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Un oiseau politiquement correct !

Publié le 23 décembre 2007 par Chantal Doumont

IsraëlIsraël se cherche un oiseau politiquement correct !

Plus d'une fois durant le conflit qui les oppose aux Arabes depuis 1948, le coeur des Israéliens a balancé entre les camps des «colombes» et des «faucons» et le choix d'un oiseau comme emblème du 60e anniversaire de leur État ne pouvait que virer à la bataille politique. 

Au cours des six prochains mois, les Israéliens devront choisir entre une dizaine d'oiseaux présents dans la région pour représenter leur pays, qui fêtera ses 60 ans l'année prochaine. 

Mais le simple choix d'un oiseau fait controverse dans un pays où le quotidien des habitants est marqué comme nulle part ailleurs par la politique. 

Chaque année à l'approche de l'hiver, Israël voit passer un demi-milliard d'oiseaux migrateurs de 400 espèces différentes, dont certaines en voie de disparition. 

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La semaine dernière, des passionnés de volatiles ont soumis leur liste de finalistes: parmi eux, le vanneau à éperons, le hibou blanc, le faucon rouge, le vautour fauve, le martin-pêcheur, la huppe fasciée, le rossignol et le colibri. 

«Nous avons été très étonnés car des oiseaux très communs, chargés d'un poids culturel comme la colombe, ne figurent pas dans la liste des finalistes», affirme à l'AFP Amir Balaban, le responsable du centre d'étude d'ornithologie de Jérusalem. 

Les descriptions des oiseaux qualifiés ont été mises en ligne sur le site Internet de la Société israélienne pour la protection de la nature afin que chacun puisse voter. 

Les écoles, un panel d'experts, des responsables politiques et des intellectuels, participeront également au vote, qui prendra fin le 8 mai 2008. 

Si la colombe ne figure pas parmi les choix possibles, les autres oiseaux font aussi l'objet d'une controverse. Leur description peut rappeler chez certains des similarités avec le conflit israélo-palestinien. 

«Oui, c'est vrai, chaque oiseau à quelque chose de biscornu, je ne sais pas pourquoi», admet Yossi Leshem, chargé de l'organisation du concours, et ornithologiste à l'Université de Tel-Aviv

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Exemple: selon la Société pour la protection de la nature, le majestueux hibou blanc, est un incroyable prédateur qui aide les agriculteurs à se débarrasser des rongeurs mais possède un «caractère agressif», ce que les Palestiniens reprochent fréquemment aux Israéliens. 

Le mignon rossignol à queue jaune, une espèce très répandue en Israël, est décrit comme étant «incroyablement amical, brave, et rassembleur en cas de danger». Mais il est aussi «extrêmement territorial et ne permet à personne de s'approcher». Et il «vole les brindilles d'autres nids pour construire le sien», rappelant les accusations des Palestiniens sur le «vol» de leur terre par l'État hébreu à des fins de colonisation. 

Le vautour fauve, avec ses ailes de plus de deux mètres d'envergure, est l'un des oiseaux les plus majestueux du pays, mais c'est un charognard. Pas la meilleure image pour un pays en quête d'emblème. 

D'autant que les critères de choix de l'élu sont stricts. «Possède-t-il un trait de caractère semblable à Israël? Il doit être présent en permanence dans le pays et élever ses petits ici. Son nom doit apparaître dans la tradition juive. Nous regardons si ses couleurs et son chant sont attrayants», explique M. Leshem. 

Là, le colibri est le candidat parfait! Il possède un plumage à reflets bleutés, qui peut s'apparenter aux couleurs du drapeau israélien, et ses chants ravissent les ornithologues amateurs. Si ce n'est que son nom complet est... le colibri de Palestine.

Ron Bousso-AFP


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