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Le Grand Bal Dior, à Granville

Publié le 13 août 2010 par Mamzellefifi @MamzelleFifi

Si au début de l'année, on ne m'avait donné la possibilité de ne voir qu'une seule exposition au cours des douze mois suivant, où qu'elle soit, j'aurais sans hésité répondu celle consacrée aux robes de bal de la maison Dior, à Granville. Aussi, lorsqu'il y a quelques semaines, j'ai pu organiser une petite escapade en Normandie, exprès pour visiter cette expo, j'étais aux anges.

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Voilà pourquoi j'ai été si peu bavarde par ici la semaine passéee. Trois jours et demi pour un périple passant par Arromanches (et ses plages du débarquement), Bayeux (et sa cathédrale), Villedieu Les Poêles (et ses cuivres), le Mont Saint Michel (et ses touristes) et pour arriver enfin à Granville... sous la pluie. Car la Normandie, c'est très beau, mais surtout très froid (et d'autant plus pour un mois d'août).

Quoiqu'il en soit, le jour où nous avions prévu de nous rendre au musée, le soleil était au beau fixe et c'était d'autant plus sympathique pour visiter le jardin attenant.
Car le Musée Christian Dior est en réalité une villa, "Les Rhumbs", maison d'enfance du créateur granvillais. Cette demeure de style Belle Époque domine la mer et est entourée de somptueux jardins à l'anglaise, aménagés autrefois par Madeleine Dior, la propre mère du couturier. C'est d'ailleurs un vrai plaisir de s'y balader, car ils sont parfaitement bien entretenus et libres d'accès tous les jours de l'année et ce gratuitement. Un vrai plus, d'autant que l'été, un salon de thé s'y installe pour déguster des petites douceurs parmi les fleurs.

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Une fois entré dans la villa, nous sommes accueillis par la réplique du costume de roi des animaux porté par Christian Dior lui-même au Bal des Rois et des Reines à Paris, en mars 1949, et dessiné à l'époque par Pierre Cardin. L'entrée en matière est plus que convaincante, le costume est véritablement très beau (même pour une réplique faite par des étudiants) et non loin se dessinent les premières robes de bal tant attendues.

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Elles ne sont d'ailleurs pas en reste car plus de 50 modèles sont présentés, répartis sur le rez-de-chaussé et les deux étages. Une première rouge retient mon attention, elle est relativement simple, faite en tulle essentiellement, mais son gros noeud brodé de perles au niveau du bustier fait tout son charme. Je commence à rêver lorsque je suis happée par la beauté d'une seconde robe, un peu plus ancienne, entièrement perlées dans des tons de verts d'eau et d'ivoire. Décidément, pour ceux qui auraient encore un doute, l'héritage du couturier a su se transmettre de directeur artistique en directeur artistique car les récentes créations de Galliano ne sont pas sans rappeler celle de Monsieur Dior à son époque.

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Ils n'ont en l'occurrence rien à s'envier, car leurs modèles sont tous aussi somptueux au fil de notre balade. Un peu plus loin, je continue mon marché en ajoutant une robe blanche à la coupe très simple mais extrèmement chic à mon panier. Toutes les époques sont représentées, aussi bien les grandes années de bal aux environs des années 50, que les années 2000 et les robes vu récemment sur les podiums.

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Au rez-de-chaussée, la véranda est exclusivement réservée aux accessoires de bal, autrement dit les petits cadeaux souvent précieux, que recevaient les jeunes filles à l'occasion de chaque évènemment. Il s'agissait principalement d'éventails, sur lesquels elles pouvaient y inscrire le nom de leur prochain cavalier pour une valse ou un quadrille, ou bien de boîtes à timbres, de tabatières, de miroirs à main, ou encore de carnets de bal surtout, mais aussi des portes-bouquets pour protéger leurs jolis gants, ou enfin de vinaigrette (petite boîte précieuse contenant, sous une petite grille, un coton imbibé de fort vinaigre aromatique, qui permettait à une femme incommodée par la chaleur ou étouffée par son corset de retrouver ses esprits). Tous dataient pour la très grande majorité de la deuxième partie du XIXème siècle et de la première partie du XXème. Ornés de pierres semis-précieuses pour quelques-uns d'entre eux, ces accessoires étaient magnifiques.

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Une fois à l'étage, ce sont trois robes issues du défilé Haute Couture automne/hiver 2007-2008 organisé au Château de Versailles qui se présentent à nous. Dire que je prends des cours de couture en direct est un faible mot, car j'essaie de comprendre tout bonnement comment est construit le modèle et c'est en cherchant que je comprends tout l'intérêt du mot couture. Car ce que j'ai sous les yeux ne peut pas être qualifié autrement. Les broderies sont à tomber, les coupes et les volumes sont ultras recherchés et que dire des matières dignes des princesses.

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L'expo se poursuit avec quelques modèles portés lors des fameux Bal des Débutantes, où chaque jeune fille de la haute société venait faire son entrée dans le grand monde. On y voit justement la robe choisie par Lauren Bush en 2000, et au risque de passer pour une princesse, je ne dirais pas non d'avoir la même pour mon (futur et lointain) mariage. Mais les modèles plus anciens sont tout aussi beaux et élégants et il y en a sincèrement pour tous les goûts.

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Une fois arrivée au dernier étage, nous tombons directement sur quelques photos à dominance de bleus accrochées au mur. On y distingue des échantillons de broderies, des photos prises sur le vif en plein travail dans les ateliers de couture, un sublime croquis probablement de Galliano himself, et puis incontestablement, on ne peut voir que ça :

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LA robe portée par Eva Green pour le lancement et la campagne publicitaire du parfum Midnight Poison, LA robe que l'on retrouve sur toutes les affiches chez les commerçants granvillais. Elle est là, juste sous nos yeux, impressionnante par sa beauté et par le travail qu'elle a exigé. L'ampleur est colossale, la traîne n'en fini plus, et la broderie parvient définitivement à m'achever. S'il n'y a qu'un seul modèle à retenir, c'est forcément celui-là. Encore une fois, je cherche à décrypter ses secrets de fabrication et croyez-moi qu'ils sont bien cachés sous les épaisseurs et les épaisseurs de tissu. Je perçois tout de même quelques détails qui me permettent de comprendre une infime partie du travail qui a été réalisé. Et quand je pense au temps que j'avais passé sur certains modèles pour le défilé de mon ex-boss, je rigole, car on peut aisément multiplier ceci par cinq pour obtenir un tel modèle.

C'est bien simple, je suis tellement hypnotisée que je ne veux plus décoller de la vitrine qui nous sépare. Et pourtant, à quelques mètres, trois dernières robes des collections Haute Couture récentes nous attendent pour le mot de la fin.

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Difficile de ne pas ressortir de là sans des étoiles pleins les yeux, et un petit souvenir au passage. Le livre consacré à l'exposition devient mien et même si je n'ai pas eu le temps de faire davantage que le feuilleter rapidement, je peux quand même vous dire qu'il regorge de belles images et qu'il a l'air particulièrement complet.

L'exposition se déroule jusqu'au 26 septembre et je ne saurais davantage vous poussez à y aller. On en prend véritablement pleins les yeux et l'on se rêve facilement vêtue d'une telle robe pour aller au bal. Le musée est ouvert tous les jours, de 10h à 18h30, mais assurez-vous d'être sur place au moins quinze minutes à l'avance car les gens n'hésitent pas à faire la queue et malheureusement, pour des raisons de sécurité, l'accès est limité à un certain nombre de personnes.

Pour toutes les infos pratiques, c'est par ici. Et pour le rêve... épousez un milliardaire ! ;)


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