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Roberto, de l’enfer au paradis

Publié le 31 août 2010 par Vinz

Le Benfica, champion en titre du Portugal, a fait un départ de championnat catastrophique, exactement comme l’OM en France, avec deux défaites lors des deux premières journées. Quand tout va mal, on cherche toujours un coupable, et rapidement le pauvre gardien espagnol des Encarnados, Roberto Jiménez Gago, a été pointé du doigt. Véritable bouc émissaire, il a failli voir sa carrière brisée, mais le destin l’a sauvé ce week-end…

Roberto est passé de calamité à sauveur de Benfica...

Roberto est passé de calamité à sauveur de Benfica...

 

Fraichement sacrés champions du Portugal en Mai dernier, les dirigeants du Benfica ont décidé d’améliorer l’équipe, et pour cela, l’achat d’un nouveau gardien s’imposait. En effet, Quim, l’ancien titulaire des cages (parti pour le Sporting de Braga) n’apportait pas satisfaction à l’entraineur Jorge Jesus. Les responsables ont donc défini un critère de base pour leur recherches: il leur fallait un gardien qui puisse garantir des points à l’équipe durant toute la saison. L’élu fut Roberto, Espagnol de 24 ans, troisième gardien de l’Atlético Madrid, auteur d’une bonne saison sous de maillot de Real Saragossa où il évoluait puisqu’il était prêté par les Colchoñeros. Les Encarnados ont accepté de débourser la coquette somme de 8,5 millions d’Euros pour s’attacher les services de Roberto. Un véritable bond dans la carrière du jeune gardien. Une somme record au Portugal pour un gardien de but.

La pré-saison

La pré-saison commence, et à peine 4 minutes sous ses nouvelles couleurs face au FC Sion, Roberto encaisse un but bête puisque il sort trop tard de ses buts pour intercepter un ballon anodin, entre temps récupéré par Emile Mpenza qui marque le premier but de la partie que Benfica perdra 2-1. A la fin du match, les supporters demanderont même l’entrée de Moreira, le 3e gardien benfiquiste… Ça commence mal. La pré-saison continu et les boulettes aussi, face à Groningen (3-3), Guimarães (5-3) et Monaco (3-2), Roberto va faillir, mais à chaque fois Jorge Jesus va réitérer sa confiance envers le gardien et le maintient titulaire dans les buts.

Les matchs officiels

Arrive donc les matchs officiels, avec la Supercoupe où Benfica s’inclinera 2-0 face au FC Porto. Puis le début du championnat, où lors de la première journée Benfica perdra 1-2 à domicile face à l’Académica. Benfica encaisse donc 4 buts en deux matchs, mais Roberto n’est pas coupable sur ce coup là.

C’est lors de la deuxième journée face au Nacional sur l’île de Madère que Roberto va commettre une grosse boulette et permettre aux insulaires de s’imposer 2-1, laissant ainsi le Benfica avec zéro point au bout de deux journées. Roberto est alors pointé du doigt, c’est lui le fautif, le coupable de ce départ catastrophique. En résumé, le Benfica encaisse 6 buts en trois matchs, c’est la faute à Roberto. Même Jorge Jesus qui jusque là avait donné sa totale confiance au gardien admet après le match que «Roberto aurait pu mieux faire sur le 2e but». L’avenir s’annonce très sombre pour Roberto.

Roberto enterré par l’opinion publique

L’opinion publique est dure, et souvent faussée puisqu’elle utilise des raccourcis faciles. Effectivement c’est toujours plus simple d’accuser une seule personne d’un désastre, alors qu’en vérité le problème est bien plus complexe et plus profond. Le mauvais départ de Benfica est du à deux facteurs principaux: Primo, les arrivées tardives des joueurs ayant participé à la Coupe du Monde, comme Luisão, Cardozo ou Maxi Pereira. Et secundo le départ de pièces maitresses au milieu de terrain, Angel Di Maria (Real Madrid) et Ramires (Chelsea). En clair, les Mondialistes qui n’ont pas participé à la pré-saison ne sont pas au rythme, mais sont pourtant titularisés. Et les nouvelles recrues sont lancés dans le grand bain et tout le monde oublie qu’ils ont besoin d’une période d’adaptation. Si l’on ajoute à cela les changements tactiques de Jorge Jesus, on connait alors les vraies raisons du mauvais départ de Benfica.

