Magazine High tech

La macro sans se ruiner...

Publié le 02 août 2010 par Sid

Photo macro

O

n désigne couramment sous le terme de macro les photos de sujets minuscules qu'on prend de très près, comme les fleurs ou les insectes. La macrophotographie, par définition, désigne les clichés de rapport 1:1 ou plus, c'est à dire pour lesquels l'image sur le capteur est d'une taille supérieure ou égale à celle du sujet. Pour les rapports plus petits, on parle de proxiphotographie, et c'est en général le terrain qu'on explore avec un objectif classique ou un compact.

Si vous avez déjà essayé, vous avez dû vous apercevoir que faire de la vraie macro nécessite des objectifs spécifiques. Ces objectifs ont en effet une distance minimale de mise au point extrêmement courte qui permet, en s'approchant au plus près du sujet, d'obtenir le fameux rapport 1:1. Il existe cependant des alternatives à ces objectifs souvent coûteux permettant d'aborder la macro sans se ruiner.

Ce qui limite notre capacité à faire de la macro, c'est la distance minimale de mise au point[1] de l'objectif qu'on utilise. Cette distance est facteur de la distance focale, ce qui fait que même à chercher des objectifs plus longs[2], vous n'obtenez pas le grossissement voulu parce que la distance de mise au point augmente d'autant.
Les dispositifs que je vais vous présenter par la suite auront pour but de réduire cette distance de mise au point pour des objectifs standards.

Bonnette

Une première solution est la bonnette. Il s'agit d'une lentille convergente qui, parce qu'elle va resserrer le faisceau lumineux, permet de faire le point plus près de l'objectif. Les bonnettes ont l'avantage d'être compactes et faciles à utiliser, en particulier parce qu'elles ne modifient en rien l'utilisation de l'objectif. En outre, elle n'entraînent pas de perte de luminosité comme certains dispositifs cités plus bas. Par contre, parce qu'elles modifient la formule optique, elles ajoutent rapidement des aberrations optiques[3], et ce d'autant plus qu'elles sont fortes. On peut en combiner plusieurs bonnettes pour augmenter le grossissement, mais franchement, le résultat devient rapidement exécrable...

Bagues-allonge

La bague-allonge est un dispositif permettant d'augmenter le tirage de l'objectif, ramenant le plan de netteté plus près de l'objectif. Il s'agit d'un tube creux qu'on insère entre le boîtier et l'objectif et qui apporte un rapport de grossissement d'autant plus important qu'il est long. Ces bagues viennent en général par trois, avec des longueur autour de 15mm, 20mm et 30mm, permettant d'obtenir une plage intéressante de rapports par panachage. L'intérêt d'une bague-allonge est qu'elle ne contient aucun dispositif optique susceptible de dégrader l'image. Par contre, elle entraîne une perte de luminosité pouvant aller jusqu'à 2 stops, parfois plus. Les bagues les moins chers ne transmettent pas les automatismes[4]. Celles qui les conservent coûtent relativement cher.

Soufflet

Le soufflet est un dispositif fonctionnant sur le même principe que la bague-allonge. Par contre, il permet d'obtenir toutes les longueurs voulues entre ses côtes minimale et maximale, et donc tous les rapports de grossissement correspondant. Par contre, il sera carrément encombrant à transporter, surtout considérant sa fragilité, en plus de la perte de luminosité. Les soufflets coûtent relativement cher par rapport aux autres dispositifs, mais restent un accessoire très prisé des adeptes de la macro.

Bague d'inversion

Un dispositif assez surprenant de prime abord est la bague d'inversion. Il s'agit d'une bague permettant de monter un objectif à l'envers sur le boîtier. Le rapport de grossissement est d'autant plus important que la distance focale de l'objectif utilisé est courte. Un tel objectif est effet conçu pour ramener un grand angle de vision sur un faisceau plus fin, de la taille du capteur, sur une distance très courte. Or ce que nous cherchons est exactement l'inverse, d'où l'idée de retourner l'objectif. Une bague d'inversion est un accessoire souvent léger qui n'induit ni perte de qualité optique, ni perte de luminosité. Par contre, c'est loin d'être une sinécure à utiliser et reste généralement incompatible avec les objectifs ne permettant pas un réglage manuel de l'ouverture. Certains modèles sophistiqués reprennent les automatismes, mais ils restent assez rares, donc chers[5]. Pour atteindre des rapports particulièrement forts, on associe souvent une bague d'inversion à un soufflet. Faire de même avec des bagues-allonge est possible, mais ce n'est pas pratique à manipuler.

