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Du rififi à Sherby

Publié le 06 juillet 2010 par Allezlesbleus
Du rififi à Sherby
Il est notoirement connu que les succès du Rouge & Or à la fin du dernier millénaire (ça se dit bien), ont motivé d'autres universités francophones à se joindre au party footballistique. Les Carabins joignirent la LFUQ en 2002, selon un modèle hybride d'équipe d'élite financée par l'institution d'enseignement ainsi que l’apport de commanditaires. S'ensuivit en 2003 l'arrivée d’une autre université francophone, le Vert & Or de Sherbrooke, qui choisit d'adopter le modèle corporatif, le modèle constituant la base de la réussite du programme de football de l'Université Laval. Et le « modèle Laval » semble être également la voie que privilégie l’Université Carleton d'Ottawa pour revenir au football SIC.
Tiré d'un site satellite du Rouge & Or, voici la définition du modèle corporatif de l'Université Laval:
Ce modèle de cogestion entreprise-université de chaque club vise l’autofinancement par les commandites, les contributions des partenaires, la vente de billets et d’autres activités de financement. Il sera appliqué à la formation du Club de football Rouge et Or dont les succès lui apporteront une plus grande visibilité. «Avec le football, estime M. Gilles D'Amboise, (ancien directeur du Service des activités sportives de l’Université), nous avons confirmé le potentiel du modèle élaboré progressivement dans les années 1980.»

Les responsabilités des «associés» sont clairement définies. L’université conserve l’avant-plan comme représentante du club et elle en garde le contrôle. Les partenaires s’occupent principalement de la mise en marché, tandis que la réalisation des activités de financement constitue une responsabilité commune.

Plus récemment, dans un autre article, M. Gilles Lépine, directeur du programme d’excellence sportive du Rouge et Or affirme que :
…dans les grands établissements américains, le programme de football de l’Université Laval reçoit environ la moitié des 4,3 millions de dollars que l’établissement consacre chaque année au sport interuniversitaire, qui touche quelque 350 athlètes (dont les 85 hommes de M. Constantin) et plus d’une vingtaine d’équipes, dont plusieurs sont championnes provinciales ou nationales.

Donc on peut extrapoler que le budget du programme football du R & O se situe à au moins 2 M de dollars.
De la même façon, la représentante de l’Université Carleton, Jennifer Brenning, a récemment visité la ville où le maire se croit bordelais:
Mme Brenning est donc venue observer en personne le programme de l’Université Laval et en discuter. « Nous voulions nous inspirer des meilleurs, admet Mme Brenning, qui compte parmi les nombreux responsables de programmes sportifs d’universités canadiennes à avoir rendu visite ou téléphoné à M. Lépine et à M. Constantin au cours des derniers mois.
Et elle conclu : « Gilles (Lépine) et Glen (Constantin) se sont montrés coopératifs et disposés à partager leurs méthodes de marketing et leur modèle corporatif, soutient-elle. Je verrais très bien tout cela être mis en œuvre à l’Université Carleton. »
et voici la philosophie sous-tendant le programme football du Vert & Or (tiré de leur site web)
La Corporation Club de football Le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke a pour but de soutenir financièrement son programme de football par des activités de financement et la recherche de partenaires financiers. Elle participe activement à la saine gestion financière du programme. La Corporation fait la promotion du football en Estrie et endosse la philosophie de l’équipe soit de rechercher l’excellence académique et sportive en offrant un encadrement remarquable aux étudiants athlètes de l’équipe de football du Vert & Or.

Et un peu plus loin, on en apprend un peu plus sur l’origine du football à l’UdS:
En 1999, des personnes de l'Université et du milieu des affaires de la grande région sherbrookoise se réunissent pour étudier la possibilité de relancer un programme de football à l'Université de Sherbrooke. Ils constatent rapidement le potentiel du projet et décident de tout mettre en ouvre pour le réaliser. Un aspect du dossier pose problème : le financement. Pour opérer et être compétitif au niveau de la Ligue universitaire canadienne de football, le Vert & Or doit disposer dès la première année d'un budget de l'ordre de 600 000 $.
On parle de 2003 là, on suppose que les chiffres d’aujourd’hui doivent être beaucoup plus élevés, mais on doute fortement qu'on s'approche des 2 millions. On poursuit:
Bien qu'intéressée, l'Université se dit incapable de s'engager seule dans cette opération. Elle s'engage cependant à verser une contribution annuelle en argent et en services de l'ordre de 100 000 $ et demande aux instigateurs du projet de lui proposer des façons de financer l'écart de 500 000 $....

