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Les limites de la critique politique en Corse et ailleurs

Publié le 14 décembre 2007 par Corsicanova
Nous sommes bientôt à la Noel, et malgré les bons sentiments que devraient inspirer ces fêtes, l’ombre des prochaines élections municipales influe sur les commentaires laissés sur de nombreuses pages par les internautes. La politique étant en Corse, un quasi « sport national », tout comme en Méditerranée d’ailleurs, les plumes (claviers ?) sont véloces et le Verbe prend soudain de l’altitude ! Les commentaires, pourraient pourtant refléter une partie de l’opinion si ils n’étaient pas si souvent anonymes (même les fameuses adresses IP ne nous en disent pas long de l’autre coté de l’écran). Masqué de la sorte la discussion fait place aux diatribes et trop souvent, hélas, l'argument à l'insulte… Car la critique, art aisé, se doit d'être constructive, sans cela elle renforce la partie adverse, démontrant la faiblesse de son auteur. Gustave Flaubert en parle avec une grande justesse dans sa correspondance à Louise Colet en 1846 : « On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l'art, de même qu'on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat ». Cela nous ramène à un autre problème, les limites d'une critique même constructive. Sir Winston Churchill que l'on ne peut pas accuser de s'être complu dans le confort que procure la critique au détriment de l'action, nous éclaire : « Il vaut mieux faire l'information que la recevoir; il vaut mieux être acteur que critique ».

Loin de moi l'idée d'interdire la contestation, mais j'aimerai plutôt poser la question de son sens dans le cas où elle devient systématique, voir même injurieuse. De ses limites, et au-delà de ça, la « légitimité » ou le bien fondé de ses auteurs.

Nombreux sont les sites et autres blog, en Corse et ailleurs, ou sous couvert de satire politique, et souvent d'anonymat, on défend ses opinions politiques, au risque de sombrer dans la moquerie dont le poète Pierre Reverdy disait qu' « elle est la fiente de l'esprit critique ».

C'est le problème de l'opposition de façon générale, autrefois à Droite, aujourd'hui plutôt de Gauche et en mal d'idées fortes et fédératrices ; de leader aussi... Elle occupe sont temps à des luttes internes pour un pouvoir qu'elle n'a plus, et se livre à une critique systématique indigne de la pensée humaniste et progressiste dont elle prétend être issus.
Est-on condamné à perdre son objectivité quand on milite dans le parti adverse ? Pourquoi ne pas saluer (ou si discrètement) une mesure légitime et efficace lorsqu'elle vient d'un autre camp?
Dès lors que l'on n'est pas élu, on dénonce vite le système l'accusant d'être corrompu, voir totalitaire avec références aux régimes les plus odieux de notre histoire… Pourquoi tant de caricatures ?
Ou se trouve le respect du suffrage, la voix de l'électeur ?

Sans risquer l'épreuve des urnes, comment critiquer sans cesse et rester crédible ?

Sans risquer l'épreuve des urnes, que signifient les « audacieuses » prisent de positions sur le Web ? Les manifestations ?

Il est si facile de se réfugier derrière les fantasmes d'un système claniste dont l'influence et les moyens financiers empêcheraient toute position divergente. D'une population sous emprise, corrompue, ayant abandonné toute conscience politique au profit de la défense de ses intérêts et privilèges. Ici la puissance du clan, ailleurs, la chimère de la Brise de Mer…
Non les électeurs n'ont pas perdu la tête. La Corse bouge et bougera encore, mais pour cela, critique et militantisme stériles ne suffisent pas, l'action seule est salutaire.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Pierre Corneille

Olivier BIANCONI. www.bianconi-scuperta.com


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