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nebraska

Par Bordierlaurent

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NEBRASKA

midwest-city

...) Le problème avec ce mec, c’est qu’il a pris l’habitude de venir trop souvent chez moi glaner quelques nouveaux mots et cela,  sans recommandé ni aucun courrier, alors ça devient un boulot pour moi…Et moi le boulot…

Je signe puis le remercie.

Je ne suis pas né ici, mais j’y habite. Ici ? C’est Le Midwest Américain. C'est un peu la Picardie française, mais les corbeaux sont incapables de voler après un repas ( à l'envers comme à l'endroit ), les paysans sont beaucoup plus bourrus et les champs de betteraves inexistants.

Comme la plupart des habitants de Midwest-city Je suis  à la recherche d'un emploi. Le journal local est gratuit et affiché sur la porte principale de la mairie ; je le consulte chaque matin et ne peux m'empêcher de regarder les pages rencontres, mariages et décès en ricanant, et c’est toujours la même offre qui vient terminer ma lecture :

« Recherchons atteleur de wagons, débutant accepté »

Je suis sûr qu’il existe des paris à qui prendra cet emploi pénible.

Ce matin, ma première visite est pour Miss Lengzki, la tenancière de la seule épicerie pauvre en aliments du coin.  Son nom est peint en noir sur une grande façade faite de lambris, comme pour ne pas l’oublier. En souvenir de, à la mémoire de...

-Ci-gît Miss Lengzki :

Grande combattante de notre ville et décédée par le biais des crédits accordés aux habitants du  Midwest city.La visite de courtoisie effectuée, en guise de salut, elle me gratifie d'un « au wevwoir mister» puis savoure sa victoire linguistique lentement.

Ma phobie est d’être un jour, tellement pauvre, que je me verrais forcé de nettoyer les étables de Midwest-City ; surtout celle de la famille Brown. Ils ont quelques six cents vaches et en parcourant un numéro spécial "Texas" du Reader's Digest, Il était écrit ceci :

Avis aux entomologues,  Une simple bouse de vache peut contenir jusqu’à quatre cents insectes différents » Ce chapitre du Reader's m’avait tellement impressionné que j’en avais déchiré la page et l’avais scotchée sur le mur de ma chambre. Saluant une dernière fois Miss Lengzski, je prends, comme chaque matin, la direction du pub et commande une bière que je nommerais ici ( half-beer). Je n'ai jamais trouvé l'équivalent du bock, mais même le plus stupide des américains comprendrait ma requête. ( langue pendante, index sur la pompe à bière), le message semble clair pour un client. Mais leck, le patron a mis beaucoup plus de temps avant de faire l'équation : Laurent = half-beer.

C'est un américain, Leck, un vrai.

A peine le temps de plonger mes lèvres dans la mousse, qu'un :

- Howdy Laurent ! résonne derrière moi.

- Salut Jessy....

Jessy, c'est l’instinct animal, le viandard du chemin de fer. Fanatique de musique country et américain jusqu'au bout de ses ongles sales, Il a un faux air de "Sergent Garcia". Dès la naissance, l'ironie du sort à voulu qu'il naisse avec deux petits yeux de porcin qui  font plisser ses petites rides "pattes d'oie" lorsqu'il se gausse de ses collègues.


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