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A qui profite les droits d'émission de CO2 ?

Publié le 01 juillet 2010 par Dedu

Plusieurs pays européens souhaitent pouvoir développer des marchés nationaux d'échange de droits d'émission, en lieu et place du marché européen. Pourquoi un tel engouement pour un espace qui devrait avoir pour vocation de permettre la régulation des émissions de CO2 ? Est-ce un renouveau de l'éthique des gouvernements ?

Malheureusement, non. C'est un intérêt uniquement financier. Ces marchés vont être de véritables poules aux oeufs d'or pour les pays qui les hébergeront. La raison est la même que celle qui a poussé le lobby de la finance à soutenir le développement de ces marchés d'échange : ils vont être la source d'une nouvelle forme de rente pour ceux qui ont les moyens d'y investir dès aujourd'hui. Les grands organismes financiers en particulier.

Pour en comprendre les raisons, il est nécessaire de décripter le fonctionnement des échanges de droits d'émission.
A la base, il y a une démarche vertueuse : par l'investissement sur des technologies ou des techniques "propres", des acteurs économiques peuvent se voir attribués des "droits d'émission" correspondant aux économies qu'ils ont févorisé. Or, à efficacité équivalente, les actions réalisées dans les pays en développement sont nettement moins couteuses que das les pays riches. Une démarche gagnant-gagnant peut alors se mettre en place : réduction des coûts pour les grandes entreprises des pays riches et apport de nouvelles techniques et technologies dans les pays en voie de développement.
Malheureusement ce système est totalement perverti par les marché financiers qui se sont saisi de l'opportunité. En effet, le besoin en "crédits carbone" des pays riches est encore relativement faible, les droits d'émission générés par les actions dans les pays en voie de développement peuvent donc être conservées, notamment en attendant une augmentation de leur valeur. C'est ce que font les investisseurs financierrs, qui espèrent ainsi faire une plus value importante. Le résultat va être un coût important pour les entreprises des pays riches pour un investissement minimal dans les pays en voie de développement. Autrement dit, une stratégie perdant-perdant a été construite par les acteurs financiers qui vont empocher une majeur partie de la valeur des échanges, une fois de plus.


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