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Sarko en vacances, ses ténors dérapent tous seuls...

Publié le 06 août 2010 par Juan
Sarko en vacances, ses ténors dérapent tous seuls...Nicolas et Carla Sarkozy sont enfin arrivés au Cap Nègre. Nicolas est déjà très bronzé, à force de partir en weekend prolongé à répétition (la dernière escapade date de 15 jours, déjà au Cap Nègre). Une petite manifestation les attendait sur place, pour l'abolition des privilèges. Il faut dire que le couple présidentiel avait choisi la date anniversaire du 4 août 1789 pour descendre.
Mais l'été sera sans trêve.
Occuper le terrain...
Au gouvernement, on s'acharne à occuper l'espace médiatique sur le terrain de l'insécurité. Le collaborateur Hortefeux est officiellement descendu à Grenoble jeudi 5 août. Officiellement, car en fait, il est venu en catimini la veille au soir, pour patrouiller en secret dans des rues désertes avec les policiers. Il cherchait sans doute des Auvergnats... La veille également, journalistes et caméras étaient conviés à l'aube dans la banlieue de la ville à filmer et commenter l'arrestation dès 6 heures du matin de 5 suspects suite aux violences d'il y a 15 jours. Le dispositif policier était lourd, plusieurs centaines de policiers, dont des troupes d'élite du RAID et du GIGN. Les cinq ont été relâchés de leur garde en vue, faute d'éléments, avant même le délai maximal de 48 heures. «C'est un succès» s'est obstiné à commenter Brice Hortefeux jeudi, alors qu'il installait le tout nouveau Groupe Régionale d'Intervention de l'Isère promis par Sarkozy. Vendredi dernier, Sarkozy promettait pourtant des résultats rapides pour valider son lien entre immigration et délinquance à Grenoble.
Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre , fraîchement revenu de vacances, a confié que «la question des étrangers, c'est un problème majeur dans notre pays. La délinquance, chacun sait qu'il y a des liens avec l'immigration, chacun le sait. C'est souvent pas correct de le dire, mais c'est une réalité que chacun connaît. (...) quelque chose comme 10 % des détenus sont étrangers. (...) Les mises en cause pour vol à la la tire, c'est 50 % d'étrangers. Je ne parle pas de gens issus de l'immigration, je parle d'étrangers ».
L'homme est habitué de ce type d'outrances: de la détection des comportements violents en maternelles au travail pendant les congés maladie. Il s'en est déjà expliqué. Le temps médiatique est trop court pour expliquer longuement. Mieux vaut la formule choc, le raccourci, fusse-t-il dangereux. Conseiller régional des Hauts-de-Seine, Frédéric Lefebvre est surtout agacé de constater que le piège sarkozyen ne fonctionne pas. L'opposition en est restée à critiquer le propre bilan de Sarkozy en matière de lutte contre l'insécurité. Dans la presse et sur les blogs, on s'échine à démonter les erreurs de l'argumentation sarkozyenne. Mardi, Nadine Morano fustigeait Elisabeth Guigou qui aurait beau jeu, selon elle, de critiquer l'extension de la déchéance de nationalité alors qu'elle l'aurait elle-même déjà étendue en 1998 quand elle était ministre de la Justice sous Lionel Jospin. Manque de chance... Mme Morano s'est plantée. Cet élargissement date de 1996, quand le Garde des Sceaux s'appelait Jacques Toubon. En 1998, Mme Guigou a au contraire posé quelques limites, comme l'impossibilité de rendre un condamné apatride.
