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Qu'attendre de 2008 ?

Publié le 31 décembre 2007 par Loïc Abadie
D’abord je souhaite une très bonne année à toutes et à tous, et qu'elle soit pleine de bonheur et de prospérité…

C'est l’occasion aussi de faire un retour sur 2007 et ce qui nous attend en 2008.   Par rapport à ce qui avait été annoncé dans ce blog, que s’est-il passé ?   -   La crise des crédits à risque (subprime et taux révisables), des dérivés de crédit a démarré comme attendu, ce secteur du crédit étant aujourd’hui complètement sinistré aux USA, avec des pertes globales évaluées actuellement en moyenne à 500 milliards de $.   -   La dégradation de la conjoncture immobilière s’est également accélérée aux USA, avec comme dernière nouvelle en date la poursuite de la chute des ventes de logements neufs (à un plus bas de 12 ans).   L’ampleur de la chute est pour le moment analogue aux crises des années 70-80, mais vu que les stocks d’invendus continuent de s’accumuler et que la baisse de prix ne fait que commencer, cette chute devrait se poursuivre sur 2008, faisant de la crise immobilière en cours la plus grande observée depuis 1929…et peut-être de toute l’histoire des USA. Les baisses de prix sont pour le moment très modérées : -6,1% sur le case shiller index au cours des 12 derniers mois. Ne vous y trompez pas, l’immobilier est un marché très visqueux, qui ne fera jamais –40 ou –50% sur un an…mais qui est tout à fait capable de perdre 10 ou 15 % par an pendant plusieurs années pour aboutir aux mêmes dégâts. Sur les 3 derniers mois disponible, la baisse se situe d’ailleurs déjà à 12% en rythme annuel.   -   Coté Europe et France, l’immobilier s’est comporté aussi comme attendu, en ralentissant sa hausse et en entrant progressivement dans sa phase de plateau. La situation ressemble beaucoup à celle des USA en 2006 : le rythme des permis de construire et des ventes décroît, l’indice des actions du secteur immobilier commence à plonger depuis mars 2007 avec une chute qui dépasse déjà 30% ; ce qui indique une forte anticipation de retournement du secteur.     -   Par contre le crédit en général (hors prêts à risque) et la consommation ont bien résisté aux USA, mieux que je ne l’attendais au départ :
Les ventes au détail ont maintenu sur l’ensemble de l’année 2007 une croissance de l’ordre de 2% (en monnaie constante).   La fuite en avant dans le crédit s’est poursuivi à un rythme assez rapide, et même très rapide au T3 2007, comme le montre les données de la FED . Le rythme moyen de croissance de la dette (8% / an en global et 7%/an sur les emprunts hypothécaires, contre des niveaux de 9% sur les années 2005 et 2006) est resté fort, et cela explique évidemment la croissance de l’économie observée cette année.
Les dernières données disponibles (partielles) jusqu’en décembre () n’indiquent pas de changement de tendance significatif (9% de croissance en rythme annuel entre la mi-septembre et le 19/12 pour le crédit bancaire, et il est clair que si la croissance ralentira au T4 2007 aux USA, ce pays ne sera pas encore en récession fin 2007.   Seules les ventes au détail ont marqué le pas (stagnation des ventes en monnaie constante, inflation déduite pour la partie hors carburants). C'est un signal important, mais qui demande à être confirmé sur au moins 3 mois.
Lire l'analyse de Nouriel Roubini sur ce sujet.    Qu’attendre et que faire pour 2008 ?   -   La conjoncture immobilière va continuer de se dégrader aux USA : nous avons plusieurs années de baisse de prix à venir, et vu l’accumulation des stocks, la baisse des prix devrait s’accélérer.   -  Au niveau de la conjoncture générale, l’indicateur des permis de construire est au rouge vif, une baisse de cette ampleur a toujours été suivi dans le passé par une récession, dans les mois qui ont suivi la baisse : lien à consulter.   Il est très difficile de dire si la stagnation des ventes de détail en décembre est le « signal de départ » ou si il y aura encore quelques mois de sursis avec une hausse temporaire des marchés (qui dessinent presque tous actuellement des configurations en triangle, signe d'incertitude).
Une chose est sûre en tout cas : Sur le moyen / long terme ce serait de la folie dans le contexte actuel que de rester investi sur les marchés actions ou d’acheter de l’immobilier.   Je m'attends en tout cas toujours pour 2008 à l’arrivée d’une vraie récession aux USA, et elle pourrait débuter dès le premier semestre…pour l’Europe, l’évolution devrait se faire avec un certain retard, mais une entrée en récession fin 2008 reste à craindre.   Plus que jamais, les conseils donnés courant 2007 restent donc valables :   -> Rester en placements d’abri : livrets A et B, éventuellement sicav monétaires régulières, le tout dans une banque sûre, l’idéal étant qu’elle bénéficie de la garantie de l’Etat ou ne soit pas exposée à la conjoncture internationale (banques régionales de détail).
-> Ne pas investir sur les marchés actions (sauf pour ceux qui maîtrisent parfaitement le trading à court terme)

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Ne pas investir dans des fonds diversifiés contenant une part d’actions (sicav, FCP et assurance-vie multi-support)

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Surtout ne pas s’endetter pour un nouveau projet immobilier, et penser à une vente éventuelle des biens immobiliers détenus (hors résidence principale si on a fini de payer son emprunt)

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Ne pas acheter de mines d’or ou de valeurs du secteur aurifère. Il y a une énorme bulle spéculative en cours sur ce secteur, il est impossible de dater son implosion, et on peut continuer à monter encore un peu, mais sur le long terme, la baisse devrait y être encore beaucoup plus violente que sur les indices généraux…non seulement les mines d’or ou d'argent ne sont pas une valeur refuge dans le contexte actuel, mais elles font partie des actifs les plus dangereux et les plus exposés qui soient !
Et au risque de me répéter, il n'y a aucun signe sérieux d'inflation actuellement, la courbe des taux longs reste obstinément basse. Ce qui est devant nous, c'est la déflation et la contraction du crédit, pas l'inflation !
-> Pour les investisseurs avertis, et uniquement ceux-là, consacrer une petite partie de son patrimoine en produits baissiers, pour parier sur une baisse des marchés : BX4 (avec levier) ou B40 (sans levier et plus tranquille) sur le CAC40, le certificat baissier 4176B sur l’EPRA eurozone (panier d’actions du secteur immobilier), le certificat 3254S (pour parier à levier sur la baisse des indices chinois, risque élevé) ou le fonds « prudent bear fund », plus tranquille,  pour ceux qui ont accès aux marchés américains sont des idées possibles…mais il faut garder à l’esprit que ce sont des outils très spéculatifs et à haut risque, en particulier les produits à levier !

En résumé : encore et toujours, vive les liquidités !

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