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Le débat sur les Roms quitte la sphère juridique...

Publié le 16 septembre 2010 par Duncan

... pour devenir exclusivement politique!

Alors que la France promet qu'elle va justifier sa politique d'expulsion au regard du droit européen (ce que je me réjouis de lire), la question fondamentale de l'intégration des Roms dans l'Union, question qui touche à certaines règles fondamentales du droit européen (piqure de rappel), quitte le terrain juridique pour devenir exclusivement du "politiquement show".

C'était prévisible.

La réaction outrée de Viviane Reding, avec cette sortie "godwinesque" sur le caractère "retro à la mode des années 40" des expulsions françaises (autre piqure de rappel), ne pouvait que donner ce résultat. Il semble en effet que le débat se cristallise actuellement autour de cette déclaration. La Commissaire s'est excusée mais ça ne suffira sans doute pas pour éteindre cet écran de fumée médiatique bien pratique pour ne pas aborder les vrais problèmes. Les échanges intervenus aujourd'hui entre Nicolas Sarkozy et la Commission auraient d'ailleurs été musclés (d'après Le Soir).

Bien entendu, le propos de la Commissaire était outrancier. Aussi contraires au droit européen que soient ces expulsions, aussi discriminés que demeurent les Roms dans l'Hexagone (et ailleurs!), la France ne mène pas, même de fort loin, une politique nationale-socialiste! Comparer la France d'aujourd'hui avec l'Allemagne des années 30-45 c'est d'ailleurs grandement minimiser l'horreur des spoliations, des camps et de l'extermination subies par les victimes du IIIème Reich. Si l'Allemagne nazie s'était contenté de "reconduire" des étrangers à la frontière, ça se saurait. A force d'invoquer Hitler à tout bout de champ, on finira par en faire une icône pop-art ou un grand méchant loup de pacotille.

Ceci étant dit, ce débat est sur le point de noyer le poisson.

Erreur stratégique de la Commission sur ce point. Car je ne pense pas que cette institution soit capable de se défendre efficacement sur le terrain médiatique face à un grand état européen.  Pire, ce débordement risque de faire oublier unevérité plus profonde: si, sur la forme, la commissaire est bien entendu blâmable, sur le fond, elle a par contre raison! La politique d'expulsion française est très certainement, dans son état actuel, contraire au droit européen.

Bref, au final, l'échange de noms d'oiseaux entre la France et la Commission risque d'éclipser tout le reste, c'est-à-dire toutes ces questions fondamentales qui touchent, bien entendu, à l'avenir des Roms mais, plus généralement, aux relations entre l'Union (ses institutions) et les Etats à l'ère post-Traité de Lisbonne.


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