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Retraites : Plus 2,9 millions de personnes dans les rues

Publié le 03 octobre 2010 par Letombe

Dans la capitale, le cortège a rassemblé 310.000 selon les syndicats.

Samedi 2 octobre, en cette journée de mobilisation contre la réforme des retraites, la guerre des chiffres a repris entre préfecture de police et syndicats. Les différences entre les sources, pour connaître le nombre de manifestants descendus dans la rue, sont parfois très importantes. Alors les syndicats ont-ils rassemblé davantage que le 23 septembre ?

A Paris, le nombre de manifestants s'élevait à 310.000 selon les syndicats. (Photo par Louis Morice)

Les défilés ont rassemblé "autour de 2,9 millions" de manifestants, a déclaré le numéro deux de la CFDT Marcel Grignard, soit "sensiblement le même nombre" que le 23 septembre. "C'est unemobilisation réussie, puisqu'elle est au minimum au même niveau et que, avec de bonnes conditions météo, on aurait probablement dépassé" le nombre de manifestants estimé le 23 septembre, a affirmé Marcel Grignard. Le secrétaire général adjoint de la CFDT a relevé "des variations importantes selon les villes, notamment en raison des conditions météo" avec, par exemple, "un temps épouvantable" à Rennes.

Le leader de la CFDT, François Chérèque, a déclaré que pour les cortèges de la matinée, "on est à peu près dans les mêmes chiffres que ce qui s'est fait lors des deux dernières" journées d'action en septembre. Manifester un samedi "c'est un bon choix parce que ça permet aux personnes qui ne viennent pas d'habitude aux manifestations de venir". "On est calme et déterminé. On nous prédit à chaque fois un échec mais l'échec ne vient pas. C'est le gouvernement qui est en échec aujourd'hui", a ajouté le numéro un de la CFDT, en évoquant un "risque de formes de durcissement".

De son côté, le ministère de l'Intérieur "observe une baisse" par rapport au 23 septembre où il avait recensé 997.000 manifestants en France, en annonçant quelque 899.000 personnesmanifestants sur toute la France.

Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a quant à lui affirmé que la mobilisation se situerait "a priori dans les mêmes eaux que le 23 septembre", samedi avant le début de la manifestation parisienne. "C'est une étape importante", a-t-il ajouté. Interrogé sur les premiers chiffres donnés par le ministère de l'Intérieur à la mi-journée et évoquant une moindre mobilisation, Jean-Claude Mailly a ironisé: "j'aurais pu vous le dire avant, que le gouvernement allait annoncer une mobilisation en baisse". "Il nous a fait le coup la dernière fois, cela s'appelle de la communication. La dernière fois, cela lui a fait effet boomerang, cela lui fera encore effet boomerang".

De la même façon, pour Bernard Thibault, (CGT), le nombre de manifestants se situe "dans les mêmes eaux" que le 23 septembre, "peut-être en dessous". Pour autant, "cette journée (contribue) à élargir le mouvement, avec un public de nouveaux participants. C'est la preuve que la zone de mécontentement populaire s'amplifie parmi les salariés. De ce point de vue, l'objectif va être grandement réussi (...)".

"Encore une fois, le gouvernement va essayer de travestir la réalité. Mais il la connaît (...) S'ils veulent s'en tirer à bon compte avec une communication adaptée, ça les regarde, mais ils seront démentis une nouvelle fois dans les prochains jours s'ils ne changent pas de position", une nouvelle journée d'action étant déjà programmée le 12 octobre, a-t-il ajouté. Interrogé sur d'autres formes d'action comme des grèves reconductibles, Bernard Thibault a redit que "si le gouvernement confirme son intransigeance, il ne faudra pas s'étonner si la mobilisation prend d'autres formes".

  

RÉFORME DES RETRAITES - Troisième journée de mobilisation en demi-teinte

Selon les syndicats, la manifestation parisienne a rassemblé 310.000 manifestants, contre 300.000 lors de la dernière journée de mobilisation le 23 septembre, selon une estimation définitive de l'intersyndicale citée par la CFDT, la FSU et la CGT. "On est à 310.000", a déclaré Eric Aubin (CGT) chargé du dossier retraites. Le même chiffre a également été annoncé par la CFDT et la FSU. Selon Françoise Lareur, secrétaire générale de la CFDT Ile-de-France, la mobilisation à Paris a été "très légèrement au-dessus du 23 septembre mais avec un public différent et plus familial qui est arrivé plus tard" que les autres manifestants. La préfecture de police parle elle d'une légère baisse.

Le 23 septembre, la CGT avait annoncé environ 300.000 manifestants et la police 65.000.

ALyon, la manifestation a rassemblé 40.000 personnes selon les syndicats et 18.500 selon la police, contre 36.000 et 18.000 participants lors de la journée de mobilisation du 23 septembre.

