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Weeds - Review Generale - Critique - Saison 3

Publié le 22 décembre 2007 par Blabla-Series


Après plus d’un an d’impatience, la nouvelle saison de la série subversive bientôt culte de Showtime a bien déçu. Pourtant, se retrouver à Agrestic enthousiasmait beaucoup.
Cette saison demeure bonne dans l’ensemble et l’annonce d’une quatrième saison est une très bonne nouvelle, voilà,  la critique est dite. Malheureusement, dans le détail, la série n’a pas échappé au syndrome BSG, The West Wing et Veronica Mars : cette saison s’est révélée bien en-dessous du niveau satisfaisant des deux précédentes.

When The Sopranos meets The Wire

La principale déception se situe dans la première moitié de cette saison plus longue que d’accoutumé. La seconde saison s’est achevée sur un cliffhanger insoutenable et terriblement haletant, un cliffhanger digne de ceux de la grande époque d’Alias, Buffy ou Farscape. Pourtant, cette début de troisième saison a très mal géré la storyline introduite en guise de cliffhanger et c’est ainsi qu’on nous inflige six épisodes, pratiquement la moitié en fait –quel gâchis-, de dénouement, de sortie de crise, de tentative de résolution d’une histoire aussi insipide que possible.
La chute est rude pour Weeds, nous qui n’avions jamais regardé l’heure devant cette sympathique comédie avons cette année commencé à s’ennuyer ferme.

Le constat est simple : Weeds s’accommode de plus en plus difficilement de son ton dramatique. Cette première moitié à dominante dramatique le prouve aisément. Si Nancy Botwin est naturellement prédestinée à rencontrer des dealers, fréquenter du bad guy, du gang et du ghetto, en faire son thème principal est un écueil à véritablement éviter, parce que tout simplement, Weeds, ce n’est pas The Wire, ce n’est pas réaliste, ce n’est pas poignant et pour cause : ça n’a pas le même potentiel, les mêmes enjeux ni les mêmes moyens. Weeds n’a pas à traiter du business de la drogue en longueur ni à dénoncer la cruauté ici très douteuse des dealers, d’une part parce que c‘est totalement inapproprié et d’autre part parce que l’aspect comique qui entoure cette question tombe sans cesse à plat.

Alors au final, on trouve du lourd, de l’indigeste, on regrette Nancy la futile, son amie hystérique et leurs problèmes ménagers, regrette les émois adolescents de Sylas, devenu aujourd’hui l’un des aspirants Soprano et finalement, on se demande si l’esprit singulier et caustique de Weeds est encore présent.

Un retour aux sources bénéfique

Heureusement, avec le retour d’Andy à Agrestic et le départ du boulet innommable qu’est U-Turn, Weeds s’est peu à peu détaché de sa nouvelle âme Scorsienne, et dès le 7e épisode, jusqu’ au season finale, on retrouve avec un plaisir indicible tout ce qui a fait le succès et l’esprit de Weeds.

La première réussite est assurément le retour de Celia Hodes au premier plan. Si sa carrière de politicienne plan-plan mais corrompue avait pu être intéressante le temps de deux épisodes, le quotidien de cette femme cynique et sarcastique nous avait beaucoup manqué. Avec l’accident de son futur-ex mari et l’obligation pour Celia de revivre en famille, on retrouve un niveau d’humour rarement atteint dans Weeds ; cette famille est dysfonctionnelle au possible, totalement déjantée mais aussi très interactive et très chimique, Isabelle n’est plus cet enfant tête à claques, c’est une adolescente pré-pubère très drôle et qui a beaucoup d’esprit, sa relation avec sa mère toujours aussi crue prend ici un tout nouvel intérêt. Le couple Celia-Dean retrouve aussi son heure de gloire, la réunion de leur esprit pervers et malsain produit quelques scènes frôlant l’anthologie.

