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La faillite de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy

Publié le 19 juillet 2010 par Lheretique

Les accrochages (Grenoble, Saint-Aignan, Gentilly) qui se multiplient partout dans les banlieues et villages de France rendent compte de la faillite complète de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy.

Ni comme Ministre de l'Intérieur, ni comme Président de la République, Nicolas Sarkozy n'aura compris que la sécurité n'est pas une accumulation d'opérations coup de poing destinées à épater la galerie, qu'il ne suffit pas de bomber le torse, mais qu'il s'agit au contraire de penser une répression juste et réfléchie, avec une politique de longue haleine.

Il n'y a pas de réflexion sur la répression en France : d'un côté une gauche de la gauche qui excuse systématiquement les diverses formes de violence par des causes sociologiques, de l'autre une droite qui croit que montrer ses muscles et parler fort suffit pour bâtir une sécurité digne de ce nom.

Si je reconnais que j'en appelle souvent au coup de matraque ici, surtout par exaspération, à vrai dire, je sais très bien que la matraque ne saurait constituer l'alpha ni l'oméga d'une politique de répression.

En réalité, s'il est bien un domaine de la justice qui nécessite la plus grande finesse et dans lequel il faut procéder aux ajustement les plus subtils, c'est bien celui-là. Disposer du pouvoir de réprimer, c'est être conduit presque inéluctablement à pouvoir en abuser ou à en faire usage à tort et à travers (automobilistes ou collégiens menottés pendant que des hordes paradent dans les quartiers difficiles par exemple).

Notre police ne sera jamais autant respectée qu'à partir du moment où elle sera réputée juste. Or, les directives idiotes de Messieurs Besson puis Hortefeux récompensant les fonctionnaires de police au chiffre, leurs déclarations à l'emporte-pièce conduisent exactement à l'inverse.

Jean-Pierre Chevènement avait eu une bonne idée avec sa police de proximité (dont on crédite souvent à tort Lionel Jospin), qui correspondait parfaitement avec l'idée que l'homme se faisait du rôle de la République au coeur de tous ses territoires.

Les Brigades Anti-Criminalité ont un rôle évident, on ne peut le nier, pour assurer l'ordre, mais elles ne devraient en aucun cas se substituer aux forces de police régulières ! Or, c'est exactement le tournant que leur fait prendre Nicolas Sarkozy depuis plusieurs années. Au fil du temps, une police d'intervention a remplacé la police de proximité. Contrairement au sociologue Laurent Bonelli, je n'oppose pas ces deux types de police, mais elles ont vocation à se compléter l'une l'autre pas à assumer le rôle l'une de l'autre !

Il y a un autre point sur lequel il me faut revenir : l'immigration et son rôle dans l'insécurité. Tout comme Socrate dans sa République admettant que la dialectique et la logique de ses thèses conduisent inéluctablement à faire aux femmes une place égale à celle des hommes dans sa Cité, j'ai le sentiment qu'une justice et une répression justes devraient être les mêmes pour tous.

Il ne devrait donc pas y avoir de différences de traitement entre un immigré et un national tous deux délinquants ; c'est en tout cas ce qu'induit la raison. Toutefois, la cité de Platon était idéale, la justice et la répression auxquelles je pense sans doute aussi. Il n'en reste pas moins que c'est un objectif cohérent dès lors qu'une justice et une police dignes de nom fonctionnent dans notre pays.

Je pronostique malheureusement un retour en force du thème de la sécurité lors des prochaines élections, parce que Nicolas Sarkozy et son gouvernement mènent la politique inverse de celle qu'ils devraient mener et réduisent drastiquement les moyens budgétaires de la police.

In fine, la tolérance-zéro, et Bayrou l'avait bien compris en 2007, ce n'est pas le car de CRS quand il est déjà trop tard mais une réaction immédiate et adaptée à chaque infraction. Or, pour offrir une réaction adaptée, il faut avoir une connaissance du maillage social, un contact avec tous les acteurs locaux, dont une police d'intervention ne peut absolument pas disposer. Voilà pourquoi le rétablissement d'une véritable politique de proximité devrait être le premier acte d'une reconquête de notre territoire.


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