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Tambour-Major joue du clairon

Publié le 02 août 2010 par Ruminances

Posté par lediazec le 2 août 2010

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C'est avec pompe et tralala que vendredi dernier le Tambour-Major Sarkozy a installé le nouveau préfet de l'Isère dans ses locaux. Il a fait ça comme on conduit son rejeton à l'internat pour la nouvelle année scolaire. L'air martial et le ton hautain, comme il sied à un Tambour-Major, il était à l'aise avec le clairon. L'événement était d'importance et le garnement à ses côtés savait que la moindre faiblesse de sa part lui couterait son argent de poche et pire encore. Dans les rangs, la troupe marchait à pas cadencé.

C'est un petit garçon apeuré, tremblant dans ses chaussettes et cependant fier, qu'il a tenu par le bras pour lui expliquer la conduite à tenir. En effet, le nouveau préfet, Éric Le Douaron, choisi dans les rangs de la police, avait un peu les chtouilles en découvrant les lieux et, surtout, en écoutant le discours rugueux du très peu paternel Sarko qui en a plus que marre de cette bande de fonctionnaires planqués.

Je veux du propre, je veux du net, je veux des résultats et aucune excuses, a-t-il martelé sur tous les tons, le timbre fort, avec ce tic des épaules qui lui est si particulier, avant d'ajouter, définitif : nulle part “dans le moindre quartier, la moindre rue, la moindre cage d’escalier”, dans le moindre recoin rien ne doit dépasser ! Cela a le mérite de faire trembler les dentiers dans les maisons de retraites, à défaut de faire vaciller le banditisme dans les quartiers.

Rien ne va plus en république. Que fait-on ? Supergnome est là ! Il défouraille son vieil arsenal sécuritaire et identitaire. A défaut de travail et de culture… On brandit la bible du facho et on pioche dans son contenu de quoi se rassurer à défaut de rassurer.

Sur sa lancée, il a annoncé l'installation de 60 000 nouvelles caméras de vidéo-surveillance. Bonjour les soirées télé pour le personnel surveillant. 60 000 nouveaux postes en perspective ? Le chômage n'a qu'à bien se tenir. Bientôt, plus d'employés dans les agences par manque de chômeurs… Et si quelqu'un avait encore un doute sur ses intentions, il enfonce le clou en menaçant de la « déchéance de la nationalité française » quiconque aurait l'idée de traverser la rue hors des bandes blanches. Bizarre, il n'a rien dit sur le caniche à mémé qui fait ses crottes sur le trottoir !

Très remonté, devant un auditoire tout acquis ou faisant semblant, Supergnome a tapé, tapé du poing, a tel point que le pupitre a étouffé un fou rire. Il a eu chaud, le pupitre. Grandiose, il s'enfonce dans le brouillard, un rictus de colère collé à ses épaules remuantes : « pas un seul policier ne s'en ira, c'est les délinquants qui reculeront ». Il faudrait peut-être demander aux syndicats de policiers ce qu'ils pensent de ces déclarations de matamore. Eux qui se plaignent tous azimuts sur les coupes opérées dans les effectifs. A fanfaron, ajoutons hypocrite et incompétent et le tableau ressemblera à l'une des toiles de papa Pal.

L'extrême dangerosité des Roms, ramassis d'indigents, délinquants en puissance, ne méritant aucun respect, est au centre de sa pathologie. Sarko cherche à modifier la loi les concernant pour que « l’évacuation des camps irréguliers », dès l’automne prochain, relève du seul préfet !

Il y a mieux. Pour que les choses soient claires, il envoie un message fort en direction des parents dont les enfants manquent les cours : le gouvernement prépare un texte qui permettra de les rendre responsables  devant la loi. Petite question, monsieur Supergnome : les parents de la petite Zahia (affaire Ribéry-Benzema, etc.) sont-ils concernés par ce texte ?…

Mais on connait son art à faire diversion pour escamoter les affaires louches. Les vraies, les dures, les qui éclaboussent et salissent la République.

En musclant son intervention, en fascisant son propos, pendant que tout le monde s'affaire sur les Roms, sur les parents irresponsables ou sur les français d'origine étrangère qu'on menace de déchoir de la nationalité, on oublie ce bon monsieur Woerth, le ministre-trésorier, le conflit d'intérêt, Philippe Courroye, le très complaisant procureur chargé de diligenter à bon escient… Mieux, on passe l'éponge, on ramasse les miettes et on recouvre le tout avec une nouvelle nappe.

En faisant diversion, outre qu'on prend le citoyen pour un imbécile, cela permet au ministre du travail de se remettre de son audition dans son bureau du ministère du Travail : entendu pendant près de huit heures, il a besoin de repos. Mais il a tenu bon : il a tout nié en bloc. Pas asexué, mais Ange il se voit !

Ne l''oublions pas : Grenoble n'est qu'un leurre. Un leurre de plus. Hortefeux ? Comme Dati. Comme Besson, Comme Lefebvre, comme Gros Bertrand… Des faire-valoir !

Jusqu'à la fin de la partie, un pion efface l'autre. Des sales pions !


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