Mais la populace préfère accuser Roberto, et à la fin du match contre le Nacional, il est au fond du trou. Tout le monde oublie les boulettes de Quim lors de la saison dernière quand l’équipe allait bien, des boulettes passées inaperçues qui n’ont pas déclencher la ire des supporters, mais pourtant toutes aussi graves.

Durant toute la semaine précédant la troisième journée, les spéculations vont bon train, les journalistes s’en donne à coeur joie: on annonce le départ de Roberto (qui a couté 8,5 millions d’Euro) vers le Real Saragossa où il serait re-prété afin de s’aguerrir. On parle du Brésilien Doni, troisième option de Claudio Ranieri à la Roma, pour remplacer l’Espagnol au club da Luz… Mais le destin, parfois si cruel, va cette fois-ci jouer en la faveur de Roberto.

Jesus retire Roberto, mais Dieu le remet dans les buts

Samedi 28 Août 2010, 21h15, stade Da Luz, Lisbonne, le match entre Benfica et le Vitória de Setúbal est sur le point de commencer. Les Encarnados sont sous pression, la victoire est impérative. Jorge Jesus a plié sous l’opinion publique et a retiré Roberto du onze, c’est Julio César qui est dans les buts. Ça commence bien pour les Encarnados qui ouvrent la marque rapidement par Cardozo (4e). C’est la première fois en matchs officiels que Benfica est devant au score cette saison.

Hélas à la 22e minute le cauchemar semble recommencer. Une mésentente entre Maxi Pereira et Julio César va conduire à l’expulsion de ce dernier et à un pénalty en faveur de Setúbal. L’expulsion d’un gardien c’est assez rare dans le foot, et quel gardien est sur le banc pour le remplacer? C’est Roberto! Le vilain, l’affreux, le coupable de tout les malheurs de Benfica refait donc son apparition dans les buts benfiquistes. Certains n’y croit pas du tout et pleurent de désespoir. Oh non! Roberto! C’est pas vrai on est maudits ou quoi?! Mais Roberto lui sait qu’il tient là la chance de sa vie, sa rédemption envers les supporters benfiquistes. Il sait que si il arrête le pénalty il deviendra le héros du match. Et la prophétie va effectivement se réaliser: Roberto va arrêter le pénalty d’Hugo Leal et permettre à Benfica de conserver ce résultat de 1-0. Un véritable miracle!

A dix contre onze pendant 65 minutes, les Encarnados vont quand même remporter le match 3-0 et à chaque interventions de Roberto, même les plus anodines, le public criera comme si c’était un but, afin de faire savoir au gardien espagnol qu’il est désormais pardonné, qu’il fait maintenant parti de la famille Benfiquiste. Après avoir purger sa peine qui a duré 22 minutes, on vient de vivre le tournant de la carrière de Roberto au Benfica, puisqu’il répond enfin aux exigences du public et des dirigeants: faire gagner des points au Benfica.

L’avenir

Avec la prestation de Roberto face à Setúbal, les journalistes ne parlent plus de l’arrivée d’un nouveau gardien, et avec la victoire les problèmes de Benfica ont comme par hasard disparu.

La morale de cette histoire c’est qu’il ne faut pas juger un joueur sur deux ou trois matchs, mais bien sur toute une saison voir même plus. Roberto n’a que 24 ans et a encore une grosse marge de progression, il faut lui donner du temps. Certes on se demande toujours si il a la carrure pour la Ligue des Champions, mais si on ne lui laisse pas sa chance, on ne la saura jamais. Roberto aurait pu voir sa carrière brisée si ce coup du destin (l’expulsion de Julio César) n’avait pas eu lieu. Ça c’est joué à un détail. En effet sans ça Benfica l’aurait surement prêté, ça aurait pu être un gros gâchis…

Boa sorte Roberto! Bonne chance Roberto!


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