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Publié le 17 décembre 2007 par Raymond Viger

«À l’opposé, j’ai profondément détesté L’étranger d’Albert Camus à sa première lecture.» L’auteur a toutefois conquis Vigneault par la suite. «Camus est un écrivain très sensuel, il parvient à éveiller nos sens. L’écriture est la forme d’art ultime, dans la mesure où il n’y a aucun stimuli sensoriel. Seulement de l’encre noire sur du papier blanc, mais il n’y a aucune limite à la créativité.»

Comme ceux de sa génération, Guillaume Vigneault, 37 ans, préfère souvent la vivacité et la candeur des plumes d’Amérique aux écrits alambiqués de la vieille Europe. «Ici, on a encore la volonté de raconter des histoires sans vouloir montrer comment on est brillant.» À mi-chemin entre culture populaire et littérature, l’auteur cite à titre d’exemples les Philip Roth, Jonathan Frentzen, John Irving, et particulièrement le «fabuleux» titre La nuit de l’Oracle, de Paul Auster.

Côté québécois, il voue une grande admiration à Jacques Poulin et à ses romans Volkswagen blues et Le vieux chagrin. «Un gars qui écrit des histoires d’une simplicité déconcertante. Il a un regard, une tendresse… Le vieux chagrin, c’est le nom du chat! Un roman très lent et contemplatif qui se passe sur le bord du fleuve. Le bonhomme ne bouge pas de sa petite maison, alors que dans Volkswagen blues, il y a un côté aventure hommage à Jack Kerouac.

Jacques Poulin, c’est celui dont je me sens le plus proche, mais il y a aussi Louis Hamelin et Christian Mistral. Vautour, de Mistral, c’est une véritable leçon d’écriture. J’en suis jaloux!» Le genre de roman que Guillaume aurait voulu écrire lui-même. «C’est important d’être connecté avec ce qui s’écrit, se chante ou se filme ici.»

Une constante chez Vigneault: un roman n’a pas besoin d’être un pavé pour s’avérer une œuvre complète. «Il y a des auteurs dont l’essence est ramassée en un seul livre. Tous leurs thèmes, toute leur esthétique y sont concentrés.» Les carnets du sous-sol, de Fédor Dostoïevski, est l’un de ceux-là. «On touche à l’essence de Dostoïevski. C’est l’histoire très rock and roll d’un gars mal dans sa peau, masochiste. L’apogée de tous les pires sentiments humains, mais en même temps une leçon d’écriture magistrale. C’est “garroché” ce texte-là, mais il a une telle force brute!»

Sans avoir fait une croix sur la littérature –il a un roman en chantier–, Guillaume Vigneault a foncé tête baissée dans une foule de projets depuis la sortie de son dernier opus en 2001. «J’ai tâté un peu le journalisme, mais je me suis rendu compte que ce que tu écris doit être vrai! Un gros obstacle à la créativité. Par ailleurs, on apprend souvent plus dans les romans. Est-ce que la leçon est plus forte parce que c’est arrivé dans la vraie vie? Pour moi, c’est le contraire. Le roman est le laboratoire ultime d’expérience humaine.»


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