Et maintenant le rififi..
Nous sommes en 2010, et nous avons un certain recul sur la situation. Tout d'abord, mentionnons que le programme du Vert & Or va très bien du coté assistance, l'UdS étant la seconde université ayant attirée le plus de spectateurs à travers SIC au cours des 2 dernières années, malgré une fiche, somme toute relativement banale, de 8-8 (il faut spécifier qu'ils n'ont subi qu'une défaite à domicile pendant cette période). Toutefois, le Vert & Or n’a jamais encore accueilli un match éliminatoire à domicile.
En octobre dernier, par les journaux, nous apprenions que le président de la Corporation du Vert & Or, M. Marc Bélanger, terminait son mandat et qu'il serait possiblement intéressé à poursuivre des activités à l'intérieur de la Corporation.
Deux semaines plus tard, son mandat est terminé et il n'est plus actif dans la Corporation (?). Encore aujourd'hui, huit mois plus tard, son important poste à la présidence n’a toujours pas été comblée…
Dans un même souffle, Jean-Paul Ricard, journaliste au Journal de Sherbrooke, et qui couvre le football universitaire depuis les tout débuts de Sherby, nous apprends qu'à au moins deux reprises des membres de la corporation sont intervenus dans des décisions football en 2009!!!
Y'a t'il un lien à faire entre cela et le prolongement du contrat de l’entraineur André Bolduc jusqu'en 2012?  Prolongement qui a eu lieu, à l'étonnement de bien des gens, après le début à tout le moins cahoteux de la saison dernière (On se rappelle que la défaite inattendue aux mains des Hommes en Rouge, tôt en saison, a fini par coûter une place en éliminatoire aux Renardeaux)..
Dans un même souffle, on a ramené Alain Lapointe (l'ex-entraineur initial 2003-2006), qui était directeur général de la Corporation du Vert & Or, dans le giron du secteur football à titre de directeur gérant (un poste qui a peu d'équivalents dans le football universitaire), mais dont on devine qu'il vise à éloigner de nouvelles tentatives d’ingérence des membres de la Corporation du Vert & Or des décisions football.
On sait que tout n'est pas rose au royaume de la corporation du verdâtre, les renardois ayant signalé l'importance, pour leur permettre de boucler le budget, d'héberger un ou des matches éliminatoires dans leur vaste stade sherbrookois. Cependant, l'espoir d'être l'équipe locale à un match éliminatoire au cours des prochaines années semble quasi utopique. On leur concède une certaine possibilité pour l'année en cours, mais disons qu'avec la qualité du recrutement du Rouge & Or, des Carabins et de Stingers cette année, la probabilité semble des plus ténue pour les années à venir.
Rappelons qu’au récent Défi Est-Ouest, les Verdâtres ont moussé la candidature de l'excellent secondeur K. Régimbald, un 3e année, parce qu'ils ne semblent pas avoir suffisamment de 4e années de qualité "prospect CFL", ce qui augure mal pour 2011, à tout le moins...
Il n'a pas été surprenant d'apprendre que Sherby était un des programmes qui favorisait le match additionnel qui a été ajouté au calendrier, et sans le crier ouvertement, on présume que les revenus supplémentaires apportés par ce match étaient le facteur décisif.
Compte-tenu du nombre sans cesse croissant de footballeurs francophones de qualité graduant chaque année des CEGEP de la province, on souhaite la meilleure des chances à l'Université Sherbrooke afin de (re?)devenir une option de choix pour les meilleurs d'entre eux. Mais il semble bien qu'une direction et un leadership clair émanant d'en haut, constituera un pré-requis essentiel pour permettre au programme football de Sherby de passer de l'enfance à l'adolescence de façon sereine...
Malheureusement, nous n'avons pu retrouver plusieurs des liens ayant servi à la rédaction de ce billet. Les informations proviennent principalement de différents articles de Jean-Paul Ricard du Journal de Sherbrooke publiés l'automne dernier qui ne sont malheureusement plus disponibles sur internet. Le Journal de Sherbrooke une filiale de Québecor, qui ironiquement est le plus important pourvoyeur internet de la province, n'ayant probablement pas compris l'un des avantages de l'édition électronique, soit l'archivage et la consultation à peu de frais.

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