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| la fête est latine |

Publié le 01 janvier 2008 par Diel
C'est un fait, on ne sait pas faire la fête dans nos contrées. A part se goinfrer jusqu'à la nausée et boire jusqu'au vomissement, baver et brailler dans la rue, faire péter des pétards et casser des bouteilles sur le bitume, aprés le dernier sachet de confétis balancer dans la figure des passants, le premier jour de l'année se passe à l'image de ce que sera cette nouvelle année, morose.
Au lieu de cuver son vin dans le canapé, un crâne de deux tonnes avachi sur les coussins et les jambes en coton, on devrait sortir pour se ballader, pour profiter et fêter ce premier jour dignement. Il devrait y avoir de la musique partout dans les troquets, des marchés artisanaux, des animations sur les places, des cornets de frites et des barbes à papa à la fraise à chaque coin de rue, la fête quoi!!
Je peux vous dire que la seule attraction à l'initiative de la ville qui siège devant son hôtel faisait grise mine sous sa guirlande bleue et ses rengaines nique ton tek crachées pour trois patineurs venus tracer des volutes malgré ce frimas gélifiant les gencives si on a la mauvaise idée de sourire en glissant sur la glace artificielle...
Hier au soir, j'ai vu pour ma part le plus festif minuit du jour de l'an qu'il soit. Comme d'habitude, puisque le 31 décembre est un jour comme un autre, j'allume et je zappe à la télé, totalement consternée par le néant des émissions qu'on nous sert chaque année pour l'occasion. Quand vers minuit moins deux, je tombe sur un concert symphonique diffusé par Arte. J'écoute d'une oreille, je regarde d'un oeil et soudain je vois le public dans la salle se lever pour s'embrasser les uns les autres. Tiens, me dis-je, c'est en direct?! Oh mais les musiciens aussi se lèvent, se jettent les uns dans les bras des autres, rient et s'embrassent dans un joyeux tohubohu.
Bonne ambiance, souriais-je, ça change de la rigidité académique des orchestres nationaux tels qu'on les voit en général.
Puis tous se rassoient et entament un morceau trés percussif, un air de mambo sous les bravos d'un public qui chante et fait la ola, révélant le velours rouge des fauteuils de la salle de concert de Caracas. Dingue! C'est qui ces fous?
Je m'enquérie du programme et je lis qu'il s'agit de l'Orchestre des Jeunes du Vénézuéla Simòn Bolivar dirigé par Gustavo Dudamel, un chef de vingt six ans. Cet orchestre a été créé il y a trente ans pour composer un ensemble classique avec les enfants et les adolescents des quartiers défavorisés du pays, révélant d'immenses talents et une joie contagieuse à vous hérisser le poil sur tout le corps.
Je n'ai pas trouvé d'enregistrement Arte sur le net de l'émission d'hier un soir, mais ces deux vidéos devraient vous donner un échantillon de l'esprit de la fête telle que je la conçois, un enthousiasme indescriptible qui donnerait envie d'aimer la vie et les hommes:




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