Doubleur macro Foca

Dernière solution, le téléconvertisseur, quand il est spécialement conçu pour la macro. C'est le seul dispositif cité ici qui modifie la distance focale en la multipliant par un facteur 1.4 ou 2 généralement. Les modèles macro sont souvent spécifiques à une focale bien précise, voire à une formule optique, et apportent un rapport de 1:1 quand ils y sont associés. Assez rare à trouver de bonne qualité, en particulier niveau optique, il coûte son pesant de cacaouètes et induit une perte de luminosité dépendant du facteur de multiplication.

Maintenant qu'on est équipé pour photographier le tout petit, on peut se lancer dans la macro, en considérant quelques points usuels qui vont tout à coup prendre une importance toute particulière.

Le premier est la profondeur de champ. Cette dernière se réduisant à mesure qu'on approche du sujet, elle va rapidement atteindre l'ordre du millimètre en macro. Autant dire que la moindre erreur de mise au point ou le moindre mouvement[6] sera fatal. D'où l'intérêt d'utiliser un pied très stable dans un environnement calme.

Pour accroître ses chances de succès, on augmentera la profondeur de champ en fermant le diaphragme. Il n'est pas rare de shooter à f/8 ou f/11 voire de fermer à mort[7]. Le problème, c'est qu'en fermant, on perd en luminosité[8] et on atteint des temps de pose parfois incompatibles avec l'immobilité parfaite requise. Typiquement si vous voulez prendre des insectes volants en train de butiner...

Du coup, vous allez parfois devoir recourir à un éclairage additionnel. Oubliez d'emblée le flash intégré de votre appareil qui n'est ni conçu, ni positionné pour travailler à des distances aussi courtes : il va falloir utiliser un ou plusieurs flashes déportés, éventuellement combinés à des diffuseurs et/ou réflecteurs, et savamment disposés pour obtenir l'effet voulu. Le flash macro classique est le flash annulaire qui se fixe en bout d'objectif.

Un dernier problème concerne la mise au point. Du fait de la faible profondeur de champ et des conditions lumineuses, il n'est pas rare qu'à de telles distances, l'autofocus, quand il est utilisable, se mette à patiner. Les objectifs macro sont étudiés pour et souvent équipés de dispositifs permettant de limiter la portée de l'autofocus. Les autres, donc ceux que nous voulons utiliser ici, sont à la rue et doivent donc être utilisés en manuel. Le problème des objectifs récents est qu'ils ne sont pas conçus pour ça, même s'ils le permettent. Typiquement, leur bague de mise au point a une course beaucoup trop courte pour offrir la précision voulue. La solution la plus simple est de se tourner vers le marché de l'occasion pour trouver de bons objectifs manuels. Sinon, de recourir à un charriot de mise au point qui permet de ne pas utiliser la bague de l'objectif mais de déplacer le boîtier pour faire le point, comme on peut le faire en jouant finement sur la longueur d'un soufflet.

Mais je ne vais pas vous gâter votre plaisir à découvrir toutes les subtilités de la macro ;)
Surtout maintenant qu'on sait que cette pratique qui semble toujours un peu technique, nécessitant en plus du matériel lourd et honéreux, peut être pratiquée sans se ruiner. Ce qui permet de sauter le pas sans arrière-pensée, et voir si ça plaît avant de s'investir plus avant...

Notes

[1] Souvent notée "MAP mini".

[2] On notera que certains constructeurs appellent abusivement macro des objectifs dont la distance de MAP mini reste courte, mais sans atteindre le rapport n'est pas 1:1, ce qui permet de faire de la bonne proxi.

[3] Déformations, aberrations chromatiques, vignettage, etc.

[4] Pilotage du diaphragme et autofocus.

[5] Comme un bon cheval bon marché :P

[6] Croyez-moi, vous allez vous mettre à haïr le vent ;)

[7] f/22, f/32 selon les objectifs.

[8] Perte à ajouter éventuellement à celle induite par une bague-allonge ou un soufflet.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Sid 341 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog