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La France «terre d’asile» ? Oui mais… pour les millionnaires !

Publié le 14 octobre 2010 par Kamizole

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A l’heure où la France compte 8 millions de pauvres – vivant en dessous du seuil de pauvreté : 950 euros par mois – et où le sinistre Eric Besson se livre à une chasse sans pitié contre les étrangers fussent-ils demandeurs du droit d’asile : remarquons au passage l’ironie séman-tique : sinistre venant de «senestre» (gauche) ! alors que l’ancien socialiste est passé avec armes et bagages à la quasi ultra-droite, la France serait le troisième pays d’asile des millionnaires selon l’article du Nouvel Obs que je découvre ce matin.

Encore ne fait-il pas la recension des millionnaires russes mafieux enrichis par force trafics, squattant les palaces de Cannes ou Nice ou rachetant à prix d’or les somptueuses villas avec vue imprenable sur la mer à Saint-Trop ou ailleurs… Les règlements de compte entre mafieux assainiront leurs rangs. Je ne les plaindrais pas : bon débarras ! On meurt le plus souvent comme l’on a vécu….

Je mourrais sans nul doute aussi pauvre que j’ai vécu –pauvre oui ! mais soumise : jamais… même pas dans leurs rêves ! – mais je j’en mesure pas moins l’inanité confondante voire le pur mensonge statistique des chiffres, notamment le fameux PIB par habitant : 56.052 $ par habitant ! Selon l’étude menée par le Crédit Suisse «en France la richesse par adulte aurait triplé entre 2000 et 2007 avant de reculer de 15 % depuis».

Ils ne doivent pas parler de la même planète. Comme dans une nouvelle de Philip K. Dick dont j’ai hélas oublié le titre, il doit y avoir deux univers parallèles qui se chevauchent sans jamais se rencontrer sauf irruption du hasard. Je ne dois pas être la seule à avoir été considérablement appauvrie depuis 2000, le passage à l’euro n’ayant qu’accéléré cette tendance, une perte de pouvoir d’achat d’environ 40 % rien qu’au cours de l’année 2002.

On peut déjà trouver formidablement curieux que la France se classât au 3e rang mondial s’agissant du nombre de millionnaires sur son sol mais qu’elle n’était plus qu’au 5e rang en 2008, derrière les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne en tant que puissance économique. Elle fut longtemps au 4e et je ne doute pas qu’elle rétrogradât encore. La raison est connue : elle a bradé son industrie et cela commence pour l’agriculture. Vous trouverez ces chiffres sur Wikipedia : «l’économie française est principalement une économie de services : le secteur tertiaire occupe 77,6 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) ne représente plus que 2 % et le secteur secondaire (essentiellement l’industrie) 20,4 % (et encore, s’agit-il de données datant de 1999, la dégradation n’aura fait que s’amplifier…

Je ne cesse de répéter qu’un pays qui n’a pas ou plus d’industrie est un pays économiquement fichu. Seule la production de biens, qu’il s’agisse de biens d’équipement destinés à l’investissement des entreprises ou de biens de consommation (équipement en biens durables des ménages ou consommation courante) apporte à la fois des emplois qualifiés et de meilleurs salaires.

Quant à la production agricole, elle serait en train de disparaître à son tour. J’ai été stupéfaite il y a quelques jours en regardant tard dans la nuit un documentaire sur la TNT (NT1 ?) où l’on voyait une usine de production de sauce tomate destinée aussi bien à la consommation qu’à la fourniture de sauces et dérivés à l’industrie agro-alimentaire française qui était reprise par un Chinois (lequel ne parle pas un mot de français, c’est habituel dans tous les pays où ils s’implantent). Le concentré de tomates utilisé vient directement de Chine par porte-containers dans de grands tonneaux en métal. Il voyage même par un pipe-line qui passe au-dessus de la route pour alimenter un producteur !

L’entreprise porte le joli nom de «Cabanon» fleurant bon la Provence mais les producteurs de tomates de la région peuvent aller se faire voir chez Plumeau : le Cabanon n’achète plus qu’un quart de leur production !

Sur les plans économique et écologique, point n’est besoin de sortir d’une grande école pour mesurer l’aberration de la mondialisation dès lors qu’elle consiste à faire d’un ou deux pays (Chine et Brésil notamment) les ateliers et les fermes du monde… Détruire des emplois et mettre en jachères permanentes des millions d’hectares de terres agricoles. Vous y ajoutez le coût du transport et la pollution induite.

Si vous en voulez une démonstration par l’absurde, je vous conseille la dernière chronique de Guy Konopniki dans Marianne (n° 703 du 9 au 15 octobre) : «la vérité ciment». Où il démontre comment l’on nous promet du “ciment propre” qui devrait réjouir les écolos mais paradoxalement pour le fabriquer il faut y ajouter un ingrédient – le clinker – extrêmement polluant et dont la fabrication dégage des quantités de CO2 nettement supérieures à celle d’une cimenterie classique. Il est donc vraisemblable que la fabrication du ciment et du klinker sera délocalisée dans des pays émergents où l’on fait peu de cas des normes environnementales. D’où la nécessité de polluer davantage la planète en transportant d’énormes quantités de ciment dans des vraquiers d’un bout à l’autre de la planète. Dormez braves gens ! On construira plus propre et les écolos seront contents.

Pour en revenir à nos millionnaires – selon le Crédit Suisse (8 octobre 2010) un millionnaire sur 10 vivrait en France. La fortune totale des millionnaires dans le monde s’élèverait à plus de 50.288 milliards d’euros alors que les millionnaires – qui ne représentent que 0,5 % de la population mondiale – concentrent 35,6 % de la richesse de la planète. Ces chiffres aussi aberrants qu’ils puissent être ne me surprennent pas. Ils sont conformes à ce que je savais déjà.

Néanmoins, je soulignerais pour en terminer que ces gens-là – quoiqu’en puissent dire les asiniens Frédéric Lefebvre pour défendre l’utilité du bouclier fiscal… de plus en plus contesté y compris dans les rangs de l’UMP – sont absolument inutiles pour la société française : leur nombre et le niveau de leur fortune ne font que croître d’une manière inversement proportionnelle au déclin économique et social de la France.

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