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Controverse autour d’un brevet sur les « usages légitimes »

Publié le 24 août 2010 par Alexandre Laurent

Un brevet relatif à la détection des « usages illégitimes » qui pourraient être faits d’un iPhone fait grand bruit sur le Web. Obtenu par Apple début août, il suggère en effet que la firme pourrait chercher à développer des moyens techniques permettant de limiter l’accès à iOS en cas de vol, de perte ou… de jailbreak de l’appareil.

Consultable en ligne, via le bureau américain des brevets, la demande formulée par Apple début 2009 a été validée le 19 août dernier. Elle décrit un système informatique qui, lorsqu’il détecte un certain nombre de facteurs troublant, saurait limiter l’accès à certaines de ses fonctionnalités ou alerter le propriétaire légitime.

Controverse autour d’un brevet sur les « usages légitimes »

Le premier axe d’application envisageable, c’est bien sûr celui du vol du terminal. A ce niveau, Apple imagine par exemple que ce dispositif soit capable de reconnaitre la photographie de son propriétaire ou de vérifier son identité par le biais de son empreinte vocale, voire de son rythme cardiaque. Ici, on suppose donc qu’il vise à empêcher l’accès aux données stockées sur l’appareil, ce qui va plutôt dans le sens de la sécurité et n’a guère de raison d’enflammer les foules.

Le problème est que ce même brevet envisage également la détection des usages illégitimes et dans ce cas, la demande mentionne clairement le « jailbreak » de l’appareil, le changement de carte SIM ou le « hack » de l’appareil.

L’idée qui vient alors immédiatement en tête est celle d’un iOS au sein duquel une protection serait capable de bloquer le système si des modifications non officielles étaient détectées. Une protection qui, bien évidemment, ne se ferait pas sans remontées d’informations du côté de Cupertino ! Il n’en fallait donc pas plus pour que partisans du respect absolu de la vie privée et défenseurs du jailbreak montent au créneau et imaginent un monde où Apple chercherait à contrôler l’usage exact qui est fait de ses appareils. Pas tout à fait impossible à imaginer lorsqu’on voit les systèmes de signature numérique à distance déjà mis en place au niveau d’iOS !

Faut-il pour autant crier au loup ? Peut-être pas. Des demandes de brevets comme celle-ci, Apple en dépose plusieurs dizaines, si ce n’est centaines, par an, et rares sont celles qui font l’objet d’une implémentation dans des objets commerciaux. L’idée est ici principalement de protéger un concept, afin de ne pas se voir bloqué par d’autres qui auraient eu la même idée le jour où l’on décide de l’utiliser.

Controverse autour d’un brevet sur les « usages légitimes »

Autre point : Apple décrit dans son brevet certains usages qui paraissent aller dans le sens du consommateur. La détection automatique de l’identité de l’utilisateur actuel permettrait par exemple au système de détecter très simplement qui, dans la famille, est actuellement en train d’utiliser un iPad, et d’adapter en conséquence les applications ou contenus affichés à l’écran. C’est le principe de l’identification par webcam que l’on retrouve par exemple sur certains ordinateurs Lenovo et personne n’a jamais crié au scandale pour cela.


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