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Le colonel kadhafi a quitt?? la France

Publié le 17 décembre 2007 par Jeune Prof De Droite

Lorsqu'un dictateur est accueilli officiellement en France, souvent considéré comme le pays des droits de l'homme, on pourrait se demander si c'est le dictateur qui acquiert une respectabilité ou si c'est la France qui ternit son image.

La première solution est évidemment ce qu'espérait Kadhafi et peut-être la possibilité de cette visite en France a-t-elle joué, au moins implicitement, un rôle dans la libération des infirmières bulgares. Dans cette affaire, Kadhafi avait fait un geste en acceptant "du bout des lèvres", pour reprendre la formule de Claude Guéant, leur libération, et, indépendamment de toute considération morale, la France se devait de faire un geste également. Mais alors que la libération des infirmières avait été pour N. Sarkozy un grand succès médiatique, cette visite du chef libyen a plutôt mal tourné.

Tout a très mal commencé puisque l'arrivée de Kadhafi a eu lieu exactement le jour de la célébration des droits de l'homme, ce qui est une erreur de Sarkozy à plusieurs titres : symboliquement, cela fait désordre, quand on sait que la torture est pratiquée en Libye, que le colonel est au pouvoir depuis 38 ans, éliminant toute opposition politique ; ensuite cela montre en quelle estime le pouvoir tient cette journée des droits de l'homme : elle n'est qu'un nom qui sonne comme la bonne conscience occidentale (de même que la journée sans tabac, la journée sans voiture, la journée des femmes, etc...) ; enfin, cela met en pleine lumière une manière de gouverner plutôt en solitaire de N. Sarkoy : s'il décidait davantage en équipe, Rama Yade aurait pu lui éviter cette erreur de calendrier, plutôt que d'avoir à la dénoncer a posteriori.

Pour ceux qui auraient pu croire que Kadhafi était devenu un personnage davantage fréquentable, l'inverview qu'il a donnée sur France 2 à D. Pujadas a suffi à montrer le contraire : Kadhafi a répondu à toutes les questions par la langue de bois et avec mauvaise foi : à le croire, l'Etat libyen n'a jamais été un Etat terroriste, mais ce sont seulement des Libyens qui l’ont été ; la question des droits de l’homme ne se pose pas en Libye, mais le pays est arrivé à bon port grâce à la démocratie populaire qui y règne, le peuple se dirigeant lui-même, de sorte qu’il n’est pas besoin d’élections ; il n’y a aucun prisonnier politique ; il prétend que N. Sarkozy ne lui a jamais parlé des droits de l'homme, ridiculisant ainsi le chef de l'Etat ; à la question « avez-vous changé ? », Kadhafi répond : «le monde a changé», et à la question «peut-on vous critiquer», il faut l’entendre dire : «pourquoi serais-je critiqué, puisque je suis en dehors du pouvoir, c’est le peuple qui dirige». On a envie de se demander : mais, s’il n’est qu’un individu lambda, que fait-il en France, reçu comme un chef d’Etat ?!

En France, Kadhafi n’a donc rien gagné en respectabilité. D’après un sondage, 81% des Français soutiennent les propos de Rama Yade ; les députés socialistes ont condamné la venue de Kadhafi à l’Assemblée nationale et ont boycotté l’hémicycle ce jour-là, une bonne partie des députés UMP ont prétexté une réunion hebdomadaire pour n’être pas présents lors de la visite. B. Kouchner a qualifié de « pitoyables » les propos tenus par Kadhafi à l’Unesco, et Fr. Fillon a passé son temps à faire de la pédagogie pour expliquer aux Français que cette visite n’avait rien d’anormal, preuve s’il en est que la visite passait mal...

Mais cette polémique n’est probablement qu’une querelle franco-française comme nous les aimons, et il est bien possible que Kadhafi ait, du point de vue de l’étranger, gagné la respectabilité qu’il cherchait. En France, N. Sarkozy a tenté de recoller les morceaux comme il a pu, en recevant les familles des victimes du crash du DC10, ou en invitant Kadhafi à condamner publiquement les attentats en Algérie, mais pour les Français, il ne restera qu’un goût d’amertume (bien vite oublié, car c’est là aussi l’une des spécificités françaises), à peine adouci par la signature de contrats d’ailleurs semble-t-il moins mirobolants qu’initialement prévu.


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