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Aimer son fœtus... concrètement !

Publié le 03 août 2010 par Do22 @DominiqueJeann

C’est difficile à imaginer, mais votre ventre est habité par une personne réelle!
« Je vais tellement l’aimer »…

Pendant la grossesse, les parents-en-devenir, pensent ou disent souvent : « Quand mon enfant va naître, je vais tellement l’aimer! » Et je ne doute pas qu’ils sauront bien le faire, mais pourquoi conjuguer le verbe aimer au futur? Pourquoi attendre la naissance de cet enfant pour commencer à l’aimer? Ce bébé in utero, vous pouvez l’aimer dès maintenant, d’un amour vrai et surtout d’un amour concret. Votre enfant prénatal en a besoin. Impérativement, précocement, maintenant.

L’amour fait disparaître la distance entre les êtres. Cet enfant que vous attendez dans quelques semaines est pourtant déjà arrivé. Il est si proche... mais on peut facilement être si près de quelqu’un et si loin en même temps. Pendant la grossesse, « Qu’est-ce qu’aimer? » est plus qu’une simple question philosophique. C’est la base du bonheur, de la sérénité, du courage et de l’espoir prénatal. Votre bébé a besoin que vous l’aimiez en actions appliquées concrètement dans votre quotidien. Sans vous forcer, à votre rythme, selon votre personnalité propre et vos affinités, sans surcharger votre horaire, aimez-le au présent. Mais comment?

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Comment aimer un bébé avant sa naissance?

Aimer concrètement son bébé n’est pas l’aimer intellectuellement. Ici le mot « concrètement » prend toute son importance. On peut aimer être enceinte. On peut aimer vivre l’aventure de la grossesse et goûter certains avantages. On peut aimer l’idée d’être mère ou d’avoir bientôt un enfant. On peut aimer se sentir femme jusqu’au fond du ventre. On peut aimer les projets qui se dessinent à l’horizon et les images d’un « nous-deux-ensemble ». On peut aimer confirmer notre amour de couple en un projet commun. On peut aimer devenir une vraie famille. On peut aimer l’idée de se reproduire ou de continuer la lignée, donner son nom. Mais... aimer son fœtus n’est rien de tout cela. On ne doit pas l’aimer pour ce qu’il nous apporte ou nous permet, nous, de faire ou de réaliser.

Vous me demandez comment aimer plus concrètement un fœtus. Je vous répondrai par une question : Et vous, de quelle confirmation avez-vous besoin pour vous sentir aimé? Des milliers de petits gestes vous font sentir aimé, n’est-ce pas? Quand il est question d’amour, votre enfant prénatal n’est en rien différent de vous.  

D’abord, il se sent aimé lorsque vous le percevez réel. Ensuite, il a besoin de sentir que, pour vous, il compte pour qui il est, en tant que personne à part entière et non parce qu’il est utile -ou le sera- ou pour ce qu’il fait ou vous permettra de faire. C’est un amour inconditionnel qui le fait grandir comme celui dont parle le sage Jean Vanier lorsqu’il dit à quelqu’un : « Je suis content que tu existes » sans rien attendre de l’autre.

Voici l’histoire de l’une de mes clientes qui vous aidera à comprendre l’importance d’être aimé inconditionnellement bien avant la naissance.
L’histoire de Suzy

Suzy, elle, a été aimée dès l’âge fœtal... mais parce qu’elle était utile. Oh combien, elle a été aimée! Mais d’un amour si lourd à porter. Elle a été la raison de vivre de sa mère qui, sans cette petite poupée qui la gardait bien occupée et comblait sa solitude, aurait sombré de plus en plus dans la dépression. Sa vie ne tenait qu’au fil de cette maternité unique. Quel poids à porter pour Suzy qui, enfant, ne s’est jamais sentie libre de s’éloigner de sa mère.

C’est au moment de souhaiter concevoir un enfant à son tour que Suzy est venue me consulter. Depuis plusieurs années son couple faisait face à une infertilité inexpliquée. Lors des consultations, la Sagesse de sa Conscience a mis des mots sur cette difficulté et pendant quelques mois Suzy a fait le ménage dans ses sentiments face à la maternité -la sienne et celle de sa mère-, sur sa vie prénatale et sa petite-enfance.