A Montpellier, ils étaient entre 13.000 et 20.000 personnes, selon la police et les syndicats, soit moins que lors de la précédente journée d'action. Le 23 septembre, de 18.000 (police) à 60.000 personnes (syndicats) avaient manifesté.

Dans le cortège, des imitations de panneaux de signalisation routière, cerclés de rouge, affichaient le chiffre 60, en référence à l'âge actuel de départ à la retraite.

"UMP: Union des magouilles patronales", "Non au projet de réforme, on ne veut pas payer et crever avant la retraite", "Prendre l'argent là où il est, fin des exonérations patronales, suppression des niches fiscales, suppression du bouclier fiscal", pouvait-on lire sur des banderoles, tandis que les manifestants scandaient: "Unité pour les retraites, grève générale interprofessionnelle".

Cependant, les syndicats parlent eux de défilés importants dans le Midi samedi matin. A Toulouse, la manifestation a rassemblé 125.000 personnes selon les syndicats, 28.000 selon la préfecture, un chiffre, selon ces évaluations, un peu supérieur à la grande mobilisation du 23 septembre.

La journée du 23 avait fait descendre dans les rues de la "ville rose" environ 120.000 manifestantsselon les organisateurs, 25.000 selon la préfecture.

Les manifestants, parmi lesquels des familles avec enfants dans des poussettes et peu d'étudiants, ont défilé dans le centre-ville derrière une banderole "Ensemble public privé, Non à ce projet de loi, Oui à la retraite à 60 ans à taux plein".

Des pancartes donnaient le ton des revendications : "Femme de ménage jusqu'à 67 ans, plutôt mourir", "Sarko, bats en retraite !" ou encore "Bosser pour entretenir les financiers, c'est ça la pénibilité".

A Nice, sept mille neuf cents personnes ont manifesté samedi matin selon la préfecture, tandis que d'autres cortèges importants défilaient dans le Midi, notamment à Béziers.

Dans la capitale de la Côte d'Azur, le cortège était presque aussi fourni que lors de la dernière journée d'action le 23 septembre (7.000 selon la police).

Les organisateurs, "pour ne pas entrer dans une bataille de chiffres" avec le gouvernement, se sont refusés à évaluer précisément le nombre de manifestants, se contentant d'indiquer qu'ils "étaient plus que la dernière fois", le 23 septembre, quand les syndicats avaient annoncé la présence de 20.000 personnes à Nice.

Se référant aux chiffres de la police, Didier Turrini, secrétaire départemental CGT, a mis au défi l'UMP d'organiser une manifestation comparable: "si on n'est que 8.000, je propose à l'UMP d'organiser une manifestation pour la retraite à 62 ans, et on verra combien ils sont". "C'est une réforme pour les amis du Fouquet's", a-t-il ajouté.

Derrière la banderole de tête, une autre annonçait la présence de jeunes, proclamant "Les étudiants ne battent pas en retraite". Des salariés du privé - Thalès, Nice Matin, Ciments Laforge, Carrefour notamment - se trouvaient dans le cortège.

A Draguignan (Var), plus de 2.000 personnes ont manifesté selon la police, plus de 2.500 selon les organisateurs, alors qu'à Ajaccio, les manifestants étaient, selon les autorités, presque deux fois moins nombreux qu'il y a dix jours (1.500 au lieu de 2.800).

On a aussi manifesté à Digne et Manosque (Alpes de Haute-Provence): 2.000 et 1.550 personnes respectivement, selon la préfecture.

A Béziers, le défilé était dense, rassemblant 9.000 manifestants selon la CGT (9.500 le 23 septembre selon la même source).

A Mende, chef-lieu de la Lozère, qui compte 12.000 habitants, 2.000 personnes étaient dans la rue selon les organisateurs, 1.400 selon la police. Parmi elles, de nombreuses personnes travaillant dans le secteur privé.

Mais la participation était en baisse dans la matinée dans l'Ouest de la France, des pluies battantes ayant contrarié l'objectif des syndicats de mobiliser un public plus familial, selon la police et les organisateurs.

A Rennes, 20.000 personnes selon les syndicats ont défilé dans les rues de la ville, soit un net recul par rapport à la précédente journée d'action du 23 septembre (35.000). La police, qui avait comptabilisé 18.000 participants il y a dix jours, n'était pas en mesure de fournir de chiffre à 13h.

Un recul de participationde 40% en moyenne était également constaté dans la plupart des villes plus petites de la région où des manifestations se sont tenues dans la matinée.

En revanche, dans les Côtes d'Armor, préfecture et syndicats ont fait état de participations en hausse à Saint-Brieuc ("plus de 10.000" manifestants, selon la préfecture, et 45.000, selon la CGT), Lannion et Dinan.

Dans les autres grandes villes de la zone (Nantes, Caen, Brest, Le Havre, Tours, Rouen, Saint-Nazaire), les manifestations étaient prévues en cours d'après-midi.

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