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Wrapped in water

Publié le 12 août 2010 par Ladytelephagy

12 août 2010

Wrapped in water

AtaminoSousakan

Eh. Bah. Merde. Alors.
La saison estivale nippone révèle bien plus de surprises qu'attendu, et après mon coup de cœur pour GOLD (confirmé hier soir avec, enfin, quelques minutes consacrées au deuxième épisode), me voici complètement désarmée à l'issue du pilote d'Atami no Sousakan. C'est que, à première vue, je n'en donnais pas cher, de ce dorama, où il était question d'une enquête sur la disparition non élucidée d'un groupe d'adolescentes. J'avais comparé à Pretty Little Liars. Je ne pouvais pas être plus loin de la vérité.

Si comparaison il doit y avoir, ce sera avec Twin Peaks, no less.

Et en fait, oui, c'est même obligé de faire la comparaison. Et je suis ravie de voir qu'il y en a qui connaissent leurs classiques ! Vingt ans après (eh oui, déjà, ça me fait un choc à moi aussi), le pouvoir de fascination de cette série semble continuer à faire son effet, au point d'inspirer de façon évidente une série japonaise.

Comment ne pas penser à Twin Peaks quand Atami no Sousakan nous propose une enquête dans un bled paumé, avec une équipe de police locale complètement décalée, des habitants recelant plein de secrets, et une affaire mystérieuse ? Et surtout, comment ne pas penser à Twin Peaks quand Atami no Sousakan parie sur le même type de mise en scène, des silences embarrassants, des répliques tirées par les cheveux, et... sincèrement, je serais Angelo Badalamenti, j'envisagerais de demander une petite contrepartie financière pour tous les morceaux qui accompagnent ces mêmes scènes. L'hommage est juste énorme.

Mais loin de moi l'idée de dire que notre Atami no Sousakan n'est qu'un copycat. Au contraire, la bourgade présentée n'est pas du tout une contrée froide et enveloppée dans les arbres, c'est une ville côtière, au creux d'une baie, environnée de plaines, bref, un espace dégagé et, j'ajoute, coloré. En-dehors d'une petite ondée, la mer est aussi bleue que le ciel, à moins que ce ne soit l'inverse. Et que dire des joyeux palmiers décorés de néons qui jalonnent ses quais ? Le registre est également différent à cause d'un des lieux de l'action : un pensionnat pour jeunes gens aisés, où les jeunes filles faisaient leurs études. Solennel et altier, cet établissement (appelé L'école de forêt éternelle, en français dans le texte) est un endroit intimidant, et qui a ses propres bizarreries : les filles y sont en surnombre et les deux élèves masculins sont réduits au rang de minorité silencieuse. Avec son administration religieuse et sa prof principale ambiguë, l'endroit est certainement encore plus bizarre que dans les rêves les plus fous de David Lynch.

Et puis, il y a les enquêteurs. Les. Ils sont deux à débarquer, et n'ont pas qu'une très lointaine parenté avec Dale Cooper, que ne s'exprime que par des cheveux impeccablement gominés et par le ravissement de l'inspecteur Hoshizaki devant les petits pains du diner local (il ne boit pas de café...). Parfait tandem pour cette ville complètement allumée, nos deux enquêteurs sont donc tous les deux un peu barges, entre l'hystérique excédée en permanence par tout, et le petite bonhomme au constant sourire goguenard...

Dans tout ça, que nous réserve l'intrigue ? Une bien étrange disparition, en vérité, à laquelle nous allons intégralement assister. C'est un tour de passe-passe assez incroyable que d'assister à toute une scène et de n'en tirer aucune clé pour comprendre l'intrigue ! Il y a un côté un peu prestidigitateur dans ce passage, c'est clair. La suite n'est pas tellement plus claire, mais a l'avantage de rester les deux pieds bien ancrés dans le réel. Personne n'a possédé qui que ce soit, ou alors vraiment si on en vient là, on aura fait le grand écart. Fantaisie et réalisme tentent de cohabiter comme ils peuvent dans ce patelin perdu dans la campagne japonaise, et ce n'est pas facile quand on est un coin de terre habité par les personnages les plus barges de la planète.

Le pilote d'Atami no Sousakan, parce qu'il est japonais, ne tourne pas autour du pot. Un développement important aura déjà lieu avant la fin du pilote (dans une longue scène contemplative... au sens propre du terme !) et le trailer indique que ce n'est pas fini. Comme on sait qu'on est sur du court terme, on ne lambine pas en chemin à faire du mystère, on avance dans l'intrigue, lentement, mais d'un pas décidé. Cela se fait pourtant sans jamais oublier de dépeindre le milieu où l'on se trouve (une ville où même les oiseaux se comportent bizarrement !), et sans jamais oublier de distiller de multiples excentricités.

Petite claque dans la figure de tous ceux qui croyaient avoir fait le tour des séries portant sur une enquête policière (moi la première ; j'ai la joue qui chauffe), Atami no Sousakan, c'est juste la curiosité à regarder cette saison.
D'un autre côté il me reste quelques pilotes à voir, sans compter ceux qui vont s'avérer plus ardus à disséquer, à l'instar de Tofu Shimai. Mais quand même, là, c'est du lourd. Pour faire plus étonnant, il faudra se lever tôt.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Atami no Sousakan de SeriesLive.

Atami no Sousakan, GOLD, Pretty Little Liars, Tofu Shimai, Twin Peaks


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