Elle s’est penchée sur l’« amour » maternel et comment elle l’avait reçu étant enfant, ses effets sur sa vie d’adulte et comment elle pourrait s’y prendre pour le vivre différemment avec son propre bébé. Aimer un enfant, pour elle, signifiait se l’attacher comme elle l’avait été et ne voulait pas faire de son enfant une béquille pour elle-même en ayant trop souffert elle-même. Cette lutte intérieure était totalement inconsciente et ce n’est que petit à petit qu’elle en a pris conscience et débloqué ainsi le chemin vers une belle conception. Elle a aussi pris conscience combien elle avait besoin d’être utile pour quelqu’un et appris comment vivre pour elle-même sans se sentir obligée de «faire». La lumière de la compréhension a libéré le chemin vers la guérison de son cœur d’enfant et son âme de mère-en-devenir.
S’accueillir pour accueillir l’autre

La grossesse est une école où l’enfant est un très bon maître pour vous enseigner cette grande loi. Cet amour que vous voulez donner à votre enfant s’inscrit d’abord dans une multitude de gestes concrets envers vous-même. Ces gestes d’amour peuvent prendre place à chaque moment de votre journée. Vous qui êtes déjà si occupée, ne vous effrayez pas de ces paroles. Il ne s’agit pas ici d’ajouter des activités à votre horaire déjà chargé, mais de les vivre un peu différemment. Aimer concrètement votre bébé ne vous demande pas d’aller à contre-courant de la société ni de votre vie actuelle.

L’une des étapes qui vous mènent à la rencontre (la rencontre est le prélude à l’amour) de votre petit enfant est de vous accueillir. Que signifie « s’accueillir »? Tout simplement être là avec vous-même, pour vous-même, dans l’instant présent. Toute là. Sans vous juger. Portez votre attention à ce qui est là en vous. C’est bien là qu’il est votre enfant, non, en vous? Alors plongez en vous, dans les sensations physiques, les images, les pensées, les émotions, les ressentis, tout ce qui est vivant en vous.
Des gestes d’amour concrets

Comment démontrer votre amour à votre enfant? Voici une liste de gestes d’amour concrets. À vous de l’allonger selon vos besoins, ceux de votre enfant et votre inspiration du moment. Écoutez ce qui cherche à se dire en vous, cela vient en partie de la voix de votre enfant qui parle en vous par ce que vous ressentez. De l’extérieur, vos proches ne remarqueront rien d’inhabituel. Cet amour passe inaperçu. Mais pas de votre enfant..

- Je m’assois dans les transports en commun : acceptez une place offerte et, si nécessaire, osez même la demander gentiment. Si c‘est trop difficile, rappelez-vous que vous le faites pour votre enfant. En voiture, ajustez votre ceinture de façon sécuritaire et, si possible, devenez la passagère...

- Je porte des souliers confortables : laissez les talons hauts dans la garde-robe ou portez-les de façon très occasionnelle : votre dos vous en sera reconnaissant et votre enfant plus confortablement installé.. Vous pourrez ainsi travailler en prévention pour éviter qu’il ne se positionne en «postérieur» et vous occasionne ainsi un accouchement vraiment difficile

- J’écoute mes « bons » goûts de femme enceinte : ceux qui vous nourrissent vraiment... ils nourrissent également votre bébé.

- Je prends le temps de bien manger: assise s’il vous plaît, en ressentant le plaisir des saveurs, des couleurs, des parfums et des textures...

- Je prends du temps pour moi-même : pour lire, écrire (à votre enfant?), tenir un journal de grossesse, prendre un bain, faire ce qui vous procure un réel bonheur. Le plaisir que je m’offre, mon enfant le ressent directement.

- Je permets aux autres de me gâter : mon indépendance et mon autonomie si chèrement gagnées ne sont pas menacées...

- J’écoute mes besoins de sommeil : je me permets des siestes et de douces flâneries, « seule » (mais vous ne l’êtes pas vraiment, n’est-ce pas?), à deux, à trois...

- Je ne me lève pas trop vite le matin : entre l’éveil et le lever, un petit moment flou révèle une porte de communication ouverte vers mon enfant...

- J’écoute mes rêves (ceux du jour et ceux de la nuit) : ils sont une autre porte d’entrée primordiale pour mon bébé in utero. Dans cet espace qui n’appartient plus seulement à la Terre, ses rêves se mélangent aux miens...

-J’emmène mon enfant prénatal marcher dehors tous les jours: j’inspire longuement et j’expire profondément. Chacun de mes pas le berce et ma respiration l’oxygène. Dans le ventre de leur mère, les bébés adorent ce genre de promenade!

- Je nourris toutes les parties en moi : mon corps, mon cœur, mes pensées et mon âme aussi...

- Je parle à mon bébé : silencieusement ou à voix haute et je chante avec - et pour lui - (savez-vous qu’il existe des groupes de chant prénatal?). Et pourquoi ne pas inviter le père-en-devenir à se joindre à vous... deux?

- Je suis douce envers moi-même, mais pas trop envers certaines personnes quand il s’agit de me protéger ou de respecter mon bébé (fumée de cigarette ou environnement dangereux au travail par exemple).

- Et mille autres petits gestes… aux grandes portées. En fait, il n’y a jamais rien de petit lorsque l’intention se nomme « amour ».
Aimer son enfant prénatal concrètement comporte une part d’apprentissage, comme toute autre forme d’art d’ailleurs. On n’en finit jamais d’apprendre à aimer et à bien s’aimer. Jamais on ne nous octroiera un diplôme ès amour, mais chaque pas compte. Aimez votre bébé en vous aimant... pour vrai.

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice et auteure

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