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Cinéguérilla

Publié le 28 septembre 2010 par Magda

Cinéguérilla

Ce n’est pas nouveau : il faut une niaque incroyable pour écrire, réaliser, produire et distribuer un film, entrer dans la jungle des festivals, soigner son image et ses contacts. Etre réalisateur indépendant, c’est être une usine doublée d’un poète.

Au moment où je rentre officiellement à l’école de cinéma, je trouvais plutôt marrant de commencer l’année par une lecture irrévérencieuse : What they don’t teach you at film school (Ce qu’on ne vous apprend pas à l’école de cinéma) de Tiare White et Camille Landau.

Ce livre m’a stupéfaite. C’est une sorte de manuel de guérilla pour cinéastes indépendants rédigé par deux anciennes élèves de la célèbre école de cinéma USC aux Etats-Unis. Tiare et Camille ont un beau diplôme en poche ; n’empêche : ce n’est pas cela qui va les emmener au sommet.

La débrouille, elles s’y connaissent. Et avec fantaisie, en plus. Leur livre regorge de très bon tuyaux pour qui veut se lancer dans le cinéma, du plus sérieux au plus fantaisiste. Comment parler à un producteur, comment faire financer votre film par votre boulanger, comment finir un scénario en mettant le réveil-matin une demi-heure plus tôt. Comment attirer les producteurs, en enrôlant vos copains pour jouer les paparazzi et vous pourchasser dans le festival où votre film a été sélectionné. Comment obtenir le meilleur de son monteur en lui servant des cookies (recette incluse) qui fera de lui votre esclave dévoué.

La phrase à retenir, pour Tiare et Camille, la voilà : faites des films dans la limite de vos moyens, pour faire plus de films par la suite. Et, pour rester dans la limite de vos moyens, elles ont plus d’un tour dans leur sac, qu’il s’agisse du décor, des acteurs ou de la musique.

Mais attention, je ne suis pas certaine que ce bouquin soit réellement à la portée du caméraman du dimanche, en dépit des allégations de l’éditeur sur la 4e de couverture. What they don’t teach you at film school ne fait pas l’impasse sur la difficulté du métier et prévient le lecteur qu’il va devoir bouffer son pain noir comme les autres.

Plus l’aspirant-réalisateur avance dans le livre, plus il a le sentiment de se trouver devant une montagne impossible à gravir. Distributeurs, agents, RP, producteurs, programmateurs… il faut faire face à tous ces gens pendant parfois des années avant que le film ne sorte sur les écrans. Pendant ce temps, votre compte en banque tourne à vide.

Tiare White et Camille Landau ont écrit un livre spirituel, insolent et important sur le monde du cinéma indépendant. Mais il s’adresse d’abord à ceux qui ont le cinoche dans le sang et qui sont prêts à affronter le monde caméra au poing. Pour tous ceux-là, What they don’t teach you at film school est un véritable allié et une mine de conseils à ne pas négliger.

Je ne sais pas si le livre a été traduit en France ( je n’ai rien trouvé sur Internet), mais vous pouvez vous le procurer facilement en anglais sur les sites de librairies en ligne comme Amazon.



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