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La nouvelle vague des jardins urbains

Publié le 28 septembre 2010 par Sequovia
C’est à New-York dans les années 70 que l’idée des jardins partagés a grandi. Face à l’étendue des terrains vagues qui désolaient le paysage new-yorkais, une bande d’artistes menée par Liz Christy a  pris l’initiative d’en faire des jardins. Aujourd’hui, la ville de New-York en compte près de 1000 et le phénomène s’est propagé dans le reste des grandes villes du monde. Paris, Berlin, Londres, Lille, Montréal, Tokyo, et bien d’autres métropoles encore se dotent en jardins communautaires et jardins partagés. Mais il serait rédhibitoire de considérer cela comme une simple mode « bobo » puisque l’agriculture urbaine a des vertus qui outrepassent le simple passe-temps « tendance » : elle constitue notamment une réponse à la crise alimentaire face à la croissance urbaine exponentielle.
  • Un peu d’histoire
Naissance du mouvement à New YorkDans les années 70, New York fait face à une grave crise du logement, entrainant un grand  nombre d’abandon d’immeubles vieillissants que la municipalité n’est plus en mesure d’entretenir. Sous la menace d’écroulement de certains immeubles, les autorités locales décident de les faire détruire laissant ainsi de nombreux endroits vacants vides qui deviennent vite de vastes terrains vagues, alors que les espaces verts sont rares. C’est dans ce contexte de morosité que Liz Christie et son mouvement, baptisé les Green Guerrillas, décident d’agir. Une des premières actions entreprises par le groupe est de lancer des « seed bomb » (bombes de graines) dans les terrains vagues grillagés pour remettre du vert dans la cité. Planter des arbres, repeindre des façades en vert constituent leurs actions quotidiennes. Au fil du temps, le groupe recrute de nouveaux adhérents et le premier jardin communautaire nait ! Nous sommes alors en 1973 et le jardin portera à partir de 1986 le nom de la fondatrice : Liz Christie. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 1000 jardins communautaires qui embellissent la ville de New-York et le mouvement des Green Guerrillas est toujours actif pour protéger ce patrimoine vert hors du commun.Le développement en FranceL’idée des jardins communautaires est en réalité bien plus ancienne, puisque déjà au 19ème siècle, les jardins familiaux existent en Allemagne. En France, c’est à la fin du 19ème siècle que les religieux introduisent une forme de jardin communautaire pour soutenir les familles dans le besoin grâce à la culture de fruits et légumes pour subvenir aux besoins quotidiens de ces familles. La municipalité parisienne a par la suite octroyé des parcelles aux familles d’ouvriers sous l’impulsion de la Ligue française du coin de terre et du foyer lancée par l’abbé Lemire en 1896. Aussi le mouvement connait un tel succès dans les années suivantes, qu’en 1913, la région parisienne compte déjà 1500 jardins ouvriers. En 1952, les jardins ouvriers, dont 250 000 exemplaires couvrent le territoire français, prennent l’appellation de jardins familiaux et s’inscrivent désormais dans le Code rural et sont gérés par des Associations loi 1901.
  • Les bienfaits des jardins communautaires
Les jardins partagés peuvent se décomposer en parcelles individuelles ou être communautaire, c’est-à-dire que chacun apporte sa contribution sur un terrain commun à tous. Mais qu’il soit partagé ou communautaire, le jardin urbain offre de nombreux avantages indéniables dans un univers urbain de plus en plus engorgé.Une meilleure qualité de vie des riverainsTout d’abord, les jardins communautaires permettent par la culture de plantes vertes de purifier l’air un tant soit peu des villes que l’on sait bien pollué. Rappelons que les maladies dues à une mauvaise qualité de l’air dans les villes (asthme en grande partie) se développement à un rythme exponentiel. La recrudescence des maladies respiratoires pourrait être en partie enrayée grâce au développement d’espaces verts.En plus des vertus sanitaires, les jardins partagés et communautaires permettent aux habitants d’un même quartier de créer de véritables liens. Ces lieux de partage créent une ambiance conviviale et renforcent la solidarité et la sociabilité. Vivre dans un quartier agréable, apprécier ses voisins sont des facteurs considérables à un bien-être général.Culture de denrées pour enrayer la crise alimentaireEn plus de permettre une alimentation plus saine, face au phénomène de malbouffe, les jardins partagés permettent aussi d’acquérir une certaine indépendance alimentaire, primordiale dans certaines villes où la crise alimentaire fait rage. Et cela concerne à la fois les pays en développement où l’agriculture urbaine devient une urgence face à l’urbanisation galopante et au manque de nombreuses denrées de première nécessité dû à l’augmentation des prix mais aussi les pays développés où la densité de population est telle que l’approvisionnement devient difficile. Ainsi, les toits de Tokyo se sont dotés de jardins où poussent patates douces et tomates. Dans la capitale nipponne, les autorités envisagent de cultiver 20% des surfaces de grands immeubles.En 2050, pas moins de 5,3 milliards de personnes vivront dans les villes, contre 3,5 aujourd’hui. Les urbains sont les plus grands consommateurs de produits agricoles mais le modèle actuel non adapté à un tel taux d’urbanisme ne fait qu’augmenter la sous-alimentation. L’agriculture urbaine est, au contraire, adéquate et répond aux besoins des populations des villes.Sensibilisation à l’écologieSi dans les pays en développement, l’agriculture urbaine devient indispensable pour satisfaire les besoins alimentaires de l’ensemble de la population, dans les pays développés les jardins communautaires répondent à des exigences écologiques et sociales de plus en plus présentes dans les mentalités. Une culture de proximité réduit considérablement les émissions de CO2, diminue les prix, embellit les paysages urbains et renforcent les liens communautaires.Les jardins communautaires favorisent la sensibilisation des populations aux vertus écologiques et les enfants qui parfois n’ont aucune idée de la façon dont poussent légumes et fruits peuvent découvrir les joies du jardinage. Les jardins transmettent des valeurs de respect de la terre et de l’environnement cruciales pour les années à venir.
  • L’avis Sequovia
L’agriculture urbaine, quelle que soit sa forme, est peut-être la solution pour pallier la crise alimentaire. Solidarité, sociabilité, respect, sensibilisation, éducation, santé se retrouvent bien dans les jardins urbains. Espérons que les paysages urbains continuent à se métamorphoser de cette façon et que les collectivités encouragent ce type de démarche. A New York, par exemple, les jardins communautaires, qui, par ailleurs produisent une tonne de fruits et légumes par an, n’ont parfois toujours pas de statut légal et sont simplement considérés comme des « espaces vacants ». C’est aux autorités locales désormais de faire en sorte de promouvoir les jardins urbains et de les protéger.Fiches solutions : aménagement espaces vertsQuartier durableFormations : Intégrer le développement durable dans le secteur public

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