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Expendables et Salt : éloge de l'american way of nanard

Publié le 06 septembre 2010 par Delanopolis
Le Delanopolis ne se fatiguera à tirer sur des ambulances aux pneus crevés et à la carrosserie cabossée de ces deux productions hollywoodiennes : la critique a déjà tué. Il se distraira plutôt à en glorifier le potentiel nanardesque. Expendables et Salt : éloge de l'american way of nanard Vainqueur haut la main : Expendables !

Stallone - inclinez-vous au simple prononcé du nom de demi-dieu - en a fait le testament esthétique indépassable du film d'action hollywoodien de ces quarante dernières années. Son casting était déjà l'aveu du projet : Willis, Li, Rourke, Lundgren, Statham, lui-même bien sûr et ... l'apparition surréaliste du gouverneur de Californie, alias Schwartzy, septième puissance mondiale tout de même, dans un jeu de clins d'oeil et de miroir à sa carrière passée et ses ambitions futures. A prendre au 19ème degré, au minimum. Dans quel autre pays un politicien de premier plan se permettrait-il un tel pied de nez, avec suffisamment d'humour et de classe, et parviendrait-il à mettre tous les rieurs et les pisse-vinaigre de son côté ? In-dé-pa-ssa-ble, on vous dit.

Le scenario n'a négligé aucun des poncifs et des truismes de la grosse bagarre où une poignée de brutes à l'air de truands mais qui sont en réalité des bons vient à bout d'armadas de bandits au service de tyrans. Tout y est, une vraie merveille : le décor d'une île bananière, les affreux de service, la nunuche exaltée par la politique et le bien de son peuple, la sublime inexpressivité des acteurs qui confondent air bovin et expérience de la vie. A ce niveau, on a envie de pleurer de bonheur.

Mais l'extase suprême vient à la fin, quand Stallone, après avoir sauvé ces parias, murmure à l'oreille de leur Pasionaria : "vous trouverez les références de mon compte bancaire en fin de page" et qu'elle lui répond : "merci, vous en avez déjà trop fait" ! A côté de cet échange prodigieux toutes les soirées du Téléthon et des pièces jaunes de Bernadette font figures d'aumône insultante.

Pareil chef d'oeuvre achève de placer Stallone au sommet du podium de la nanardologie à gros bras. Figurer au casting de ce film était le meilleur hommage que ses pairs pouvaient accorder à ce chef de meute qui clôt ainsi la longue série des élucubrations inaugurée au début des années 1970.

Salt n'atteint pas le même niveau mais n'est pas piqué des hannetons quand même. L'excitante Angelina Jolie tient tout le "film" sur ses belles épaules, changeant constamment de perruque et de revolver. L'histoire est naturellement à dormir debout, faisant revivre, faute de mieux, la guerre froide grâce à des kagébistes infiltrés si profondément au coeur de la CIA qu'ils ne se sont pas aperçus que le choc Est/Ouest était passé de mode depuis 20 ans. Aucun intérêt donc, mais les cascades sexy de miss Jolie sont bien agréables à zyeuter et elles augurent peut-être de la réparation de la plus incroyable injustice cinématographique de ces 50 dernières années : comment se fait-il qu'Hollywood n'ait pas encore donné le rôle de 007 à une femme ?

Il paraît que le dernier James bon est en panne. Pas de souci : Evelyn Salt a tout pour reprendre le flambeau. Il faudra simplement, la prochaine fois, rendre le scenario un peu plus imaginatif et ajouter quelques gadgets lourdement informatisés.

Hollywood est mort, vive Hollywood !

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