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Tant pis pour le Tanguy ra-t'on.

Publié le 20 juillet 2010 par Francisbf

Je suis né pour être un chancre. Je suis né pour vivre aux crochets de gens dont la seule joie est que je sois à leurs côtés. Ils n'ont pas tort : non seulement j'ajoute une touche fresh and fluffy d'une élégance rare aux canapés, mais je suis en plus d'une facilité à vivre déconcertante, dès lors que je suis nourri, blanchi, et qu'on ne me demande pas de faire la vaisselle ou la cuisine. Je peux même mettre mon linge sale dans un panier.

Ne croyez pas que je ne sois pas capable de servir à quelque chose, ce serait faux, archifaux. Je suis un très éminent fournisseur de bonnes séries télé, et je nourris les chats quand leurs maîtres sont en vacances (sauf ce matin, mais j'étais en retard, puis bon, je suis allé leur acheter à bouffer hier, alors hein).

Mais bon, mon naturel m'incline vers la glande les doigts de pied en éventail.

Je suis fait pour ça. C'est un don, on l'a ou on l'a pas, ne vous frappez pas.

Tenez, quand mes parents indignes quittèrent le pays pour aller se la couler douce au Maghreb, j'aurais pu faire comme des amis à moi et trouver un appart crasseux dans les bas-fonds rennais, où j'aurais payé un loyer, fait mon ménage et mes lessives, et même ma cuisine.

J'aurais pu. Mais j'ai su faire face à l'adversité, et profiter d'une paire de bonnes poires (qui ont également la casquette de merveilleuses tantes) pour s'occuper de ma lessive quand je quittais le confort douillet de ma cité universitaire le temps d'un week-end durant lequel la cantine n'était plus assurée.

Cela étant dit, mes instincts sont contrariés, en ce moment.

Je vous rassure, je suis encore logé, nourri et blanchi. Pour le moment. Parce que figurez-vous que je vais devoir quitter le logement que j'occupe, ses gardiens, son cuisinier et sa connexion internet. Et ses chats, parce qu'il faut bien qu'il y ait quelque chose à quoi le malheur soit bon.

Hélas, ça ne va pas durer. Je vais me faire expulser, dans un tout petit mois, par mes propriétaires qui m'abandonnent lâchement pour partir en Bretagne. Alors qu'on a même pas fini les séries qu'on regardait ensemble. Ces gens sont d'une grossièreté rare, mais que peut-on attendre de gens dont la seule réplique, quand on leur raconte que leur saleté de chat a compissé vos vêtements du dimanche, est « Comme elle est mignonne ! » ?

Grossiers, certes, mais ils avaient leurs bons côtés (la maison et ses gardiens, son cuisinier et sa connexion internet).

Enfin, je ne suis pas là pour récriminer. Ils sont partis en vacances, cela leur a suffi pour oublier tout ce que je leur ai apporté en termes d'enrichissement intellectuel et de joie dans leur foyer.

Je dois m'en aller. Je dois trouver un appartement ou une maison à moi. Je ne veux pas. Ca ne me tente pas le moins du monde. J'ai jeté un oeil, par acquit de conscience, sur les sites d'expatriés. J'aimerais bien, puisque j'y suis forcé, trouver au moins une colocation avec des gens doués en cuisine, en ménage et en repassage. (par contre, je n'envisage pas de me marier, si ça résout ce genre de problème, ça en pose bien trop d'autres).

Je ne veux pas chercher. Ça me déprime profondément. Je ne suis pas fait pour chercher. Je suis fait pour que tout me tombe tout cuit dans le bec (sauf les raviolis, je peux les faire réchauffer, si il n'y a pas de coupure de courant).

Du coup, que fais-je ? Je me retrouve seul devant mon PC à procrastiner en faisant une note de blog plutôt que de chercher.

C'est mal et j'ai honte. Mais seulement un peu.

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