Jeudi soir, le Figaro.fr publiait son brillant sondage du jour avec ce titre triomphant : «Sécurité : les annonces de la majorité plébiscitées». On pouvait y lire que d'après un sondage Ifop, auprès de 1003 personnes, par ordinateur, que Nicolas Sarkozy et sa majorité avaient fait «carton plein» auprès de l'opinion. Et le journal de Sarkofrance d'expliquer que «les dirigeants socialistes, dépassés par leurs troupes, n'ont toujours pas fait leur révolution culturelle, huit ans après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle.» Bizarrement, le journal n'a pas demandé ce que pensaient les «Français» de la politique de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l'insécurité, de ses résultats depuis 2002. On pourrait rappeler un autre sondage de l'Ifop, pour France Soir celui-là, qui révélait que près des deux tiers des Français considéraient que l'insécurité était en hausse, 8 ans après la nomination de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Bizarrement aussi, les sondeurs de l'Ifop ne demandèrent pas aux sondés s'ils trouveraient justifié de retirer la nationalité française aux évadés fiscaux. Bizarrement, le journal ne précise pas la marge d'erreur de ses interprétations sondagières quand il écrit que les électeurs de gauche plébiscitent aussi les propositions sarkozyennes : sur les 1003 personnes interrogées, combien ont été étiquetées «à gauche» ?
... avant qu'il ne nous occupe
Les services d'Eric Woerth avaient violemment attaqué Libération, jugé coupable d'«insinuations», d'«amalgame» et de «désinformation», suite à ses révélations sur l'intervention directe d'Eric Woerth alors ministre du Budget pour alléger de 27 millions d'euros les impôts dus sur la succession du sculpteur Cesar. Sur France 2 mercredi, Alain-Dominique Perrin, l'executeur testamentaire, avait qualifié de faux les extraits du courrier de Woerth publiés par le quotidien. Dans la journée de mercredi, l'intégralité du courrier pouvait être consultée sur le site du journal (cf. notre billet de mercredi). Jeudi matin, Libération en profitait pour relancer l'affaire Wildenstein, en publiant des extraits d'un courrier de la veuve du marchant d'art au ministre du budget de l'époque s'inquiétant de son attentisme. L'un des héritiers Wildenstein, Guy, que la veuve accuse d'avoir dissimulé l'héritage de son père, est un animateur du Premier Cercle (encore un !) et des adhérents expatriés de l'UMP aux Etats-Unis.
En lisant le Canard Enchaîné du 4 août, la moisson était riche en petites et grandes révélations.
1. Le mari de Christine Lagarde, Xavier Giocanti, se fait épinglé pour sa gestion d'un association entre 2003 et 2005. A l'époque, il dirigeait  le Centre de promotion de l'emploi en micro-entreprise (CPEM), association sous le régime de la loi de 1901 qui reçu 1 million d'euros de subventions européennes. Dans une ordonnance datée du 2 mai, révèle le Canard, la Cour européenne de Justice a condamné ladite association à rembourser le million d'euros perçu à l'époque. Motif ? L'association n'était pas à but si non lucratif que cela : soutien logistique caché mais significatif de la mairie de Marseille (8 employés municipaux plus les locaux), «fausses déclarations, violation de la règlementation, gestion fantaisiste. Un festival.» commente l'hebdomadaire satirique.
2. Christian Estrosi, le ministre de l'industrie rattaché à la même Christine Lagarde, n'est pas épargné : trois voitures de fonction; une ex-épouse placée à la tête de l'office HLM en sus de sa fonction d'adjointe au Logement; l'épouse d'Eric Ciotti (ce député qui aimerait sanctionner de deux ans de prison ferme les parents d'enfants délinquants qui ne suivraient pas le plan de probation délivré par le juge) nommée directrice adjointe de la communication de la Ville, en sus de son salaire d'attachée parlementaire de son mari; un job à la communauté urbaine de Nice pour l'un des frères de Fadela Amara;  une Légion d'honneur pour une restauratrice amie ; un marché public truqué pour les cantines scolaires de la Ville (153 millions d'euros à la clé), rapidement annulé par le ministre-maire quand le procureur Eric de Montgolfier rappela par écrit les bonnes règles de procédure; et un budget de communication municipale qui frise les 3 millions d'euros par an...
Ouf ! Arrêtez là. La liste est suffisamment complète...
Crédit illustration: Sarkofrance, d'après AFP.

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