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Des hommes, des dieux, des cathos, du cinéma et moi, et moi...

Publié le 28 septembre 2010 par Antoine Dubuquoy

deshommesetdesdieux.jpgJe suis catholique. Pas le modèle caricaturé, la raie sur le côté, le missel dans la main droite, le pli du pantalon bien cassé sur des mocassins à pompons impeccablement lustrés. Blazer bleu marine. La 806 cathomobile sagement garée à quelques encablures de l'église, la famille parfaite en culottes courtes de flanelle grise, cardigans bleu marine et robes à smocks, bien alignée sur les chaises paillées inconfortables. Sans oublier l'épouse toute en abnégation, serre-tête en velours bleu, carré Hermes et kilt écossais. Le modèle messe de 11h30 à Versailles. Je suis catholique un peu protestant. Le côté anarchiste qui traverse dans les clous. Catho qui doute, s'interroge. Pas tant que ça non plus. Catho parfois  flemmard.

J'ai vu le film de Xavier Beauvois, un dimanche comme il se doit. J'aime le cinéma le dimanche après-midi. J'avais eu ma dose de films de baston, gavés d'effets pyrotechniques. 

Des Hommes et des Dieux n'est pas qu'un film du dimanche ni un film austère. C'est un film où l'on sourit. Où l'on partage la vie quotidienne de ces moines exilés volontaires au coeur de l'Algérie. En territoire musulman. Pas en territoire hostile, tant le monastère et ses 7 occupants est intégré à l'éco-système local. Des hommes en recherche spirituelle. Pas des ermites. Des hommes simples, des intellectuels, des manuels. Des hommes qui un jour ont entendu un appel et on fait un choix. Choisir c'est renoncer. Il sont renoncé à une vie pour en choisir une autre. Au service des leur frères. S'accomplir, accomplir quelque chose de grand en passant par les petites tâches de la vie quotidienne. L'écoute de l'autre. L'aide, la charité, la solidarité. Le soin. Faire beaucoup avec peu. Y croire. Douter. Car ces hommes sont de chair et de sang, et quand la mort viendra rôder, ils ne seront que des hommes en proie aux angoisses de la vie d'homme. La mort, le martyre. Certes on y pense. Mais quand la menace, réelle, est là, Dieu est-il là? Ces questions parcourent un film profondément humain. Un film indispensable qui sort au bon moment. 

Le film cartonne en salle. Tant mieux. Un film sans esbroufe, malgré son prix à Cannes. Un film offrant de beaux moments de silence. Un silence où chacun peut faire son introspection. Se laisser prendre par l'atmosphère si particulière de la Trappe. Par les chants. 7 voix à l'unisson. C'est beau.  Seul bémol, une des dernières scènes du film, calquée sur la Cène, dernier repas, avec gros plans appuyés sur les regards chargés d'émotion passant du sourire aux larmes. Sur fond sonore de Lac des Cygnes. Une presque faute de goût du réalisateur. Trop de pathos. Trop d'envie de tirer les larmes aux spectateurs. On sait que la fin est proche. A ce titre, cette dernière image des moines et de leurs geôliers armés s'enfonçant dans la brume est magnifique. On connait la suite. 

Est-ce un film catholique? Un film chrétien? Beauvois ne prend pas position. Ne cherche pas de coupables. N'oppose pas les communautés. Si le seul message du film était que le dialogue inter-religieux est possible sans guerres de part de marché, ce sera déjà ça. 

Enjoy!


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