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Tristesse et désolation : la maison des parents de Jules Verne à Nantes!

Publié le 13 août 2010 par Paristoujoursparis

Vouloir marcher dans les pas d'un grand écrivain, quelle drôle d'idée! Venu en touriste à Nantes, je ne pouvais manquer de visiter le musée Jule Verne. Dans cette ville où naquit l'auteur du Tour du monde en 80 jours et de tant d'autres ouvrages célèbrissimes, un musée lui a été dédié. Il est situé eu n°3 rue de l'Hermitage, dans un quartier excentré d'où on peut admirer les sinuosités de la Loire.

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Jules Verne est né à Nantes, , 4 cours Olivier de Clisson, le 8 février 1828, au coeur de l'île Feydeau.

Le musée est logé dans une maison très 19e siècle. Malheureusement, la visite de ce lieu se révéla décevante. Des reproductions de tableaux, quelques meubles venant de la famille de Jules Verne - dont une curieuse chaise accrochée au mur! - ne peuvent manquer de rendre cette visite un brin stérile…

Aucune information concernant la maison où nous étions n'étant affichée, j'ai demandé à la jeune personne de l'accueil - au demeurant fort agréable - quand l'illustre écrivain avait habité ces lieux…

Las… Jules Verne n'y a jamais mis les pieds!

“La ville a installé le musée ici parce qu'on y a une belle vue sur la Loire” (sic!) Une fois de plus on nous fait le coup de l'invitation au voyage parce qu'on a pas grand chose à montrer.

J'ai demandé alors si la résidence secondaire des Verne existait toujours. Mais oui, à quelques pas d'ici, à Chantenay : “elle a un peu changé mais on la reconnait quand même”.

Après avoir traversé l'an bourg de Chavenay, nous sommes enfin parvenus devant la maison des Verne. Une grande déception nous y attendait. Le parc où Jules aimait tant rêver - il y a conçu, excusez-moi du peu, De la Terre à la Lune et Vingt mille lieux sous les mers - a presque complètement disparu sous un cube de béton logeant une école hôtelière.

Mais pourquoi donc aucune plaque ne rappelle le souvenir de Jules Vernes ici? Mystère! Quand à l'état de la maison, il est pitoyable.

La ville de Nantes ne manque pas de mentionner dans ses prospectus que le grand homme est né dans ses murs. Deux statues évoquant le bonhomme y ont été érigées, et un pseudo musée évoque son oeuvre… Mais que fait-on pour sauver la modeste maison des Verne à Chantenay?

“Je prépare mon voyage sous les eaux, et mon frère et moi, nous arrangeons toute la mécanique nécessaire à l'expédition … ” (lettre à Hetzel, 1866).

“Un grand portail brun à deux battants donnait accès par une cour sablée à un pavillon d'un rez-de-chaussée, avec deux retours vers le mur d'entrée. La façade en était bordée de massifs de fleurs et d'arbustes, fusains, lauriers, hortensias, et à droite de la porte d'entrée deux tilleuls, à gauche un figuier dressaient leurs branches et les masses de leurs feuillages au-dessus du mur, laissant à peine deviner du dehors la façade du pavillon. [ … ] Du côté du jardin où donnait la façade principale, le double perron était garni d'une glycine dont les grappes violettes et le feuillage s'enroulaient gracieusement autour des balustres de l'escalier. Des bignonias et des glycines bordaient la façade [ … ]. Les deux jardins se faisaient suite en terrasse. Le premier, planté en jardin français d'autrefois, ne tarda pas à être transformé par Pierre Verne en jardin anglais. [ … ] Une allée de tilleuls taillée fut la seule partie qu'on en garda le long du mur en terrasse qui dominait le deuxième jardin; c'était un promenoir bien exposé d'où on voyait la Loire et ses prairies, terminé par une charmille et une tonnelle qui donnaient sur le chemin. “

A l'époque de Jules Verne, la maison offrait un point de vue idéal sur le fleuve. Le jeune Jules rêvait en observant “le virement des navires, larguant leurs focs et bordant leurs brigantines, changer derrière puis changer devant“. Avec son frère il fait ses premiers essais de navigation sur des bateaux de louage “à un franc la journée“, et robinsonnait d'île en île de Loire. Rêves et aventures nourris de la lecture assidue des romans maritimes de Fenimore Cooper et des aventures du “Robinson suisse, de préférence même au Robinson Crusoë”.

2010 : bien loin de tout cela, le rêve s'est échappé.

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La triste façade de la maison des Verne, 16 rue Eugène Leroux. Porte en P.V.C., Velux… La Ville pourrait au moins faire un peu respecter ce lieu de mémoire, quitte à aider les propriétaires actuels!

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La façade arrière sur le jardin dessinée par Raymond du Crest de Villeneuve, neveu de Jules Verne.

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Les mêmes lieux aujourd'hui : tristesse et désolation. A gauche, derrière le poteau électrique, ce qui reste de la chambre de l'écrivain.

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“Du côté du jardin où donnait la façade principale, le double perron était garni d'une glycine dont les grappes violettes et le feuillage s'enroulaient gracieusement autour des balustres de l'escalier. Des bignonias et des glycines bordaient la façade

Un rosier anémique remplace toute cette végétation…

Des statues, c'est bien, des prospectus, c'est joli mais une maison un peu mieux sauvegardée et une plaque rappelant le souvenir du grand homme, ce serait beaucoup mieux!


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