Magazine Bien-être

Accompagner consciemment le mouvement de la guérison

Publié le 20 juillet 2010 par Do22 @DominiqueJeann

 

« Les enfants trop sages m’inquiètent. Les petits malades qui se
 taisent, qui acceptent tout sans protester me fendent le cœur. »
Chrystine Brouillet  

Un mouvement intérieur…

Les parents prennent habituellement rendez-vous avec moi, en PAB, pour guérir un symptôme présent chez leur bébé. Que ce soit des pleurs inconsolables, de fréquents réveils nocturnes ou tout autre malaise physique, psychique, développemental ou comportemental -même ceux que l’on dit « normaux » comme les coliques, les régurgitations ou les otites- il va sans dire que ce malaise perturbe souvent toute la vie familiale, pas seulement le petit enfant.    Moi aussi je souhaite de tout mon cœur que cet enfant aille mieux et que son symptôme les laisse tous tranquilles, mais si l’on peut effectivement soigner un bébé, on ne peut le guérir. En effet, l’expérience m’a enseignée que la guérison est une action strictement personnelle et individuelle. Autrement dit, seul l’enfant peut SE guérir! Mais, pour ce faire, il a terriblement besoin de notre support compatissant, de notre empathie et de notre accompagnement conscient, comme nous le verrons dans l’histoire de cas suivante, en plus des soins physiques.
L'histoire de Nicolas et de sa leucémie…

Lorsque Nicolas est venu à mon bureau pour la première fois avec ses parents, il avait quinze mois et souffrait d'une leucémie diagnostiquée depuis huit mois. Parallèlement à sa chimiothérapie, ses parents sont venus me rencontrer avec leur fils pour comprendre les racines de sa maladie. Notre premier rendez-vous a eu lieu vers la moitié du traitement de chimiothérapie qui devait s'étaler sur un peu moins d’une année.
Durant la rencontre, le subconscient du bambin nous a dit que, jusqu'à maintenant, Nicolas n’avait pu que subir passivement le traitement médical sans être capable de s’impliquer activement en vue de sa guérison parce que celle-ci ne faisait aucun sens pour lui! Et, de fait, les médecins ne comprenaient pas pourquoi l’état de leur petit patient stagnait autant. Il dépérissait tout doucement. Même si Nicolas ne se plaignait jamais, ne pleurait jamais et se montrait patient et en apparence coopératif durant tous les soins -même les piqûres!- son être profond, son âme, sa Sagesse intérieure, ne prenait pas part au mouvement du guérir.

