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Triathlon de Paris : le pied !

Publié le 19 juillet 2010 par Pascal Boutreau
38192_427106398536_573618536_4418882_3843698_n Certains rêvaient depuis bien longtemps de ramener le Triathlon de Paris au pied de la Tour Eiffel ! C’est désormais chose faite. Et avec réussite. A voir les sourires dans l’aire de ravitaillement après l’arrivée, les gens avaient l’air bien heureux. Et je les comprends. Un cadre splendide (la plus belle ville du monde), une météo magnifique (oui oui il fait beau à Paris) et une organisation impec (un immense merci aux bénévoles et à tous ceux qui se sont dépouillés depuis des mois pour cette journée).

Perso, c’était l’occasion de tester enfin ma caméra Go Pro HD dans les conditions du direct. Là aussi mission accomplie avec une vidéo en ligne sur lequipe.fr et des images a priori inédites de la partie natation au cœur même de l’action. Bon, n’étant pas encore un pro du montage, Spielberg a encore un peu de marge, mais vu le temps que j’avais pour monter les images, j’ai fait comme j’ai pu…Vidéo visible ICI.

D’un point de vue purement sportif, évidemment sans avoir fait un kilomètre de vélo ni 50m de natation depuis début mai (quelques allers-retours dans une piscine de … 5m, ça ne compte pas), ça ne pouvait pas être d’un niveau fantastique. Mais je n’étais pas là non plus pour exploser les chronos. Au final, 2h37’ (30’43’’ pour la nat ; 1h11’ pour le vélo ; 53’ pour la course) et une 1074e place sur environ 1500 au départ. A priori, j’estime à une dizaine de minutes le temps perdu par la réalisation des images (séances de surplace ou de polo en nat pour stabiliser des plans, installation du matos pendant les transitions et beaucoup moins de concentration sur la course en étant davantage obnubilé par les images à faire). Mais peu importe.

L’essentiel c’est d’avoir passé une super matinée dans une épreuve qui mérite incontestablement de devenir un grand rendez-vous. D'un point de vue logistique, amener le vélo le samedi, être présent à 6 heures le dimanche pour voir le départ du Grand Prix etc, ce fut un enfer à organiser. Mais ça valait le coup ! Depuis un mois, quand je passais en moto sur ces bords de Seine, j’imaginais le grand plongeon et je me délectais à l’avance de pouvoir nager dans un tel cadre. Je n’ai pas été déçu. Se retrouver là, au milieu de la Seine dans l'un des endroits les plus admirés de la planète et qui fait rêver les touristes du monde entier, ce fut pour moi un instant privilégié à ranger dans les grands souvenirs au même titre que l'entrée sur la 1re avenue au Marathon de New York, la traversée de Paris en aviron alors que Paris s'éveille ou la montée du Solarberg à l'Ironman de Roth. Je serais d’ailleurs bien resté quelques minutes de plus à faire trempette. Ce sera pour l’année prochaine. J'ai néanmoins pris le temps d'admirer et de prendre pleinement conscience de ces instants passés dans cette Seine à plus de 23° et franchement tout à fait correcte (comparée à certains plans d'eau dans lesquels sont organisés certains triathlons, l'eau de la Seine passerait presque pour limpide...). Le Grand Palais à droite, la Tour Eiffel à gauche et nous, les 1500 triathlètes au milieu de tout ça... Juste incroyable et... jouissif. 

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Le vélo était évidemment moins intéressant avec des grandes lignes droites dans le bois de Boulogne où il fallait déjà faire gaffe à ne pas partir au tas dans des virages très serrés (marrant de tourner à Longchamp dans le sens inverse). Néanmoins, le retour sur les berges avec vue sur la Tour Eiffel, passage sous le tunnel du Pont d’Iéna ou encore passage quai Branly valait aussi le déplacement. Le drafting, en plus de pouvoir discuter avec ses voisins de peloton, a aussi permis de limiter des dégâts et d’afficher une moyenne correcte au regard de mon absence quasi totale d’entraînement. Au passage, la confirmation que pas mal de triathlètes sont des porcs... A force de fréquenter les trails et encore plus les courses d'orientation où la mentalité est très différente et moins nombriliste, j'avais presque perdu l'habitude de voir des tubes de gels énergétiques balancés partout en grande quantité. Eh les gars faut arrêter de vous prendre pour des pros... ça ne vous fera pas perdre de temps de glisser le tube dans une poche... Et dans le pire des cas, visez au moins le caniveau sur la chaussée et non pas bien loin dans le bois ou personne ne ramassera vos déchets...

A pied enfin, rebelote pour une belle excursion touristique entre le Trocadéro, le Palais de Tokyo, le passage devant le musée du Quai Branly, la Tour Eiffel etc… Un premier tour pour prendre le rythme, digérer les deux casse-pattes de la boucle et discuter quelques mètres avec Nathalie Simon et un second pour commencer à être à l’aise et ramasser quelques morts. Mais 10km c’est définitivement bien trop court!

