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D'ALGER A KABOUL (10) ???/La discipline de feu.....

Publié le 14 septembre 2010 par 000111aaa

C’ est avec de redoutables souvenirs sur un sujet que - continuant le parallèle entre les deux guerres- mes lecteurs vont être confrontés aujourd’hui : ce que l’Armée appelle la « discipline de feu »…….

En ce début de 1960 ,le déjà plus très jeune officier que je suis (29 ans) termine son temps en ALGERIE   dans les montagnes couvertes de forets de l ATLAS , au sud de BLIDA . En unité d artillerie  transformée en unité d infanterie et avec une harka affectée .Le contingent effectue, à l’époque 30   mois de service militaire.

On pourrait supposer qu’une telle durée suffise à transformer complètement un jeune civil en soldat   aguerri et une unité régimentaire en un groupe homogène …..C ‘est ignorer qu’après l affaire des Barricades à ALGER en janvier 60, l’Armée subit une crise de confiance vis-à-vis de la politique du Général et qu’elle   a fait diffuser dans la troupe son rappel à l’ obéissance à la nation française :"je ne reviendrai pas sur l'autodétermination (...) force doit rester à la loi (...) si un jour les musulmans décidaient librement et formellement que l'Algérie doit être unie à la France, rien ne me causerait plus de joie si l'Algérie choisissait la solution la plus française (...) »

.Mon capitaine , pied noir hargneux mais matois ,a trouvé excuse pour être absent et m’a désigné pour lire ( à sa place ou celle de son adjoint) ce rappel devant toute la batterie rassemblée un matin   à la cantine de l’ hôtel où nous sommes logés ( Chrea).

Un maréchal des logis chef d’active (pied noir) , mon adjoint de section , m a interpellé après ma lecture , en proclamant , devant tous d un air dégoûté et furieux,qu’il rendait sa médaille du Mérite Agricole !    Il m en veux car j ai fait décorer un de nos soldats mais pas lui .. De fait ,une animosité sourde et hypocrite se dévoile peu à peu entre les cadres d active , officiers et sous officiers pieds noirs et les cadres du contingent ….Chacun pressent   ce que l avenir montrera ensuite  : l intérêt des uns n’est peut-être pas compatible avec l intérêt des autres …..

Par ailleurs , l affaire des barricades n’est pas aussi simple qu on veut le faire croire :si le bilan officiel s'élève à 14 morts parmi les gardes mobiles (dont deux officiers) et 121 blessés, six civils tués et vingt blessés l'enquête montera que la plupart des gendarmes ont été tués ou blessés par leurs propres collègues, qui servaient un fusil mitrailleur posté sur le forum et qui, cherchant à arroser les manifestants pieds-noirs par dessus les gendarmes, a piteusement parfois manqué sa cible.Bref ,la discipline de feu et la coordination de tir n’est pas meilleure chez les « professionnels » de la Gendarmerie !

Rentrons maintenant dans les cuisants souvenirs personnels de cette époque ….

Je dois rappeler à mes lecteurs en quoi consiste alors le déclanchement d une « opération », lorsque des renseignements nous permettent de cerner avec précision le lieu de stationnement d une bande rebelle …. Nous procédons ainsi :nous partons en pleine nuit , sur les sentiers de la foret divisé en 3 groupes : le commandant avec sa harka ( 60 environ )en tête , suivi par la 1 ère batterie et ses 2 sections ( 60 environ , dont la mienne ) et suivis par la BCS   et sa section de combat ( 30 ) et nous tachons d encercler largement leur repaire , sans éveiller leurs guetteurs ….L ‘assaut final se fait avec la harka , la bande rebelle se disperse alors dans toutes les directions et comme nous sommes à flanc d’une montagne très boisée ( 1800 mètres ) l ennemi nous débouche dessus sans avertissement ….. Les fellagha sont souvent vêtus en treillis comme nous , plus sommairement , sans casque ni calot mais il est très difficile de distinguer dans les taillis qui est qui et qui fait quoi…… Quand on entend que çà commence à tirer , chacun se poste cherchant à percer dans la demi –obscurité (avec parfois une brume calamiteuse ) , qui va vous jaillir dessus …. E t ça tire ! et ça tiraille à n en plus finir…Puis une interruption ,et puis ça recommence….etc.   …Jusqu'à ce que les miens s y mettent aussi , dans une soudaineté et une pagaille inouïe et sauvage ! Je me refuse à vous en donner plus de détails mais imaginez que l exercice d un commandement à la voix dans de telles conditions ne relève pas d un classique «  feu ! » , «  halte au feu ! »  ou d un «  cessez le feu »réglementaires  !!!On n’est pas à la caserne !

On calculait dans mon régiment que dans de telles circonstances   on dépensait plus d un millier de cartouches par ennemi tué …Mais ce qu on ne disait pas, c’est – vous le devinez , qu on se tirait dessus parfois aussi les uns sur les autres avec la meme facilité ….Surtout , quand un certain jeune officier   se dégageait des broussailles en essayant d’ y voir un peu pour rallier ses propres soldats dispersés de ci de là ….. Pourquoi suis-je donc encore en vie…. Je ne sais trop quoi dire ! La maladresse de tir de mes ennemis ou plus souvent de mes propres «  collègues » !???

J AI ENCORE LE SOUVENIR DE CE FO....U CAPITAINE me   reprochant ensuite de trop communiquer avec mes hommes !

……………………………………………………………………………………………………

Parlons un peu maintenant de l AFGHANISTAN …Plus de service militaire là-bas , plus de civils déguisés en soldats réclamant la quille ,mais de véritables professionnels   d une troupe homogène et disciplinée …OUI ????ALLONS SAVOIR ????

JE NE M Y TROUVE   PAS : VOICI LE COPIER COLLER DU COMPTE RENDU OFFICIEL FIN AOUT 2010

L'état-major des armées a ouvert une enquête, trois soldats français blessés lundi en Afghanistan, dont l'un grièvement :"Il est possible que les trois blessés aient été victimes de tirs fratricides", a déclaré mardi soir le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major

Ma source INTERNET rajoute : «  Si l'incident était confirmé, il s'agirait du premier du genre impliquant des troupes françaises depuis leur déploiement en Afghanistan en décembre 2001, du moins du premier à avoir eu des conséquences aussi graves

C'est le timing et l'analyse des échanges radios subies qui ont éveillé les soupçons. Une section d'appui, équipée de blindés d'assaut, a ouvert le feu au canons de 105 et de 25mm, sur des hommes identifiés dans la nuit afghane comme étant des insurgés. Trois minutes plus tard, un chef de section de combat a lancé par radio un appel d'urgence indiquant que trois de ces hommes avaient été touchés. L'appel provenait de la zone visée par la section d'appui. Qui se situait à un kilomètre environ du point de tir.

L'enquête de commandement devra livrer les résultats de ses investigations d"ici trois semaines. Elle devra aussi déterminer si une autorisation de tir a été donné, question à laquelle le porte-parole des armées n'a pas voulu répondre

Les forces américaines et de l'Otan en Afghanistan sont régulièrement blâmées pour avoir provoqué des pertes civiles, mais aussi pour des tirs dits fratricides ou "amis" dont sont victimes leurs propres soldats ou des militaires et des policiers afghans. »

BOF !Guère d amélioration , ce me semble / LA GUERRE RESTE LA GUERRE …..Le comble de la stupidité humaine !


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