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Paracétamol

Publié le 31 décembre 2007 par Jlhuss

… et le Bacchus malade [Le Caravage]

Des différences importantes subsistent entre les deux réveillons des fêtes, même si les vacances à la neige ou au soleil du sud tendent à uniformiser la « sociologie » de ces moments.

La nuit de Noël et ses agapes conservent encore un caractère plus familial et le mélange des générations peut encore souvent y trouver sa place. C’est la joie de la pyramide des âges autour de l’enfant émerveillé.

Rien de tel pour le réveillon de l’an neuf. La ségrégation des tranches d’âge reprend le dessus pour une fête plus bachique dans laquelle les enfants perdent le premier rôle, les grands parents leurs places « d’orchestre ».

Le centre des appels d’urgences mesure très bien ces différences sensibles. La journée du 31 décembre peut parfois prendre l’aspect d’une vaste organisation de « soirée tranquille » pour tout le monde … en toute sécurité, les bancales à l’hosto, les plus jeunes au dodo, les actifs au goulot.

Une gentille dame, la quarantaine, nous appelle ce matin pour sa « maman qui ne va vraiment pas bien » !

Que se passe-t-il, Madame ?

« Elle n’est pas bien depuis hier soir. Elle a un peu frissonné ; elle avait de la fièvre. Ce matin son docteur est passé ; il pense à “une grippe”, lui a donné quelques médicaments que je vais aller chercher … mais je ne la trouve pas bien du tout » ! « Je voudrais qu’elle soit vue aux urgences. »

Madame, elle a été “vue” par un médecin, commencez le traitement prescrit avant toute autre chose, et si ça ne va pas mieux d’ici quelques heures rappelez-nous. Une visite supplémentaire aux urgences ne changerait rien. Pas convaincue la dame … mais bon …

Il suffisait d’attendre un peu. En milieu d’après-midi re-téléphone de la madame « quarantaine ».

« C’est pour Maman … vous savez ce matin … ça va pas mieux, je dirais même moins bien. Je trouve qu’elle éprouve des difficultés à respirer. »

-Elle a commencé le traitement prescrit par le médecin ?

Oui … Oui mais je ne là trouve pas bien …je veux qu’elle soit vue aux urgences.

Ainsi fut fait, le mot clé ayant été employé : “difficultés respiratoires” … Certes la patiente n’était pas au mieux de sa forme, mais sans gravité particulière réclamant plus que des antipyrétiques, une bonne bouillotte et un lit.

L’urgentiste confirme le syndrome grippal diagnostiqué par le confrère, confirme l’ordonnance prescrite et renvoie chez elles Mère et fille « accompagnante »

Essayant une dernière fois de forcer les portes de l’hôpital la fille, tout à coup moins “sympa”, vocifère : « Mais enfin … ma mère a de la fièvre … vous ne pouvez pas là renvoyer dans cet état » !

-Votre mère n’a pas de fièvre, madame, elle a 37°2 …

Se tournant vers sa mère : « Tu vois je t’avais bien dit qu’il ne fallait pas prendre ce foutu efferalgan » !

On ne peut pas inventer ça ! C’est du “direct en léger différé”…

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