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David Lynch à la Cinémathèque française

Par Katchoo86

David Lynch à la Cinémathèque française

Du 13 au 31 octobre 2010

La grande révélation du cinéma américain des trente dernières années. David Lynch a inventé un univers autonome et onirique, étrange et angoissant, teinté de surréalisme. Homme aux multiples talents (peintre, musicien, photographe), il bouleverse la fiction cinématographique hollywoodienne en subvertissant les conventions par des audaces narratives et plastiques sans précédents. Après l’expérience, un brin traumatisante, d’Eraserhead, Elephant Man revoit avec distance et empathie les récits de monstres, Blue Velvet, Sailor et Lula, Lost Highway et Mullholland Drive subvertissent les conventions en transformant la réalité en un monde ésotérique et mystérieux, séduisant et inquiétant, traversé par des forces occultes et des mouvements souterrains. Le cinéma de Lynch est un univers mental, une plongée au cœur de la psyché humaine qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui.

Au delà de ce texte très pompeux, je dois dire que les parisiens ont bien de la chance d’avoir un cycle David Lynch proposé par la cinémathèque française. Avec au programme des projections de sa filmographie complète (dont huit épisodes de Twin Peaks, sur grand écran, ça doit donner), et une conférence débat, les bobos vont pouvoir une fois de plus s’adonner à la masturbation cérébrale pour tenter d’analyser l’univers de Lynch, en déclarant sereinement que Mulholland Drive est un film « Hypno-labyrinthique »(véridique).

David Lynch à la Cinémathèque française

J’aime le cinéma de David Lynch parce que c’est un cinéma de perception. On peut le regarder, l’écouter (dans ses films, l’utilisation du son et de la musique  est  aussi importante que l’image), et même le toucher (si on fait un petit effort). Vouloir « expliquer » son univers s’avère être une gageure (en tout cas pour moi), car c’est plus une expérience à vivre, quitte parfois à la subir physiquement. Cet univers est d’ailleurs souvent comparé à un état de rêve, ou d’hypnose, donc quelque chose que l’on ne contrôle pas. Lynch lui même déteste (et se refuse à devoir) expliquer la signification de ses films. Et je suis certaine que ce n’est pas par snobisme.

J’aime aussi son cinéma car à l’instar d’Alfred Hitchcock, la femme est un pur objet cinématographique, une icône, un fantasme, qu’elle soit blonde ou brune. A lire à ce sujet, un très bon article intitulé « Les femmes dans l’oeuvre de David Lynch ».

David Lynch à la Cinémathèque française

Mais qu’est-ce que la féminité pour david Lynch ?

Une évidence : la féminité est un combat. La féminité assouvie passe par le combat contre l’homme, violent, castrateur, exigeant, possessif. Dans Blue Velvet, l’homme enlève son petit garçon pour marque sa possession du mileu familial entier. Dans Twin Peaks (fire walk with me), c’est l’inceste qui représente la main mise de l’homme par la violence. Dans Inland Empire, les individus mâles ne cessent également d’exercer un chantage à l’enfant, renvoyant la femme à un simple rôle de mère.

Cette exigence de l’homme se nourrit d’un idéal maternel ; on se souvient de l’image idéale de la mère, comme une icône enfermée, qui ouvre et clôt Elephant man. Mais cette exigence provient aussi de deux traumatismes : la peur de l’abondon maternel, (Elephant man, Eraserhead), la peur de la castration (Mulholland Drive, la contribution de Lynch au film collectif d’anniversaire à Cannes, Inland Empire).

Ces peurs de la gent masculine exigent des femmes un effort constant pour s’en libérer. Avec plusieurs opportunités possibles : l’amour rédempteur (Sailor et Lulla), l’amour homosexuel (Mulholland Drive), l’autodestruction (Karolina devant la violence de son mari choisissant de tapiner dans Inland Empire). Mais la réponse la plus aboutie est celle, finale, d’Inland Empire : la solidarité féminine. Dans ce dernier film long métrage de Lynch à ce jour, les femmes sont solidaires entre elles, se donnent un coup de main, et c’est la femme du réel qui vient aider Karolina a remettre son monde intérieur en ordre.

Bref, je n’aurais de cesse d’être fascinée par ce réalisateur, dont les films qui m’ont le plus marqué sont Elephant Man, Une histoire vraie, et bien sûr Mulholland Drive.

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