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Aradhana (Dévotion, 1969)

Publié le 05 septembre 2010 par Safran
Voici votre première Filmiscopie ! J'espère que cette nouvelle série vous rapprochera un peu plus du cinéma hindi et de ses subtilités culturelles. J'ai pris beaucoup de plaisir à préparer cette nouveauté, dites-moi si cela vous plaît aussi, car j'ai d'autres films en tête !Petit conseil : voyez les chansons au moment où elles sont mentionnées, car elles font partie intégrante de l'histoire.
Sorti en 1969, Aradhana (Dévotion) est un superbe mélo qui est nommé meilleur film de l'année 1970. Son héroïne, Sharmila Tagore, reçoit le Filmfare de la meilleure actrice, et le chanteur Kishore, un Filmfare pour la chanson Roop Tera Mastana.Aradhana s'inspire du film américain To Each His Own (Mitchell Leisen, 1946), interprété par Olivia de Havilland qui reçut un oscar pour ce rôle.
Après son succès (7e place des blockbusters indiens de la décennie 1960), Aradhana est doublé en bengali, puis connaît deux remakes, l'un en tamoul, Sivakamyin Selvan, l'autre en telugu, Kannavaari Kalalu, tous deux sortis en 1974.
Sous couvert d'une histoire d'amour mélodramatique, le scénariste évoque le sort peu enviable des mères célibataires et des enfants illégitimes. L'attitude de l'héroïne, qui peut nous sembler exagérée, est justifiée par l'ostracisme dont souffrent ceux qui n'entrent pas dans le moule de la société indienne. Quarante ans après la sortie du film, ce problème est toujours d'actualité, principalement dans l'Inde rurale.
Les amateurs de mode rétro vont être à la fête : les saris, les boucles d'oreilles, les coiffures et le maquillage de Sharmila Tagore au début du film sont tout à fait dignes d'un défilé !
Réalisateur Shakti Samanta
ScénaristeSachin Bhowmik
Acteurs principauxSharmila Tagore (Vandana)Rajesh Khanna (Arun/Suraj)Farida Jalal (Renu)
CompositeursS.D. Burman, R.D. Burman (le père et le fils)
ChanteursLata, Asha, Mohd. Rafi, Kishore, S.D. Burman

Aradhana (Dévotion, 1969)
Arun
, pilote dans l'armée, est en permission ; tout en roulant en Jeep le long de la voie ferrée, il remarque de son œil de lynx une jeune fille qui lit dans le train. Il s'agit de Vandana, jeune diplômée qui revient chez son père, dans un village de montagne - ce qui va vous donner de beaux paysages ponctués de fleurs, de conifères et de sommets enneigés, et une première chanson qui présente les deux protagonistes, Mere Sapno ki Rani (La Reine de mes rêves, chantée par Kishore).
Malgré une première rencontre mouvementée, où Arun reçoit de Vandana un seau d'eau sur la tête, les deux jeunes gens sont attirés l'un vers l'autre, et font de grandes promenades dans des paysages fleuris et verdoyants en fredonnant Gunguna Rahe, chanté par Asha et Mohd. Rafi. Et se retrouvant près d'un temple, ils décident d'un commun accord de se marier en catimini...

Aradhana (Dévotion, 1969)

Quand tout va bien, c'est mauvais signe...


Quelques heures plus tard, un orage violent les oblige à passer la nuit dans une cabane, autour d'un feu. C'est la chanson Roop Tera Mastana (Ta beauté enivrante, chantée par Kishore).
Tout baigne jusqu'au jour où Vandana s'aperçoit qu'elle est enceinte - chacun sait que se retrouver dans une cabane la nuit avec le héros du film est synonyme de grossesse, la pire des infamies pour une jeune fille indienne que l'on croit célibataire ! Elle se confie alors à son père qui lui conseille de quitter le village avec lui pour éviter la vindicte des habitants.

Aradhana (Dévotion, 1969)

Baisse les yeux, fille indigne !


Pendant ce temps, Arun, qui ne sait rien et qui veut officialiser l'union, part avec son avion chercher son oncle et sa tante - car il est orphelin, of course - pour refaire une cérémonie de mariage au vu et au su de tous. MAIS, son avion s'écrase à l'aller, et il meurt à l'hôpital dans les bras d'une Vandana éplorée. On la comprend, surtout quand on voit le sparadrap sur la joue !

Aradhana (Dévotion, 1969)

Plus la tache est grosse, plus le mal est profond


La pauvre Vandana, qui n'a aucune preuve de son mariage avec Arun, hormis une photo, part cacher sa honte loin de son village avec son père qui, déshonoré, rend promptement l'âme.
Dans un hôpital, quelque part, notre courageuse Vandana  accouche d'un petit garçon, Suraj (soleil) qu'elle ne peut élever elle-même puisqu'elle est mère célibataire, et que le petit en souffrira plus tard ("Il a pas d'papa-eu, il a pas d'papa-eu !")

Aradhana (Dévotion, 1969)

Mon petit Suraj adoré


C'est beaucoup pour une personne ? Attendez, ce n'est pas fini : en désespoir de cause, elle place momentanément son enfant dans un orphelinat pour pouvoir l'adopter officiellement. MAIS, le temps d'aller faire une course pour le bébé avant de remplir les formulaires qui vont faire d'elle une mère légale, le petit Suraj est adopté par le couple Saxena, dont l'épouse a accouché d'un bébé mort-né et qui doit à tout prix retrouver un enfant tout de suite, immédiatement, sous peine de mourir de chagrin.
Pas découragée, puisque qu'elle est toute de même une mère dévouée, comme le dit le titre du film, Vandana demande l'adresse du couple Saxena au directeur de l'orphelinat sans même lui faire le moindre reproche (elle était quand même là la première, non ?).

