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Les pétrodollars n’ont pas d’odeur

Publié le 14 décembre 2007 par Alain Ayache
Michel Charasse rappelait récemment une confidence de François Mitterand : « Si l’on devait ne serrer la main que des démocrates, cela ferait bien peu de monde ».
Une observation à laquelle Nicolas Sarkozy se range sans état d’âme.
Après avoir fait le Saint Bernard au Tchad, chaudement félicité Poutine pour sa victoire aux élections et reçu Chavez dans le but de faire d’avancer le dossier d’Ingrid Betancourt, il s’active à soutenir les intérêts économiques de notre pays.
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le Chef de l’état aura empoché quelques 20 milliards d’euros en Chine et 5 milliards en Algérie.
A Lisbonne, le week-end dernier, il se déclarait « heureux » de recevoir l’autoproclamé Colonel Kadhafi à Paris.
Le tyran, tortionnaire et commanditaire d’attentats, a les mains maculées de sang. Mais ce sont ses pétrodollars que notre Président convoite à l’heure où la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des Français.
Face à la levée de boucliers médiatiques, à la gêne d’une bonne partie de l’UMP et au courroux du PS, la garde rapprochée du Président et quelques-uns de ses thuriféraires sont montés en première ligne pour exhorter à la raison : les dispositions du Guide libyen à l’endroit des Droits de l’Homme sont tangibles. La mission de la France est donc de les encourager.
Dans cette perspective, le tapis rouge est déroulé, les honneurs déployés, la tente plantée, la chasse à courre organisée, la visite de la Galerie des Glaces à Versailles confirmée, la gerbe à Colombey tressée, tous les caprices de diva du dictateur sont exaucés.
Car à la clé de ce séjour, ce sont 10 milliards d’Euros qui pourraient être encaissés.
Parions qu’on aura des surprises.
En attendant, Kadhafi fait avaler ses couleuvres en haut lieu. Il désavoue celui qu’il désigne comme son « ami et proche collaborateur », affirmant que les deux hommes n’ont pas abordé les droits de l’homme et jugeant opportun d’adresser quelques leçons sur le traitement réservé à nos émigrés…
Dans cette nauséeuse affaire, force est d’admettre que le pantin n’est pas celui qu’on croit. Le pragmatisme revendiqué de Sarkozy pèse de peu de poids face à la mauvaise foi pourtant légendaire du dictateur libyen.
La crise économique qui touche notre pays est réelle. Elle semble justifier toutes les bassesses. Au détriment de l’éthique. Oui, la France se porte mal.

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