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J’ai mal aux Kahn

Publié le 14 août 2010 par Juval @valerieCG

Parlons de ce fameux édito de Kahn, dans Marianne, intitulé “Le voyou de la république”.
Dans le chapeau, Kahn parle de démagogie. Il évoque ensuite, en début d’article, que, si en jetant une pierre, Rachid tue malencontreusement un contrôleur des poids et mesures, il risquera la déchéance de nationalité. En revanche si le même Rachid poignarde une vieille dame, alors, il ne risquera pas la même peine.
Démagogie avez-vous dit ?

L’article 221-4 du code pénal français indique les catégories de personnes dont le meurtre constitue une circonstance aggravante. Il comprend “magistrat, un juré, un avocat, un officier public ou ministériel, un militaire de la gendarmerie, un fonctionnaire de la police nationale, des douanes, de l’administration pénitentiaire, un agent d’un exploitant de réseau de transport public de voyageurs ou toute autre personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, lorsque la qualité de la victime est apparente ou connue de l’auteur“.
Ce n’est donc pas une nouveauté que de punir plus sévèrement celles et ceux qui attentent à la vie d’un fonctionnaire de police. Il n’est évidemment pas question de dire que leur vie vaut davantage que celle d’un citoyen lambda (ou la leur s’ils ne sont pas en service) ; on souligne simplement qu’à travers les atteintes commises sur leur personne, on attente indirectement à la sécurité de l’état.

Kahn continue “Ce dont, en effet, personne n’aurait ne fût-ce qu’”osé” avoir l’idée, depuis le Premier ministre collabo Pierre Laval, lui a soudain traversé l’esprit“. et “Qu’il y aura désormais, aux yeux de la loi, deux catégories de citoyens français“.
Rappelons que depuis 1996, on peut déchoir de sa nationalité une personne coupable d’actes de terrorisme. C’était juste après les attentats de 95 et le conseil constitutionnel, sans doute devant l’émotion publique, avait validé cette loi. Peut-être, aurait-il fallu s’indigner à l’époque plutôt que de bramer maintenant ?

Au passage Kahn rappelle que NS a aboli la double peine ; on en doute fortement.

Pierre Laval. Le mot est dit et sous-tendra tout l’article. La politique sarkozyste est-elle d’inspiration vichyste ou nazie comme l’a affirmé Rocard en disant “On n’avait pas vu ça depuis les nazis” (à propos d’une responsabilité individuelle devenant collective).
Une nuance et de taille. Les juifs qui se sont vus interdits d’exercer certaines professions, ont été “recensés”, ont du porté une étoile jaune et ont connu déportation n’étaient coupables d’aucun crime. Pour ignobles que sont les propositions de loi sarkozystes, elles ne sont pas comparables.
Vichy ne vaut que si l’on parle de la collaboration. Vichy ne vaut que si l’on parle des gens livrés aux allemands afin qu’ils finissent en fumée.
En comparant les lois prévues par NS à Vichy ou aux nazis
1. On minimise ce qu’est un génocide ; on ne tue pas des personnes parce qu’elles ont commis des crimes, on les tue pour ce qu’elles sont ; juives, tutsis, bosniaques etc.
2. On se ridiculise et on rend toute critique ultérieure inaudible. Vichy n’a pas déchu des juifs de leur nationalité, elle n’a pas créé deux catégories de citoyens. Elle a créé des catégories de sous humains, qu’elle a ensuite, un détail, livré aux nazis. C’est un peu différent.

Kahn continue “Même au plus sarkozyste des Français d’ascendance juive, ça rappelle furieusement quelque chose. Le temps où on amalgamait sa “spécificité” à une certaine forme de délinquance ?
Kahn peut-il se rappeler que beaucoup d’autres catégories de populations ont été assimilées à des délinquants ; les italiens, les polonais, les belges etc. Lombroso a même dressé – et cela n’est évidemment pas le seul – des traits physiques communs aux criminels. Le fait d’assimiler certaines catégories ethniques ou sociales à la criminalité n’est pas propre à Vichy (et à mon avis lui est même étranger).

Kahn enfonce alors le clou mais sans donner le coup de marteau final “La saillie grenobloise par le ton, l’inspiration, les mots choisis, les sous-entendus, les décisions annoncées, prend, en effet, une teinte intrinsèquement “pétainiste”.”
Qu’est ce qu’un pétainiste ? Ou un “pétainiste” ?
On ne peut, au prétexte, que ces projets de lois sont effectivement immondes, réviser l’histoire à son profit. On ne peut minimiser ce qu’a fait Pétain, ce qu’a fait Laval, ce qu’a fait Doriot, pour prétendre ne serait ce que trente secondes que les futures lois auraient pu être de leur fait.

Mais kahn, tel l’intellectuel se levant droit devant la masse bêlante, se nuance.
Sarkozy n’est pas plus “pétainiste” ou même “maurrassien” qu’il n’est “xénophobe”, “raciste” ou “facho”".
En clair. NS a eu un discours pétainiste mais n’est pas pétainiste. Il agit comme même Laval ne l’aurait pas fait, mais il n’est pas vichyste. Si, selon Kahn, NS est un voyou, alors Kahn est peut être bien un pleutre.

Kahn livre alors son analyse, que je partage d’ailleurs, sur l’animal politique qu’est sarkozy. Selon lui, Sarkozy est prêt à tout pour conserver le pouvoir, comme un caïd de cités dit il. “En réalité, avec d’ailleurs le talent que cette mentalité nécessite et le sens de la prise de risque qu’elle exige, Nicolas Sarkozy est un voyou“.

Personnellement, j’aurais un mot pour qualifier Sarkozy ; opportuniste. On peut penser le mot anodin et bien faible. Il est pourtant infiniment grave. NS n’a aucune conscience politique. Il n’est ni pro ni anti immigration, ni pro ni anti européen, il veut juste le pouvoir. A ce jeu là il penchera sans cesse plus a droite puisque c’est ce que l’opinion publique semble désirer. Mais ses projets seront pas mis en application, car retoqués, car inconstitutionnels, car inapplicables. Il pourra encore un temps, prétendre qu’il veut et qu’on l’en empêche. Il pourra fustiger le conseil constitutionnel, les juges et qui il veut. Mais un jour ou l’autre, celles et ceux qui ont voté pour lui cesseront de lui faire confiance, et surtout de faire confiance aux institutions. Il se dessert ce dont je me remettrai, mais surtout il dessert la France et ses institutions. A ce jeu là on livre la France aux Le Pen, qui par un paradoxe que je m’explique mal, semblent pour beaucoup un modèle d’honnêteté et de probité.

On l’oublie, mais aujourd’hui une large fraction de l’électorat populaire – 10 millions de personnes environ – est, sur trois générations, issue directement ou indirectement de l’émigration. Sarkozy risque d’y recueillir autant de suffrages que Milosevic au Kosovo“.
On notera la comparaison ; les bosniaques apprécieront.franbcais » sur les immigrés noyvellement arrivées.


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