Aradhana (Dévotion, 1969)

L'adresse des Saxena, s'il vous plaît


Ayant trouvé la maison des Saxena, elle est reçue par le mari à qui elle explique honteusement tous ses malheurs. Ouf, enfin quelqu'un qui compatit et propose à Vandana, tout en gardant le secret de la naissance de Suraj, de l'engager comme nurse pour qu'elle reste près de son enfant et puisse faire de lui un pilote de l'armée indienne, comme elle l'a promis à Arun. On en pleurerait de joie.
Les années passent. Suraj a 13 ans et il joue déjà au pilote d'avion ! Voici la chanson Chanda Hai Tu (Tu es mon trésor, mon soleil, chantée par Lata).
Un jour, le frère de Madame Saxena, Shyam, qui rentre d'Europe à l'improviste, vient s'installer à la maison. On voit tout de suite qu'il a l'œil lubrique et qu'il reluque Vandana, qui est quand même très jolie...

Aradhana (Dévotion, 1969)

Pas mal, la petite Vandana...


Profitant de l'absence de toute la maisonnée, l'odieux Shyam tente de violer la faible Vandana qui se défend bec et ongles ; à ce moment précis arrive Suraj qui s'empresse de voler au secours de sa nounou chérie en donnant des coups de ciseaux dans le dos de son tonton... qui meurt illico.
En un éclair, Vandana renvoie Suraj dans sa chambre, et saisit les ciseaux ensanglantés au moment où les époux Saxena reviennent. Suspense.

Aradhana (Dévotion, 1969)

C'est pas moi, mais c'est moi quand même


Elle prend le meurtre à sa charge pour sauver Suraj, et la voilà condamnée à 14 ans de prison (14 ans, comme l'exil de Rama dans le Ramayana). Finalement, elle sort au bout de 12 ans, rien que pour démolir mon explication des 14 ans, mais aussi pour bonne conduite.
Dans le bureau du directeur de la prison, elle raconte qu'elle n'a pas de famille et qu'elle ne sait pas où aller, d'autant que ce dernier vient de lui apprendre que Monsieur Saxena est mort et que Suraj est parti avec Madame Saxena, mais on ne sait pas où.
Devant le désarroi et les cernes noirs de Vandana, le directeur de la prison, qui est veuf, lui propose de s'installer chez lui pour s'occuper de la maison et de sa fille Renu, qui est sur le point de se fiancer.

Aradhana (Dévotion, 1969)

Je n'ai nulle part où aller


Justement, voilà le fiancé de Renu. Gai, sifflotant dans son uniforme de pilote de l'armée et plaisantant avec tous ; il s'appelle Suraj et ressemble à Arun comme 2 gouttes d'eau. Sauf qu'il est plus extraverti et qu'il porte la moustache. Quand il voit Vandana, qui reste muette devant celui en qui elle voit son fils, il la regarde avec attention et lui demande énigmatiquement : "Je vous ai déjà vue ?"

Aradhana (Dévotion, 1969)

Je l'ai déjà vue, je l'ai déjà vue


Puis, il file conter fleurette à Renu sur la balancelle de la terrasse, avec la chanson Baaghon mein Bahaar hai (Le Printemps dans mon jardin, chantée par Lata et Mohd. Rafi).
Pas de répit pour le brave : au téléphone, on demande à Suraj de rejoindre son escadrille pour une mission sur le front. Renu pleure, Vandana est dans ses souvenirs d'avion.
Disparu, tombé derrière les lignes ennemies, mais rentré dans son pays, Suraj se retrouve finalement à l'hôpital avec une blessure à l'épaule, ce qui va lui donner droit à une décoration, car il s'est battu courageusement pour sa patrie.
Chez Renu, il se prépare pour cette cérémonie ; pendant que Vandana lui repasse son uniforme pour le sécher, car Renu l'a malencontreusement mouillé (comme Vandana dans sa première rencontre avec Arun), il s'empare d'un livre d'où tombent des photos et une lettre. La photo de son vrai père, Arun, qu'il n'a jamais connu, mais à qui il ressemble, la photo du mariage de Vandana et d'Arun, et une lettre de Monsieur Saxena, père adoptif de Suraj, qui a écrit à Vandana avant de mourir pour lui confirmer que Suraj est bien devenu pilote dans l'armée, comme elle le lui avait demandé.

Aradhana (Dévotion, 1969)

Maa et Paa !


Et là, Suraj comprend ce que nous avons compris depuis bien longtemps ! Que Vandana est sa mère et qu'elle s'est sacrifiée pour lui, pour qu'il n'ait pas à affronter le sort des enfants illégitimes.
Il décide alors d'emmener Vandana à la cérémonie de remise des médailles et par la même occasion de lui rendre un vibrant hommage au micro devant l'assemblée, ce qui me fait toujours venir les larmes aux yeux. Et oui, je suis comme ça ! Vu 3 fois, pleuré 3 fois !

Aradhana (Dévotion, 1969)

Maa, je t'aime, tu as sacrifié ta vie pour moi...

 FIN
Un nouveau service de You Tube permet de voir ce film, et d'autres, en ligne et gratuitement (il y a sûrement des pubs, je n'ai pas vérifié). Pour Aradhana, vous pouvez même choisir la langue des sous-titres en utilisant le "cc" sur fond rouge. Vous comprendrez quand vous y serez !Voici le lien d' Aradhana.
Si cette formule vous plaît, voici l'adresse générale pour les films en ligne. Certains n'ont que des sous-titres anglais.

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