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Guérir toute la famille…

Mettre ensemble en mots le sens de sa maladie -c’est-à-dire la signification et la direction existentielle où l’âme de Nicolas s'en allait avec ces symptômes inscrits dans sa chair et dans son sang et surtout où il cherchait à amener ses parents et comment il souhaitait concrètement et précisément les faire progresser- a pu retourner complètement la situation et indiquer la voie de la guérison. Alors, ce n’est pas seulement Nicolas qui s’est acheminé sur le chemin du mieux-être, mais ses parents également et, à travers eux, les lignées des deux familles.
De vieilles croyances…
En effet, la Sagesse de Nicolas a précisé qu’il portait en lui le bagage de ses deux familles maternelle et paternelle où se jouaient depuis sept générations des thèmes reliés à la fidélité au « sang » familial (« le sang des enfants légitimes a plus de valeur; les bâtards sont infamants, et il faut les tuer ou les renier »), de fierté égotique liée au rang dans la société (« la noblesse est supérieure ») et à la classe sociale (« il faut se marier avec ceux de sa classe »), de race et de nationalité prédominant sur une autre (« notre race est plus pure »), de religion (« notre Dieu est le meilleur ») et de honte liée à ces thèmes (une arrière-arrière-grand-mère de Nicolas avait été rejetée par sa famille pour avoir épousé contre l’avis de ses parents un soldat d'une autre religion, d’un autre pays et d’une autre classe sociale). Nicolas se faisait le porte-parole de cette grand souffrance familiale.
Place à plus d’amour…
La leucémie (ou cancer du sang) reflétait exactement cette fidélité malsaine et mal comprise à la valeur accordée au « sang » pris dans son sens le plus vaste. Cette maladie traduisait un malaise profond mis en relief par plusieurs croyances et attitudes. Et, parce qu’il était le dernier maillon dépositaire de cette chaîne de souffrances généalogiques, Nicolas ressentait tout cela plus intensément qu’aucun autre membre de sa famille comme si la libération des deux lignées reposaient maintenant sur ses seules épaules, lui le dernier espoir en date.
Par l’éclairage que nous a donné sa grande Sagesse intérieure, ce tout petit enfant a pu aider ses parents à faire le ménage dans ces très anciennes valeurs qui leur avaient été léguées à leur insu et qui leur faisaient faire du sur-place dans maints domaines de leur vie (professionnelle, sociale, affective, amoureuse, etc.). Les remplacer en faisant plus de place à l'amour, au respect, à la beauté de la différence et à la liberté a permis non seulement de déblayer le chemin vers la guérison du bébé, mais également plus de légèreté dans plusieurs sphères de la vie de ses parents. De plus, en guérissant l’un des maillons de la gémnéalogie, les autres se voient faciliter la route aussi tant en amont qu’en aval. À la fin de cette première rencontre, Nicolas nous a dit être dorénavant prêt à collaborer à sa propre guérison, et les tests sanguins ont rapidement pu confirmer que, pour la première fois, l’enfant prenait enfin du mieux.
Soigner versus guérir…
Nous, ses parents, ses proches, ceux qui aiment cet enfant de même que les professionnels de la petite enfance pouvons accompagner un bébé, lui apporter des soins et aider les parents à lui apporter le meilleur soutien adapté, mais la prise en charge principale de la guérison repose en ses propres mains. Le nourrisson, même s’il est très jeune, n’est pas passif dans sa guérison; il est le premier maître à bord et c’est lui qui, véritablement, tire les ficelles qui l’amèneront à la guérison ou qui, au contraire, la retarderont ou même l’empêcheront. De la part des adultes qui l'accompagnent, cette vérité invite à une grande humilité et à une bonne dose de lâcher-prise, mais elle peut aussi libérer les parents d’un poids de culpabilité et d’impuissance dont ils se chargent souvent inutilement.
Honorer l’être…
Avant de pouvoir laisser aller le symptôme, l’être a très souvent besoin de passer par plusieurs étapes de mûrissement, se rapprochant peu à peu de son objectif, tout cela dans le plus grand respect du rythme de croissance propre à chaque enfant... et à chaque parent. Il ne faut jamais oublier que chaque personne fait son possible. Un enfant ne tombe pas malade par hasard, il ne se fait pas souffrir pour rien. Donner la parole au symptôme revient à honorer cet effort de l’être. Sa souffrance n’aura pas été vaine si on l’a vraiment bien écoutée et qu’on est ensuite passé à l’action.
Bien sûr, j’espère que vous aurez compris qu’il n'est pas question ici de laisser souffrir un enfant sans rien faire. On peut inviter le système médical à intervenir sur un symptôme (comme Nicolas avec sa chimiothérapie) tout en gardant en tête simultanément l’importance de le comprendre avec plus de conscience et d’accompagner ce qui se passe vraiment dans les profondeurs de l’être. Il ne faut pas perdre de vue que la PAB (Parole Au Bébé), cette approche que j’ai mise au point en m’inspirant de la Kinésiologie Appliquée, est une approche qui se veut être complémentaire et intégrée dans un ensemble d’autres soins et non alternative. Inclure les forces du cœur, de la tête et de l’âme de l’enfant dans le traitement physique a vraiment un bel effet.
Bonne guérison!

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice et auteure

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