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La saison des fruits

Publié le 16 décembre 2007 par Jlhuss

par Lod

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Avant, quand j’avais vécu toute ma vie en métropole, je m’imaginais que les litchis poussaient dans les restaurants chinois, comme les champignons noirs. En bien pas du tout !  Ici, à la Réunion, dès le début du mois de décembre, sur de vrais arbres, de vraies branches en sont pleines ! Mais nul ne s’aventurerait à en cueillir à la sauvette sur l’arbre de bord de route qui n’a l’air à personne : un coup de fusil est vite parti ! Non. Celui qui n’a pas SON « pied letchi » chez lui doit se résoudre à en acheter aux abords des supermarchés, aux carrefours, sur les trottoirs, deux tréteaux, une planche, une balance, et une montagne de litchis avec la pancarte : « tant d’euros le kilo ».

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Les tout premiers sont à 10 euros le kilo, on les savoure malgré l’acidité, ils ne sont pas encore très rouges, ils aident à se réhabituer en douceur à la saison des fruits. Puis le prix décroît pour stagner quelque temps à 1 euro 50 le kilo : pas de doute, Noël est là, et l’on se gave littéralement de litchis, au petit-déjeuner, à midi, au goûter, n’importe quand. Nous, les Battistutta, on les achète carrément par quatre kilos, chacun le sien !

La première fois que j’ai acheté des litchis, l’an dernier, j’ai cru que je m’étais fait avoir bien comme il faut : je me suis retrouvée avec plus de branches et de feuilles que de fruits ! Mais en fait, c’est normal, c’est comme ça que ça marche. Dans ton kilo de litchis, il y a peut-être 500 grammes de litchis et 500 grammes d’arbre. En même temps, il faut garder

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à l’esprit que le pied letchi est très cassant, que la cueillette est donc chaque fois une prise de risque (les cueilleurs grimpent haut dans les branchages pour attraper les fruits, et parfois le bois cède comme du verre sous leurs pieds, c’est arrivé à un agent d’entretien de mon collège, huit mois couché le dos en miettes.)
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Lointain cousin de la châtaigne et de l’oursin, le litchi dissimule sa chair délicieuse sous un aspect hérissé et rébarbatif. Bien rouge à la cueillette, il vire au marron dès le surlendemain (si on lui en laisse le temps…)

On perce l’écorce, on épluche (plus le litchi est frais, plus il est facile à dépiauter), et là, ce globe sucré, juteux, blanc, charnu, on y mord à belles dents avec l’espoir fou que ce sera un « petit noyau » : certains litchis ont un noyau énorme qui contrarie la dent et gâche le plaisir. Mais d’autres, d’autres ! cachent un minuscule noyounet de rien du tout, source de liesse et d’exaltation pour l’heureux veinard qui, sitôt le fruit avalé, l’exhibe victorieusement : d’ailleurs on ne peut pas manger de litchis sans faire de « concours du plus petit noyau », ce serait un peu comme manger des frites et ne pas faire le concours de « celui qui a la plus longue. » (Oups, sortie du contexte, la deuxième partie de cette phrase pourrait être interdite aux moins de 16 ans…)

Bref.

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Si les ananas se trouvent toute l’année, l’été austral ajoute au plateau de fruits des merveilles inconnues des marchés de métropole : fruits de la passion prodigieux, mangues extraordinaires, pas du tout fibreuses ni difficiles à choisir comme chez nous. Voici d’ailleurs une recette de fou (de « ouf malade », comme dirait Lo…) :  sortir une mangue du frigo, bien glacée, l’ouvrir en deux (ici, pour déguster une mangue, tu la coupes en deux autour du noyau, et tu « dévisses » : tu obtiens deux moitiés de mangue dont la douceur, le goût et le sucré sont garantis à 100 %), y verser le contenu d’un ou deux fruits de la passion bien mûrs, et manger à la petite cuillère ce dessert descendu droit du paradis ! Bon, bien sûr, vous, vous ne pouvez pas le faire… Je compatis… Enfin, non, en fait ! … parce que, au fond, nous, les cerises, les framboises, les poires, le raisin, les melons, été ou pas, on peut toujours se brosser ! Il n’y en a pas. Ou alors « origine France » à 25 euros le kilo ! En mai dernier, j’ai acheté 16 cerises, 4 chacun. C’était cher, mais c’était bon. J’ai tellement mis la pression aux enfants pour qu’ils les savourent pleinement qu’ils en ont avalé les noyaux…
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Tout ça pour dire que, lorsque nous prendrons l’avion vendredi prochain, nous quitterons les litchis juteux, les mangues suaves, les fruits de la passion acidulés, sans compter les lagons à 30° minimum, pour atterrir onze heures plus au nord au pays des icebergs et des pingouins, « Paris CDG, la température au sol est de -5°… » (« Non, Laurent, ne pleure pas, il faut être fort ! ») Si ça c’est pas la preuve qu’on vous aime !!

Lod

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