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Publié le 15 décembre 2007 par Raymond Viger

«Je n’ai pas toujours été aussi bien dans ma peau», confie-t-elle. Autrefois, elle n’aurait jamais osé parler en public comme elle le fait aujourd’hui pour la Société canadienne de la sclérose en plaques. Elle aurait encore moins poussé l’audace jusqu’à se confier à une journaliste! C’est simple, Lucie n’existait plus. J’étais dans le dernier tiroir du bas. «Je ne comprenais pas, dit-elle, que quand je suis bien avec moi-même, meilleure est la condition d’André.» Une équation que bon nombre d’aidants n’arrivent toujours pas à résoudre.

Elle faisait déjà de l’embonpoint quand André se découvre atteint de sclérose en plaques. En l’espace de 9 mois, la condition de son mari se détériore à tel point qu’elle doit s’absenter presque quotidiennement du travail. Trois ans plus tard, elle remettra sa démission, réorientant sa carrière professionnelle pour rester à temps plein auprès de son mari.

Un choix qui n’entraîne ni augmentation de salaire, ni bénéfices sociaux. Depuis presque 20 ans, le couple vit essentiellement de la pré-retraite d’André. «On aurait mieux fait d’être les deux sur le bien-être social», s’exclame Lucie qui vit sur la corde raide. Elle trouve encore difficile «d’être invisible» aux yeux des banques qui, depuis belle lurette, n’encaissent plus ses chèques de paye.

«Quand on devient aidante, on ne le fait pas de plein gré», affirme-t-elle de but en blanc. C’est l’amour avec un grand A qui la guide aveuglement vers ce choix. Un amour qu’elle consacre totalement aux soins de son mari, au détriment des rôles d’épouse, de mère et de femme, relégués aux oubliettes.

À bout de souffle, elle réalise qu’elle a besoin d’aide. D’abord, pour les soins de son mari qui l’épuisent. Elle fait venir une infirmière de CLSC qui se chargera du bain et du coucher de l’homme qu’elle aime. Puis, elle entame pour elle-même une thérapie qui durera trois ans. Parallèlement, pour sa propre obésité, elle se fera opérer car sa santé s’est fort détériorée au fils des mois.

4 ans après l’opération, Lucie pèse 150 livres en moins. Un poids qu’elle a gagné en assurance grâce à une thérapeute extraordinaire. «Je suis réapparue, j’ai repris vie», explique-t-elle fièrement. Le changement est radical pour André, habitué qu’il était de se faire soigner aux petits oignons. «Je lui ai retiré certains privilèges», affirme Lucie en riant. Elle est aujourd’hui convaincue qu’elle en faisait trop pour son mari et pas suffisamment pour elle.


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