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Les deux terroristes du 11 décembre à Alger identifiés : le malaise chez les algériens, les crainte des pays voisins et une nouvelle interprétation fournie par les experts.

Publié le 18 décembre 2007 par Boukhari Nacereddine @argotheme
Par N.E. Tatem avec ARGOTHEME

Cet article a été publié par AGORAVOX

Dans une Algérie dirigée par des reliquats d'un nationalisme qui a usé d'une violence, toute légitime, pour libérer le pays, les similitudes et l'adéquation des discours des dirigeants et des terroristes ne sont plus à démontrer. Du fait de l'unicité de la matrice idéologique entre gouvernants et islamo-terroristes, l'Algérie est vouée encore à être la plaque tournante de la BAQMI (Branche d'Al-Qaeda du Maghreb islamique).


 

Quand en juillet dernier les services de sécurité algériens ont mis la main sur un camp d'entraînement avec un effectif d'une vingtaine de jeunes dont la moitié était des mineurs, le renouvellement de génération du terrorisme, après presque 20 ans que le fléau sévit dans ce pays, a été de suite deviné. Al-Qaeda du Maghreb a puisé dans de la fraîche chair à canon.

Avec les attentats du 11 décembre 07, une fulminante inquiétude vérifie que la capacité de nuisance de la main décidée, qui a bien marqué l'année 2007 même si les politicards algériens chantent le résiduel terrorisme, est plus redoutable que jamais. Les opérations qui atteignent avec une déconcertante facilité des points sensibles et des places fortes de la capitale algérienne, dénotent que le tournis au niveau de l'Etat est loin de vouloir juguler cette criminalité. L'attaque d'une caserne de garde-côtes le 8 septembre à Dellys, qui n'est pas un regroupement de scouts pour manquer de vigilance, s'est soldée de 30 tués dans les rangs des militaires. Et celles du 11 avril qui a touché - et au même moment un autre attentat a eu lieu au campus de Bab-Ezzouar - le palais du gouvernement, et du 6 septembre à Batna qui a ciblé le cortège du président Bouteflika - cette dernière faisant 22 morts et une centaine de blessés - apportent la preuve que le macabre est plutôt entretenu, sinon traité avec légèreté.

L'identification des deux kamikazes de ce 11 décembre augure d'une recrudescence extensible dans la région où la BAQMI (Branche d'Al-Qaeda pour le Maghreb islamique) a un fervent désir de semer la mort. Elle est annoncée avec la diffusion de sa revendication : « Ces opérations viennent rappeler aux croisés, qui ont colonisé nos pays et spoliateurs de nos richesses, la nécessité de bien entendre les revendications et les discours de Oussama Ben Laden (....). Les kamikazes du Maghreb se bousculent pour mourir tant que nos terres ne sont pas libérées, que les guerres que vous menez contre l'Islam ne s'arrêtent pas et que l'aide que vous portez aux traîtres et renégats de notre sang continue. Ces opérations ont été menées pour venger... » Déjouer les barrages filtrants et accéder au centre de la capitale en pleine matinée alors que l'interdiction des véhicules poids-lourds est appliquée de 7 heures à 19 heures, sont l'aveu que le laxisme est envoûté de l'idéologie d'un nationalisme religieux que prônent ouvertement les responsables du pays. Leur démarche est consacrée par les officiels au plus haut sommet du pouvoir, avec l'antisémitisme primaire et l'esprit revanchard vis-à-vis du passé colonial, au même titre que les islamo-terroristes. Réveiller une riposte populaire contre la violence n'est pas tellement la priorité.

Les spécialistes de l'islam radical discernent que la nébuleuse de Ben Laden trouve, dans le populisme des décideurs, son terreau en Algérie. La politique réconciliatrice en est garante. Les jeunes kamikazes du camp d'entraînement avaient toutes les similitudes avec ceux qui opèrent aveuglément en Irak, à peine pubères. Ils s'abreuvent du même discours de martyrologie et préfèrent l'accoutrement du bandeau entourant la tête imageant Ezzarkaoui. Comme il faut aussi apprendre à ces jeunes la conduite de véhicules, l'effort exige des moyens que seule la première organisation terroriste internationale est en mesure de fournir. Le mode opératoire de la simultanéité du double attentat ainsi que les arsenaux de 800 kg d'explosifs par engin, présentent également les mêmes caractéristiques des attentats d'Espagne et de Londres. A tous les coups des jeunes présentant, et à quelques détails près, les mêmes profils.

Sauf pour ce 11 décembre, le positionnement des activistes de vieille date sur la rampe de la mort, a obligé à une interprétation particulière qui réconforte un avenir d'aggravation même s'il reste imprévisible. Les deux vétérans donnent exemple aux prochaines bombes humaines. La méthode de fascination a été déjà employée sous une autre forme, en kidnappant un militaire frère d'un terroriste, et de le faire abattre par ce dernier sous les yeux des jeunes recrues, pour leur arracher la promesse et les endoctriner. Les pousser à ne point reculer...

Le terroriste dirigé sur la représentation de l'ONU du HCR (Haut Commissariat des Réfugiés) située dans les hauteurs de la capitale, quartier huppé où beaucoup de représentations diplomatiques étrangères ont des services, était âgé de 64 ans. Il a roulé sa bosse depuis 1996 avec le GIA et s'est rallié à Hacéne Hattab lors de la dissidence du GSPC avec le bras armé (GIA) du FIS dissout. Dans les maquis où il a pris part, il était considéré l'ogre des nanas. Il avait la prédilection sadique d'arracher des vierges, en tuant même les parents, pour les violer. Avant de commettre son dernier forfait, il se faisait appeler papy. Le second, plus jeune, à 31ans, a été dirigé sur le Conseil constitutionnel à El-Biar, quartier mitoyen et prolongeant le premier. Il a été relaxé en mai 2006 dans le cadre de l'inconséquente et illusoire politique de la réconciliation nationale et a rejoint, dans la semaine qui a suivi sa libération, ses acolytes pour continuer le djihad.

La loi instituant le pardon complice et aveugle pour ceux qui, même pris les armes à la main, arrivent à s'innocenter en déclarant, sur le bout des lèvres, une repentance invérifiable, a permis de relâcher dans la nature quelque 8000 individus. Les services de sécurité algériens ont perdu la trace de plus de 50% d'entre eux. Ces derniers ont emprunté deux chemins. Le premier est la reprise du service parmi les hordes de terroristes. Et le second, c'est celui de l'exil vers l'étranger, souvent en « haragas », passagers clandestins, malgré leur privation de passeport. Dans cette dernière destinée, certains tenteront de s'installer sous des cieux qui effacent leur passé et deviendront de simples immigrants, mais d'autres continueront de mener le djihad.

En tirant leur révérence les deux kamikazes du 11 décembre ouvrent le front d'un déploiement. La revendication de cet attentat porte les énormes possibilités qu'a la BAQMI de frapper à partir de l'Algérie.

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