification ou rendre la tâche difficile à tous ses adversaires. Maradona, juste après sa qualification laborieuse lors de ces éliminatoires, donne cet argument pour expliquer les difficultés de l’Argentine à composter son billet pour le mondial.

Maradona

Deuxième argument, la mise en avant de la fibre patriotique et la fierté de représenter son pays dans cette compétition si prestigieuse. Le joueur sudam joue pour l’honneur du maillot, fier et orgueilleux, il propose un engagement total sans être inhibé par la pression d’un tel tournoi. Ce que beaucoup traduise par la fameuse « garra », le joueur ne lâchant jamais rien et jouant avec un instinct de survie.

paraguay_coupe_du_monde

La majorité des joueurs sud-américains qui représentent leurs pays jouent en Europe. De ce fait, ils font bénéficier leur sélection et le style de jeu local la rigueur et la discipline tactique apprise en Europe. Les joueurs étant considérés comme majoritairement très techniques, cette culture acquise hors de leur frontière leur donne un petit supplément de talent dans l’expression collective.

La vérité du terrain.

Je ne vois pas comment on peut affirmer que les qualifications dans la zone AMSUD sont plus difficiles. Il y a certes les déplacements très éprouvants des joueurs évoluant en Europe mais niveau qualité de jeu on ne peut pas prétendre à une supériorité dans ce domaine. Bien au contraire, un groupe de dix pays qui donne quatre qualifiés plus un barragiste face au troisième de la faible Concacaf laisse moins de place aux surprises. Ce système de poule favorise fortement l’Argentine et le Brésil qui ont leur place pratiquement réservée à chaque Coupe du Monde. Derrière c’est très serré et cinq-six pays se battent pour les deux places restantes et le barragiste. L’Argentine et le Brésil peuvent souffrir justement de ce manque d’adversité, de rencontrer des pays qui les pousseraient dans leurs derniers retranchements. Même une défaite ici et là ne les priverait pas du voyage.

Allemand, Danois, Suisses, Slovaques, tous les joueurs de toutes ces nations sont fiers et orgueilleux de représenter leur pays au plus haut niveau dans la plus prestigieuse des compétitions. Ils ne chantent pas tous l’hymne effectivement, mais leur regard ainsi que leurs attitudes ne trompent pas. La culture de la gagne est également en eux, comme tout sportif de haut niveau. Avec ou sans « garra ». Il suffit de voir les Allemands et les Hollandais qui ont montré des capacités morales et une envie de gagner de tous les instants lors de leur ¼ de finale face à l’Argentine et le Brésil.

Özil

Kràsic, Iniesta, Özil, Sneijder ont un point commun, ce sont tous des joueurs très techniques, artistes du ballon et agréables à regarder caresser le cuir. Non les joueurs sudam ne sont pas les seuls à savoir faire un dribble, une transversale, des jeux en triangle, éliminer dans les petits périmètres. Le cliché, joueur des bidonvilles ou de rue hyper-technique à la dent dure, certes beaucoup de centres de formation produisent des joueurs actuellement plus puissants et physiques que techniques, mais le talent si tu l’as à la base, tu ne peux que l’améliorer en le travaillant.

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Conclusion.

Il est tellement simple de prendre à un instant précis –en l’occurrence la fin des phases de poules- pour tirer des conclusions sur une prétendue supériorité sud-américaine. Une semaine après, toutes ces belles certitudes se sont avérées totalement erronées. Résultats et vérité du terrain : sur les quatre demi-finalistes on retrouve trois pays européens – Allemagne triple Championne du Monde, Espagne, Pays-Bas – et un représentant de l’AMSUD, l’Uruguay double champion du monde, incapable de battre une équipe européenne très faible –la France- et bénéficiant d’un haut de tableau très dégagé.


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