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Notre ministre des affaires étrangères et la manifestation pour les retraites

Publié le 07 septembre 2010 par Edgar @edgarpoe

Je lis dans la lettre de la fondation Schuman, ceci :

La Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la sécurité commune Catherine Ashton a entamé le 30 août une visite en Chine, pour amorcer le premier dialogue de "partenariat" entre l'Union européenne et la Chine. Elle a souligné l'importance de construire une relation privilégiée avec ce pays, "partenaire stratégique clé pour l'Europe dans un monde globalisé", et d'approfondir les relations bilatérales en matière de politique étrangère, de politique environnementale et commerciale, en amont du Sommet qui réunira la Chine et l'Union européenne le 6 octobre. Le 2 septembre, Catherine Ashton a rencontré son homologue chinois Yang Jiechi et le Premier ministre Wen Jiabao à Pékin. Elle a souligné "l'importance d'avoir une approche concertée sur l'Iran" et a ajouté que "la solution passe par le dialogue". Ces deux rencontres ont été organisées au lendemain du premier Dialogue stratégique UE-Chine dans la ville de Guiyang.

  Madame Catherine Ashton a donc pour "homologue" le ministre chinois des affaires étrangères.

Donc elle est ministre des affaires étrangères de l'Union européenne.

Donc l'Union européenne est un état.

Donc Bernard Kouchner amuse la galerie (c'est un fait).

Donc Nicolas Sarkozy est président de la région France (du niveau d'un Georges Frêche. Ca colle, en effet.)

Donc la ministre des finances de la France n'est qu'une comptable préoposée aux écritures (ça colle aussi).

Donc à un moment l'Union européenne est devenue notre pays et la France a été transformée en collectivité locale. Personne, à aucun moment, n'a jamais été consulté en ces termes là. Personne n'a consenti à cette transformation - bien peu d'ailleurs l'ont comprise ou aperçue.

C'est un chef d'oeuvre de klpetomanie que d'avoir réussi à voler un pays à son peuple.

*

Demain, la gauche et les salariés soucieux de défendre leurs retraites manifesteront, à raison. Je crains que cette mobilisation, si elle réussit, ne mène à une impasse.

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En effet, le PS se réjouit déjà d'être au coeur de la contestation et de pouvoir fédérer toute la gauche, y compris les "extrêmes".

 Dans le même temps, personne n'expliquera que les services publics sont en décomposition parce que cela découle doublement de nos engagements européens :

  -  pour une première part, nos services publics sont démantelés au nom du droit de la concurrence, érigé en principe constitutionnel, alors que les services publics ne le sont pas ;

- en deuxième lieu parce que les quelques services publics que l'Union européenne n'a pas fait fermer, la chute de la croissance liée à la politique économique imbécile de la zone euro nous contraint, faute de recettes fiscales, à les fermer nous-mêmes.

   Demain la cible officielle sera donc le méchant Sarkozy, qui n'est qu'un porte flingue pour le compte de la structure européenne. J'abuse tellement peu que François Hollande, qui n'a que la carte de la franchise à jouer pour espérer revenir parmi les présideniables, a d'ores et déjà prévenu que si la gauche, emmenée par le PS, devait revenir au pouvoir en 2012, il faudrait se serrer la ceinture.

Autre façon de dire que de toute façon la présidentielle ne sert plus à rien car quoi qu'il arrive les poliiques menées sont européennes - cf. le début du billet de ce jour sur Mme Ashton.

  Voilà pourquoi j'aurai du mal demain, même si la participation est nombreuse, à voir un quelconque succès dans la manifestation, tant les acteurs de cette mobilisation semblent peu conscients des enjeux réels (pour reprendre le slogan de la FSU ci-dessus, il ne faudrait pas écrire "le service public, on l'aime on le défend". La réalité c'est que si on aime le service public, on quitte l'union européenne.)


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