Du côté des Botwin, Nancy est un peu la seule ombre au tableau. Devenue une vraie mafieuse, elle gère aujourd’hui une vraie PME et son rôle de dealer prend souvent le pas sur sa personnalité au quotidien et son rôle de mère. Nancy fait preuve d’irresponsabilité, manque vraiment de tact avec Shane et s’occupe de moins en moins de sa famille, c’est un peu triste mais c’était une conséquence inéluctable. Nancy est consciente de cette mauvaise passe, son esprit de bonne mère lui fait à plusieurs reprises regretter cette nouvelle vie. Mary Louise Parker demeurera toujours une actrice d’exception mais son personnage de Nancy est un peu contestable.

Shane lui, à l’image d’Isabelle, est devenu un jeune garçon très vif et très intelligent. Toute la storyline autour de l’école de Majestic est un poids supplémentaire dans la dimension stigmatisante de Weeds ; la tradition fondamentaliste est fortement remise en cause, composée d’enfants zombis vertueux, cette école tente de remettre les américains dans le droit chemin ! L’homosexualité, c’est mal, l’avortement, encore plus ; Shane est un contrepied parfait de l’éducation que tente d’inculquer cette école ; une histoire très réussie.
Dans l’esprit fondamentaliste, on retrouve cette saison la bien-connue Tara ; nouvelle fiancée de Sylas, elle s’associera à lui et sa mère pour la distribution de marijuana à la paroisse du quartier.
Sylas, lui, devient cette saison un vrai Soprano. Réussissant avec brio dans ses deals, il montre à ma mère qu’il n’est plus cet ado innocent mais sa cupidité le dépeint encore comme quelqu’un d’immature ; sa mère le fera alors travailler avec Conrad afin qu’il reçoive une influence masculine positive.

Cette saison a été aussi l’occasion de voir au premier plan le couple Andy-Doug. Les deux compères aussi dépravés l’un que l’autre, vont mener quelques actions toujours aussi décalées : Andy va s’enrôler dans la production pornographique tandis que Doug va mener un combat acharné contre le conseil de Majestic ; les deux se retrouvent toujours pour commettre quelques trips fidèles à eux-mêmes. Le duo fonctionne toujours aussi bien.

I don't know, it's over there. Somewhere.

Enfin, Weeds s’est conclu sur un season finale pour moi, majestueux. Sujet d’actu pour cause, tout Majestic est en plein incendie, les paisibles maisons de la suburbia brûlent gaiement. C’est alors l’occasion de se re-concentrer sur Nancy. Elle qui a lancé son affaire pour satisfaire aux besoins de sa famille, en vient maintenant à nier son mode de vie, du haut de la colline, elle ne parvient même plus à identifier sa maison. En mettant le feu à sa maison, je crois que Mary Louise Parker n’aura jamais été aussi émouvante. Nancy prouve ici que son instinct maternel n’a jamais disparu, que sa famille est son élément vital et qu’en décidant de partir avec ses enfants, Nancy est encore un exemple réaliste d’humanité. La série retrouve dans ce final réussi sa dimension critique qui faisait son succès d’antan ; c’est seulement un pur régal.


En conclusion, Weeds a laissé derrière elle une saison 3 mi-figue, mi-raison. La première moitié est un ratage complet, à trop faire dans le drama, la série s’est perdue en chemin et c’est tout l’esprit incisif et caustique de Weeds qui s’est envolé. Mais la seconde moitié, s’inscrivant directement dans l’esprit des deux précédentes saisons, a permis, doucement mais sûrement, un retour en fanfare de la famille Botwin et Hodes, délaissant peu à peu les gangs et le deal pur et dur, on retrouve notre dealeur préférée et tous ses proches déjantés.
Avec quelques épisodes frôlant l’excellent et des répliques d’anthologie -I forgot we buried him-, on regrette amèrement le gâchis qu’a constitué les épisodes d’ouverture. Une erreur manifeste de jugement sans doute : l’amateur de Weeds passe volontiers l’éponge mais cette quatrième saison sera alors attendue avec plus d’impatience et d’exigence.


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