Mon petit garçon, fais bien attention : si tu mets encore un pain à Kevin, papa va aller en prison. Je sais que du haut de tes cinq ans, mon ourson bougon, ça ne veut pas dire grand chose. Mais quand même. Deux ans de tôle pour un mouvement d'humeur, ça me ferait mal. Surtout assortis de 30 000 euros d'amende. D'accord, je n'aime pas trop Kevin, il embête ta grande soeur, et , personnellement, je lui mettrais bien ma main dans la gueule, à ce petit con. Note que, au passage, sa maman est très jolie. Oui, je sais, pour toi, c'est ta maman à toi la plus jolie du monde.
Mais bon passons... Tu sais, mon petit patapon, mon baroudeur de cour de récré, qu'on a un directeur d'école très sévère ? Il s'appelle Nicolas, a un très bon copain de cour de récré, Eric Ciotti. Un député. Oui, bon, c'est compliqué, disons que c'est une sorte de bon copain qui veut lui faire plaisir. Y compris en racontant des bêtises. Voilà, mon petit d'homme, ce que veut ce marmaille que tu battrais facilement aux billes (ne lui dis pas "anon joué cannettes", il ne va pas comprendre) : que si tu fais une connerie un jour, moi, ton papa -ou ta maman, on ne sait pas, c'est pas très clair- on irait en taule.
Mon petit lutin, si un jour tu en fais une, de connerie, je prendrais ta place à la geôle. Je m'accuserais de tout. Y compris d'avoir tué le Père Noël. Mais avant, mon ti bonèr, j'aimerais mettre un grand coup de boule à M.Ciotti. Parce que c'est le genre de types que j'espère que tu ne rencontreras jamais. Le genre de type qui fait que j'ai peur pour toi. Pour ton demain. Tu ne sais encore pas lire, mon petit fonnkèr. C'est pour ça que je peux me permettre : juste une paire de claques pour les abrutis.
François GILLET