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Reste désormais à espérer que le triathlon de Paris grandisse encore. Pour répondre à Yann (commentaire de la news précédente), je crois que 3000 coureurs c'est possible... à condition bien entendu d'adapter certaines choses comme la sortie natation en l'élargissant et surtout le parcours vélo... Quant au prix d'inscription, c'est un vaste débat. Les Ironman coûtent près de 400 euros et sont complets des mois à l'avance... Une telle organisation demande beaucoup de moyens financiers... Les inscriptions sont une source de revenus. Reste à trouver le juste prix pour ne pas écarter trop de personnes. Il faudra aussi que la Préfecture de Paris y mette un peu du sien et ferme l’accès à la Seine un peu plus tard que 10 heures pour que les courses puissent partir plus tard et rassembler davantage de public. Se lever pour aller voir partir le Grand Prix féminin à 6 heures du mat, c’est un peu la galère ! Et encore plus pour les filles peu habituées à des mises en route aussi matinales. Mais cette édition 2010 qui a visiblement convaincu une grande majorité des participants, fut selon moi une grande marche de franchie. Les puristes regretteront comme toujours le côté très populaire et la masse. Mais il existe des tas de triathlons à plus petite échelle. Je suis convaincu qu'une telle épreuve, visible par le grand public, est un formidable moyen de développement de la discipline, un moyen aussi de faire comprendre que le tri ne se résume pas à l'Ironman et n'est pas un truc inaccessible.

Ce week-end fut aussi l’occasion de croiser quelques têtes amicales labellisées Chouchoutes. Je pense à Marion Lorblanchet of course (belle course pour une Xterra Girl ;)), à toute la famille de Delphine Py (bravo pour ta course et ta place de meilleure Française... au passage, il va falloir être bilingue pour pouvoir suivre le GP féminin... derrière la zone d'arrivée, ça ne parlait qu'anglais...) dont Bernard le papa qui finit la course avec moi, à Anne et la famille Reydelet croisée de bon matin sur le Pont d’Iéna (Cindy, tu peux retirer tes lunettes maintenant…), etc. etc.

Merci à Stéphanie, Justine et Florence de l’agence Blanco Negro, brillantes aquathlètes du samedi, et à Fabienne de la fédé pour leur accueil presse.

Une pensée spéciale aussi pour Pascal Bildstein qui avait rêvé de ces triathlètes au pied de cette Tour Eiffel il y a déjà quelques années et qui, avec quelques autres, s’est battu pour y parvenir.Un salut aussi à Régis Bourguignon... Dommage, on s'est loupés... Ce sera pour la prochaine fois.

Enfin, bravo à mes camarades du Meudon Triathlon, à commencer par Cécile, ma triathlète préférée qui a réalisé une belle perf (2h26’), encouragée par toute la famille. Bravo aussi à Doc Combine (2h5’), Gustavo (2h9’), La Bombe (2h15’), Goodswim (2h17), Le Vice (2h27) et enfin à Crin Blanc (2h48’) que ça m’a fait bien plaisir de revoir.

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Et tant que je suis dans le chapitre Meudon Triathlon, bravo à tous les participants du Challenge Roth, disputé sur format Ironman. 31 Meudonnais étaient au départ (29 à l'arrivée). Coup de chapeau particulier à Nono (Arnaud Jouanjean), crédité d'un excellent 9h48' et nouveau champion du monde du Meudon Triathlon sur Ironman devant Festina et Kolua. Bravo évidemment aux quatre filles, Nanouk (12h4'), Agnès (13h01'), Suzanne (13h10') et Corinne (13h36').

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Pour rester dans le thème triathlon, opération recyclage de la dernière chronique parue sur www.lequipe.fr et consacrée à la carrière de Marion Lorblanchet, l'une de mes chouchoutes !(photos de Thierry Sourbier/Onlinetri et Vanjack)

Lorblanchet-dans-le-xterra
Pas de mal à se faire du bien

Le sport de haut niveau ne fait pas de cadeau. Certains champions peinent parfois à remonter la pente après un échec. L'itinéraire de la triathlète Marion Lorblanchet illustre ce monde où la quête de la perf fait parfois oublier le plaisir, et peut même éteindre les plus beaux des sourires.
Dimanche dernier, Marion Lorblanchet a remporté le Xterra France à Xonrupt-Longemer, dans le massif des Vosges. Le Xterra, c'est une version « nature » du triathlon avec du VTT et un parcours à pied très typé trail. Une discipline qui se développe de plus en plus et qui attire de plus en plus de champions du triathlon traditionnel. Pour Marion, championne du monde juniors 2002 en triathlon, c'est, à 27 ans, une « seconde carrière », peut-être même une renaissance. L'autoroute vers la gloire que beaucoup lui promettaient au début de sa carrière s'est en effet transformé en un chemin tortueux avec quelques sorties de route et parfois l'impression d'entrer dans une impasse.

