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Valeur sûre

Publié le 23 août 2010 par Toulouseweb
Valeur sûreConçu il y a 30 ans, le bimoteur CN-235 poursuit une belle carričre.
Voici une nouvelle occasion de rappeler que les bons avions sont éternels. Au creux de l’été, au moment oů les nouvelles dignes d’intéręt sont rares, EADS et Airbus Military annoncent la commande de trois CN-235 par l’U.S. Coast Guard. Un contrat assorti d’options sur six exemplaires supplémentaires.
L’affaire a failli passer inaperçue, un contrat de 117 millions de dollars n’ayant aucune chance de passionner les analystes financiers ou encore de retenir l’attention des tenants d’une pénétration du marché militaire américain par le groupe EADS. Au plan des grands principes, cette nouvelle victoire du CN-235 mérite pourtant qu’on s’y attarde.
Sous l’appellation militaire HC-144A Ocean Sentry, cet appareil d’apparence anodine est en train de succéder pas ŕ pas aux HU-25 Guardian, alias Dassault Falcon 20 des garde-côtes U.S. C’est un avion Ťde missionť, doté, dans sa configuration de surveillance maritime, d’équipements trčs sophistiqués permettant, dans la jargon anglophone, de mener ŕ bien des missions ISR, Intelligence, Surveillance, Reconnaissance (1). Les garde-côtes américains en utilisent déjŕ une dizaine d’exemplaires et, ŕ terme, prévoient d’en acheter un total de trente-six.
Les succčs américains du HC-144A, ŕ un niveau modeste, ont le mérite de prouver que les portes du Pentagone ne sont pas fermées aux matériels étrangers. Curieusement, aucun avionneur américain n’a fait l’effort de répondre ŕ l’appel d’offres qui a permis au CN-235 de devenir HC-144A, cela en l’absence de plate-forme adéquate qui soit disponible.
Le CN-235 figure en bonne place dans le catalogue d’Airbus Military, au chapitre des productions ŤLight and Mediumť et plus de 250 exemplaires en ont été vendus ŕ ce jour. La chaîne d’assemblage final est installée ŕ Séville, rappel de l’origine espagnole de l’appareil, né d’une entente entre Construcciones Aeronauticas et d’un partenaire indonésien, IPTN (Industri Pesawat Terbang Nusantara). A l’époque, c’est-ŕ-dire en 1980, l’Indonésie affichait de grandes ambitions aéronautiques, traduite en un premier temps par ce CASA-Nurtanio, mi-avion régional, mi-transport militaire.
On l’a vu portant la livrée de petites compagnies aériennes ou sous les couleurs d’armées de l’Air diverses, par exemple en Arabie saoudite, au Maroc, en Turquie, cette derničre ayant acquis la licence de production. En France, des commandes passées ŕ doses homéopathiques ont permis de soulager les C160 Transall vieillissant en prenant ŕ leur compte des missions légčres. Une maničre de faire d’autant plus appréciée que l’A400M, il n’est pas nécessaire de le rappeler, a pris un retard considérable.
Le CN-235 est un appareil trčs international, ŕ l’image de l’industrie tout entičre. Il est propulsé par des turbines General Electric CT7 de 1.750 ch.,, nombre de ses équipements sont français (fournis notamment par le groupe Safran). Un dérivé doté d’un fuselage allongé, le C-295, a été mis au point en 1997 ŕ l’initiative des seuls Espagnols, et connaît un certain succčs.
Capable d’assurer des missions de surveillance d’une durée de 8 heures, le CN-235, placé sous le feu des projecteurs ŕ l’occasion de cette nouvelle commande américaine, apparaît comme une valeur sűre, dans la durée. Mais il constitue sans doute une référence trop modeste aux yeux des experts du Pentagone pour prouver que les Européens sont des fournisseurs crédibles et fiables de matériel militaire. Encore que…
Pierre Sparaco - AeroMorning
(1) Des termes trčs français, on le note au passage, sachant que le mot Ťintelligenceť signifie renseignement en anglais. Ce que tout le monde semble avoir oublié.

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