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Avantage à qui ?

Publié le 18 septembre 2010 par Jlhuss

En 1981, le Père François dépose dans les souliers du peuple de France le merveilleux paquet d’un allègement de cinq années de travail d’un coup. C’est fou ce qu’on l’aime ! Trente ans plus tard, le joli cadeau nous pète dans les pattes comme une mine antipersonnelle : c’était socio-mignon tout plein mais pas payé, c’est devenu moignon moignon mais honte aux chirurgiens qui avancent leur sale patte pour nous en greffer une. Clopine qui veut. Avantage acquis.

En l’an 2000, la Mère Martine dépose dans le jardin de l’Hexagone le bel œuf en chocolat d’un allègement de quatre heures de travail par semaine. C’est fou ce qu’on l’aime ! Six ans plus tard, aïe, ça ballonne, une seule personne aux guichets et repassez donc demain pour les urgences. C’était cocon trognon mais sans radis, c’est devenu marron bouchon mais honte au praticien qui pointe les gaz RTT et avance sa sale patte pour nous  en siphonner le budget.

La même Martine promet qu’en 2012, élue, elle va tout « remettre à plat », intrépide salvatrice des petites gens saignées par la Finance. Elle a d’abord appelé ça le care ; nul n’a bien compris le mot ni le concept en un pays où l’aide sociale compte parmi les plus fortes au monde. Comme les autres, la dame sait qu’à moins de casser la baraque, il va falloir faire bonne chère avec peu d’argent. Oui, mais allez rassembler « le peuple de gauche » en annonçant l’ère des carottes râpées ! Il faut donc dire qu’il y a plein d’argent dans ce pays, qu’il suffit d’aller le prendre où il est  -Liliane, si tu nous regardes…- et qu’avec de nouvelles ponctions on créera plein de nouveaux avantajakis.

Maudit aussi soit l’expulseur des Roms. Ô ma Terre d’accueil, réveille-toi ! Patrie des droits de l’homme, te lai’ras-tu, te lai’ras-tu, te lai’ras-tu mouri ? …
- A Lille, on n’expulse pas, on évacue, nuance, et pour des raisons sanitaires.
- Où qui s’en vont après, les évacués de Lille ?
- Deçà delà, aux bons soins de structures d’accueil, d’associations…
- Et qui qui les paye, les tructures ? dis maman.
- Parle pas la bouche pleine… L’accueil est une loi sacrée de gauche : dès qu’un humain met le pied en France, sauf dans notre loft, il est chez lui.

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D’ailleurs pourquoi argumenter ? Sarko en est au chant du cygne, sa Carlita répète déjà l’accompagnement-guitare. La tache de honte sur le drapeau sera bientôt lavée. La Commission européenne, Mère de toute Grâce, et l’Amérique, Nation de toute Lumière, pourront renouer avec l’estime d’un Hexagone qui vaut ses fromages. On annonce que, sitôt chassé l’Immonde, Viviane Reding viendra de Bruxelles partager le camembert au lait cru dans le campement rom  de Guily sur Bidon.

Ainsi vont les grandes âmes, divinement missionnées, chargeant les ondes et les tribunes de sarcasmes et d’anathèmes contre l’odieux tyran. Hélas, ce ne sont pas les mêmes qui pérorent en tours d’ivoire et qui votent en masse. J’en sais tant, on en connaît tous, qui sourient finement au fracas des mégaphones, la clope au bec et la baguette sous le bras. Ils disent même aux sondeurs leur mécontentement. Les hurleurs en déduisent que le pays les approuve.  L’histoire pourtant se répète plus qu’on ne croit : après l’unisson furibard des pré-campagnes, la cacophonie boutiquière de la dernière ligne droite, le silence cause-toujours des votes, soudain, un dimanche à vingt heures, la stupeur des dépouillements…  Avantage à qui ?

Arion


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