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Les Travers du docteur Porc

Publié le 13 septembre 2010 par Iti1801

Les Travers du docteur PorcAprès le polar historique chinois (cf. les enquêtes du juge Ti) et le japonais (cf. les enquêtes de Sugawara Akitada), je me lance dans le petit cousin vietnamien. Encore une fois je ne peux que chaleureusement remercier le défi littérature policière sur les 5 continents pour cette agréable découverte !

Mais peut-être n’ai-je pas commencé par le bon car, dans ce livre, on n’y suit pas les aventures du mandarin Tân (qui est à TRAN-NHUT ce que le juge TI est à Frédéric LENORMAND ou à Robert VAN GULIK) mais celle du docteur Porc qu’il a choisi pour rendre la justice parce qu’il est appelé hors de sa province. Et celui-ci ne va pas tarder à être confronté à une bien étrange affaire : un homme, après avoir passé une folle nuit d’amour avec une femme, se réveille avec ce qui a tout l’air d’être le cadavre de cette dernière à ses côtés… S’il se doute bien qu’une telle décomposition ne peut avoir lieu aussi rapidement, le médecin aura bien du mal à dénouer tous les fils d’une énigme dont les fils ont été noués il y a plusieurs années déjà car nombreux sont ceux qui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues pour garder cette affaire secrète… Et s’il n’y avait que ça ! Car, il devra en plus affronter un docteur sikh pour s’attribuer un cabinet idéalement placé en ville, dans lequel il pourra mettre à profit toute sa science pour ce qui s’annonce comme les prémices de la chirurgie esthétique :

Non, ce qu’il lui fallait, c’étaient des consultations d’un genre spécial, nombreuses et lucratives, des examens payés rubis sur l’ongle par une population prête à dépenser des cents et des mille sans y regarder à deux fois. Le docteur Porc se frotta ses petites mains potelées à l’évocation de cette manne à visage de femme, dont les désirs étaient connus et immuables : beauté et jeunesse, à toute heure et à tout prix.

Ce qui fait le charme de ce roman et qui m’a véritablement plu en dehors d’un dépaysement total pour moi (en effet, ce n’est que le second roman vietnamien que je lis et je connais pas du tout l’histoire de ce pays) c’est, non seulement, l’alliance de l’humour – pas toujours fin – du docteur pachydermique et du côté historique (si on peut douter de la possibilité d’un premier implant mammaire au 17ème siècle, force est de constater en lisant l’appendice que théoriquement l’opération aurait pu être réalisée ; on appréciera également l’éclairage mis sur les guerres de religion indiennes notamment contre les sikhs, ce qui montre malheureusement que les Hommes se ressemblent bien souvent en mal quelque soit leur origine…), mais surtout la truculence de la langue et des maximes orientales qu’on méditera à loisir, comme :

les femmes sont comme des macaques : lorsqu’elles ont saisi une nouvelle branche, elles ont vite fait de lâcher l’ancienne.

Les vacances sont déjà finies depuis peu mais voilà un roman que je conseille fortement si on a un peu de temps devant soi, et qui devraient même ravir qui n’est pas spécialement fan de polar.


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