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Sortir de ses (Saï)gonds à Ho Chi Minh Ville

Publié le 12 juillet 2010 par Melaniepiqpiq

Pauvre ville. Dès le départ, elle n'avait aucune chance avec nous, au même titre que Hong Kong et Bangkok. Nous n'étions simplement pas d'humeur, arrivées à saturation et ne rêvant que de calme et de farniente. Toutes les deux étions épuisées, et Anke malade de surcroît.

La ville a senti notre animosité, et nous l'a bien rendue. Ça a commencé dès l'arrivée par une brûlure de pot d'échappement de mobylette (taxi local) à l'intérieur du mollet de la pauvre Anke qui avait besoin de tout sauf de ça. Je me demande toujours par quel miracle ça ne m'est pas encore arrivé à moi.
« Souvenir », lui a dit la pharmacienne boute-en-train qui en avait vu d'autres, « vietnamese tattoo! ». En plus, c'était gratuit (le tatouage, pas les pansements), alors de quoi se plaint-elle, l'Anke, hein?
Saïgon, c'est donc avant tout la ville des mobylettes. J'estime leur proportion à 80% par rapport aux autres moyens de transport (vélos, vélos-charrettes, et quelques voitures, quand même) (et non, pas de touk-touks!)

Inutile de préciser que la circulation est un joyeux chaos, pour ne pas dire un bordel monstrueux, d'autant plus que les feux sont purement décoratifs. La moitié du temps, ils ne marchent pas, d'ailleurs. Quant à la ligne de délimitation entre les sens de circulation, elle est plus que flottante, ce qui m'a valu bien des montées d'adrénaline la seule fois où je suis montée à l'arrière d'une mobylette.

Je n'ai pas pu prendre de photo car ça bougeait tout le temps (ça alors), mais l'image sur ce tee-shirt donne un bon aperçu de la réalité:

65. Sortir de ses (Saï)gonds à Ho Chi Minh Ville
à peine exagéré
Le spectacle est amusant pour le piéton jusqu'au moment où il doit... traverser la rue. Là, il rigole moins. Au début, on se dit « j'y arriverai jamais », fataliste. Puis, on observe, et s'aperçoit que d'autres gens traversent... et survivent. On hésite, on se dit que ce serait ballot de passer la journée à faire les 100 pas sur une moitié de rue alors qu'il y a tellement de choses à voir, et finalement, on se lance.

Le secret, c'est qu'il faut y aller franchement et essayer de garder une vitesse constante. Une fois qu'on est parti, il ne faut pas commencer à hésiter, c'est le meilleur moyen de déstabiliser les conducteurs et de se faire renverser. On peut s'arrêter en plein milieu pour laisser passer 2 ou 3 mobylettes, mais ne surtout pas reculer (l'erreur me fut presque fatale une fois), et repartir d'un pas décidé.
Contre toute apparence, il y a donc quelques règles dans ce chaos ambulant.
Par contre, pour le stationnement, faudra qu'on m'explique.

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un trottoir saïgonais.
La prochaine fois qu'un Teuton psychorigide me sortira «Bürgersteig für Fussgänger »(« le trottoir pour les piétons »)  quand je roulerai un peu trop à droite à vélo, je lui brandirai sous le nez cette photo-électrochoc, nein aber!
En parlant d'électrochoc... Saïgon, c'est aussi la ville des fils électriques
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la mode de l'enterrement des réseaux n'est pas encore arrivée jusqu'ici
… et des arnaques. Un conseil d'amis: ne montez jamais dans quelque moyen de transport que ce soit sans avoir négocié le prix auparavant, même si on vous assure qu'on vous fera un « good price » et que « you happy, me happy ». Nous avons cédé au bagout d'un conducteur de ce que j'ai baptisé « taxi-vélo-charrette », ne connaissant pas le nom consacré. Il était joyeux et sympathique, et nous a montré son livre de recommandations rempli par les touristes qu'il avait baladés à la force de ses mollets.

65. Sortir de ses (Saï)gonds à Ho Chi Minh Ville

vive les logiciels de retouche de photos. Je vous épargne le spectacle de ma sale gueule (je vous assure, c'était gratiné) et la couvre pudiquement d'un voile virtuel assorti à l'écharpe, avec un trou pour respirer quand même... Pendant que j'y étais, j'en ai profité pour mettre un peu d'auto-bronzant sur mes cannes blanches...
Résultat au bout de 3 heures de course (dont même pas une heure effective, vu que nous avons fait beaucoup de pauses): everybody unhappy. Nous parce qu'on a donné 5 fois plus qu'on ne pensait, lui parce qu'il a reçu deux fois moins qu'il n'espérait.
Bon... il nous aura quand même emmenées sur un authentique marché chinois

65. Sortir de ses (Saï)gonds à Ho Chi Minh Ville

nous avons enfin compris où se fournissent les vendeurs d'alcool de riz
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Ça ne vous rappelle pas une scène des Bronzés font du ski?!
et montré une jolie pagode

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dans le jardin de laquelle trônaient des bouddhadipeux que je n'oserais qualifier de kitch...
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Pour conclure, la ville ne nous a pas conquises, bruyante et sans charme particulier. Cependant, ce post n'est que le point de vue tout à fait subjectif d'une voyageuse qui n'était pas à Saïgon au bon moment. Nous sommes loin d'avoir tout vu, il y a paraît-il un musée remarquable sur la guerre du Vietnam. Saïgon est sans doute une ville qui gagne à être connue, mais plutôt en début de voyage, ou alors quand on revient de la campagne vietnamienne profonde et a envie d'un bain de civilisation.


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