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Quand une critique littéraire vous donne un souffle nouveau...

Publié le 22 décembre 2007 par Sarah Oling
  Je sais, bien sûr, que l'acte d'écrire et celui d'être reconnu dans son écriture ne sont pas du même domaine. Parfois, souvent, je doute de ma légitimité à me nommer écrivain. Vaste question, être écrivain est-ce être publié ou est-ce l'impossibilité de se concevoir sans écrire ?   Et voilà qu'aujourd'hui, un journaliste, universitaire, Docteur ès lettres, écrivain lui-même, publie une critique dans un journal régional, sur mon dernier roman publié. Comment traduire, avec les mots que je possède, l'émotion que j'ai ressentie à la lecture de cette critique ? Ce que je peux en dire pour l'instant, c'est que cela me donne des forces nouvelles pour, non pas continuer à écrire, je n'ai jamais cessé, mais me sentir légitimée dans ma quête incessante d'un éditeur qui me ferait confiance, au-delà de la région Rhône-Alpes . Voici donc la critique de Michel Loude, parue ce matin.   "Coup de cœur : Je n'irai plus à Cracovie murmurer ton nom     Il m'arrive peu de relire un livre même si ce dernier a été passionnément apprécié. Celui de Sarah oling fait exception. Cet écrit, déroutant, dérangeant, est de ceux qui font affleurer les larmes, il contient des lignes de feu qui, tel un arc électrique, impressionne les yeux à jamais. C'est aussi le récit poignant, sous forme, en partie, d'une longue lettre (qui fait aussi office de journal intime) « lettre à l'absent », écrit par une femme d'une quarantaine d'années, qui se retourne vers son enfance, son adolescence et jeunesse ravagées par les tempêtes de la vie, et qu'elle tente d'exorciser par l'analyse puissante qu'est écriture. Une enfance donc malmenée, balafrée, une petite fille mal-aimée, victime de la mauvaise santé mentale des êtres proches, marqués eux-mêmes par la violence meurtrière, ce vent de folie collective qui a soufflé sur les protagonistes de ce drame et sur l'humanité tout entière au cours de la Grande première moitié du XXe siècle.  Une confession en quelque sorte qui fascine au sens fort du terme, dont les prétextes de souffrance sont intenses et nous touchent au plus profond de notre être de lecteurs. Élise, violée au cœur de l'innocence enfantine par l'adulte (son grand-père), souillée à jamais au sein même de sa famille, fuyant le dégoût dans une ville lointaine ( Lyon ), où commence une vie de bohème qui cascade de dégringolade en dégringolade, où tous les excès sont au rendez-vous du possible : expérience frelatée de l'amour, du triolisme, qui s'entrecoupe avec la joie de l'amitié vraie et sincère, mais complètement hors du temps, dans une utopie romantique et naïve très soixante-huitarde qui rappelle de loin le film libéré « Les valseuses », célèbre en son temps pour ses audaces érotiques et sa désinvolture civique.   Descente plus mortifère jusqu'aux frontières de la mort : la drogue dure, dont Élise est sauvée de justesse par la présence "d'anges salvateurs", des diamants dans ce monde en pleine décomposition... Une maternité inachevée, l'errance dans les rues, la solitude absolue... Puis vint le temps de la rédemption, une remontée vers la lumière que parachève l'emploi multiple, dans le discours, de l'image obsessionnelle du feu, de l'étincelle, espoir régénérateur s'il en est. Un voyage, retour aux sources pour cette jeune femme juive et polonaise, à Cracovie, clora le voyage initiatique et fermera la boucle douloureuse ouverte par sa famille au début du siècle. Fermée sera la plaie saignante entrevue dès le début de l'ouvrage... La trame analytique est patente, et si elle nous transporte tant, c'est grâce à la parfaite maîtrise technique romanesque que développe l'auteur chevronné qu'est Sarah oling ; une lecture limpide de son texte, sa rapidité, sa sobriété dans l'analyse complexe des sentiments force l'admiration. De plus, la création poétique est au détour de chaque ligne : une prose poétique digne de celle de Ponge, Valérie, ou de Prévert. Du reste, les petits paragraphes ne forment-ils pas des strophes émouvantes ? L'onirisme, lui aussi, s'invite au festin littéraire de l'auteur : des visions surréalistes couronnent l'ouvrage dans le cimetière de Cracovie ou une mise en scène fantastique et hallucinatoire nous plonge dans les affres du surnaturel, où le visible et l'invisible s'affronte en des scènes de dédoublement magique : la féerie de la douleur, de la ressouvenance, une rapidité très cinématographique. Il s'écrit dans nos régions des romans puissants, qui séduisent l'âme. Des jours entiers après avoir fini la lecture du livre de Sarah oling, un sentiment de tristesse m'a poursuivi de son parfum indélébile. Michel Loude."

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