Tout roulait pourtant parfaitement jusqu'au 9 mai 2004. Ce jour-là, à Madère, Marion, cinquième des Championnats d'Europe quelques semaines auparavant, joue sa qualif pour les Jeux olympiques d'Athènes à l'occasion des Mondiaux. Pas besoin d'un exploit pour assurer un deuxième quota à la France et donc son propre billet olympique. Une place honnête lui suffit. Mais alors que toutes les concurrentes sortent de l'eau pour attaquer les 40km de vélo, pas de Marion à l'horizon. Son vélo reste désespérément accroché dans la zone de transition. Triste vision. Un blocage respiratoire a englouti les espoirs de Marion, ramenée sur la plage sur un canot. La France n'aura qu'un billet et seule Delphine Pelletier verra la Grèce. Début d'une sale période. Physique d'abord avec une succession de blessures dont une hanche en vrac suite à un surentraînement. Un virus lui pourrit aussi la vie plusieurs mois. Mais la fracture est surtout morale. Ce téléphone qui ne sonne plus, la sensation d'abandon et la dépression à la clé. « Tous ces gens qui soi-disant croyaient en moi ont vite disparu, raconte Marion. Je sais que le sport de haut niveau, ce n'est pas du social mais cela n'empêche pas d'avoir un côté humain. »
Quatre ans plus tard, pour les Jeux de Pékin, Marion, devenue championne de France en 2007, devra à nouveau se contenter du statut de « suppléante ». C'est le temps de la remise en cause et des choix. « On dit souvent que le sport doit être au service de la vie et non pas l'inverse. Les sportifs donnent toujours des formules toutes faites sur la valeur du sport. Le discours est souvent beau mais il faut ensuite l'appliquer. Et dans la réalité, j'ai souvent vu des comportements complètement opposés. Evidemment, le sportif de haut niveau doit être concentré sur sa pratique mais on est vite sur une corde où l'on est si assisté et désociabilisé qu'on peut vite basculer. Perso, je virais maboule. »


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Retour en Auvergne, à Clermont, là où elle se sent bien, auprès des siens et notamment de ses parents Christine et Michel, précieux et inestimables soutiens dans les moments durs. « Les volcans m'ont remis en place, rigole-t-elle. Désormais, je suis bien dans mes baskets. Je ne prends plus le départ d'une course avec la boule au ventre en ne voyant que ce que j'ai à perdre. Cela n'empêche pas d'avoir l'envie de se faire mal, de repousser ses limites et de surpasser. J'avais perdu cette envie de progresser encore et toujours. Mon rêve d'athlète était de participer aux Jeux. Ce fut un coup dur de comprendre que je ne le réaliserai jamais. Mais, ça y est, c'est encaissé. Maintenant, je veux avancer et me construire de nouveaux rêves. » Et comme elle l'écrit sur son site internet, rester fidèle à la devise martelée par son père Michel : « Il y a pire que de ne pas avoir réussi, c'est de ne pas avoir essayé ».
Seconde de l'half-Ironman de Monaco en 2009, Marion, qui a perdu son statut d'athlète de haut niveau et du même coup son contrat avec l'Armée qui lui garantissait un revenu, s'est désormais orientée vers le Xterra avec des résultats prometteurs et surtout une nouvelle approche de sa pratique. « Même s'il y a toujours l'esprit de compétition, j'ai l'impression d'être revenue aux vraies valeurs du sport, d'avoir retrouvé pourquoi j'ai voulu faire du sport, éclaire « Bubu ». A un moment, le fait de vivre en circuit fermé au sein d'un pôle m'avait presque fait devenir une fonctionnaire du sport. Le plaisir retrouvé, l'équilibre dans ma vie de femme et dans ma vie professionnelle où je prépare mon diplôme de diététicienne, tout ça contribue à ma réussite. Aujourd'hui, le sport me permet de m'épanouir. Pour de vrai. »

Si le triathlon garde malgré tout une place privilégiée dans la vie de la petite soeur de Thomas, le champion du monde de trail, il n'est plus l'unique centre de sa vie. Fin juin, Super Marion a pourtant pris la quatrième place du Championnat de France. Dimanche, à l'aube (départ à 6 heures du matin !), elle sera au départ du Grand Prix de Paris, au pied de la Tour Eiffel avec ses copines du club de Montpellier. Et surtout avec la joie d'avoir retrouvé son grand sourire. Un sourire et un bien-être qui, à coup sûr, valent toutes les médailles du monde.

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Mon bilan perso de la Coupe du monde est un peu reporté, désolé... Promis, je vous fais une nouvelle news dans la semaine....


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