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Du rififi au gouvernement : Fillon ne kiffe pas Borloo !

Publié le 24 octobre 2010 par Kamizole

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Au moins une nouvelle un peu réjouissante qui tombe ce matin ! L’UMP reste un vrai panier de crabes ou un nid de vipères, comme l’on veut. François Fillon préférant à n’en point douter les couleuvres que Nicolas Sarkozy mit à son menu tous les jours depuis bientôt presque 3 ans 1/2, matin-midi et soir, et sans doute «à s’en relever la nuit» (Brigitte Fontaine). Ainsi, selon Europe 1 Pour Fillon Borloo est un zozo. Vous parlez d’une découverte ! Le titre du NouvelObs (24 oct. 2010) est encore plus direct et fendard Fillon : Borloo “m’a fait passer pour un con !”. Il lui reprocherait d’une part d’avoir été silencieux pendant la crise du carburant – il resterait à démontrer qu’elle est terminée – et surtout de ne pas lui avoir fait remonter assez d’informations sur la pénurie d’essence.

Si bien qu’en annonçant dimanche dernier au JT de TF1 qu’il n’y avait pas de problème d’approvisionnement – ce qui a été démenti dans les faits tout au long de la semaine – c’est François Fillon qui a porté le chapeau du crétin de service. Ceci dit, si nous savions tous depuis bien avant lundi ou mardi qu’on nous bourrait le mou (après, ce fut panique à bord au gouvernement !) on peut dire que François Fillon ne s’est pas montré particulièrement fute-fute en cette occasion.

Preuve évidente encore une fois qu’ils ne vivent pas sur la même planète que le vulgum pecus : ils crèchent, bouffent et voyagent à l’œil, les réservoirs de leurs voitures de fonction sont remplies par leur chauffeur dans des lieux de distribution réservés à l’adminis-tration. Pendant ce temps-là, les files d’attente devant les pompes – celles qui n’affichaient pas encore : “vide” ou “plus de carburant” ! – s’allongeaient sur plusieurs centaines de mètres et ce, bien avant dimanche dernier…

Si nous n’apprenons qu’aujourd’hui ce coup de sang de François Fillon c’est tout simplement qu’il n’a pas explosé lors d’une interview – il la joue toujours “plus serein que moi tu meurs” sauf quand il attaque la gauche - mais lors d’une conversation téléphonique le 19 novembre avec un ministre – qui n’est pas nommé. Les médias en font naturellement leurs choux-gras sans toutefois (à ma connaissance, je n’ai pas tout lu !) nommer ce «rapporte-paquet» comme nous disions dans les cours d’école, lequel a bien du mérite : il a tenu quatre jours avant de lâcher le pet, sans doute “off the record” devant un journaliste.

Peut-être à la suite de la relation par le Journal du Dimanche des échanges d’amabilités entre Jean-Louis Borloo et Brice Hortefeux lors du dernier Conseil des ministres où précisément «sa communication sur l’approvisionnement des stations-service n’a pas convaincu ses collègues»… Le ministre de l’Intérieur n’ayant pas apprécié que Borloo déclarât «regretter de voir certains dépôts débloqués, aussitôt réinvestis par les grévistes» et rétorquant sans aménité «On ne peut pas dire ça. Faut s’informer !» avant d’être félicité par… Nicolas Sarkozy.

L’on sait par ailleurs qu’à l’Elysée Christian Frémont (directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy) et Claude Guéant - secrétaire général de la Présidence de la Répu-blique mais de fait homme-orchestre et souvent présenté comme le «1er ministre-bis – s’étaient inquiétés du mauvais pilotage de la crise par les services de Jean-Louis Borloo et avaient obtenu que la gestion en soit confiée au ministère de l’Intérieur où une cellule de crise a été activée.

«Je ne voulais pas gêner Jean-Louis» confie Brice Hortefeux au JDD, soucieux de dédramatiser la situation. Je demande à voir ! En tout cas, le titre de l’article est tout à fait explicite et résume parfaitement l’ambiance qui règne actuellement au sein du gouvernement : La guerre Fillon-Borloo (23 oct. 2010) au sujet d’une éventuelle nomination de Jean-Louis Borloo au poste de 1er ministre… Qu’il soit loin de faire l’unanimité parmi ses «chers collègues» semble un euphémisme ce qui explique sans doute leur empressement à narrer cette scène à qui voulait bien l’entendre. Sans nul doute pas mécontents de tacler au passage celui qui paraîtrait - jusqu’à présent - le «favori» pour succéder à François Fillon à Matignon…

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Jean-Louis Borloo a beau se défendre «J’ai participé hier à deux réunions avec François, y a pas le début d’une polémique entre nous, je suis calme et concentré». Dans le même temps, un de ses proches n’y allait pas avec le dos de la cuiller : «L’argument selon lequel le Premier ministre aurait été mal informé ne tient pas deux minutes. La vérité c’est que Matignon nous envoie une nouvelle boule puante»… L’on ne saurait vraiment parler “d’entente cordiale” !

D’autant qu’une amie de François Fillon va jusqu’à se demander si «Borloo a voulu nuire à Fillon ou bien s’il y a eu seulement un bug dans ses services» ! Pour un autre ministre «Sarkozy est en train de se mordre les doigts d’être allé aussi loin avec Borloo. Cela s’est vu mercredi sur son visage. L’hypothèse d’un maintien de Fillon est toujours possible»…

Un autre ministre «expérimenté» paraît-il – des noms ! - s’étonne qu’il n’ait pas pris à bras-le-corps la crise de l’essence: «Il faisait évacuer les dépôts d’essence et allait ensuite se faire acclamer par les députés UMP. Il a raté une bonne occasion de tuer le match»… Comme s’il ne connaissait pas le gugusse : de l’esbroufe, de l’esbroufe, encore de l’esbroufe ! Mais lui demander de prendre quoique ce soit à bras-le-corps : mission impossible !

Pour l’instant, François Fillon aurait sans conteste le soutien des députés de l’UMP : interpellé sur la pénurie d’essence, il aurait récolté une ovation alors que sur le même sujet Jean-Louis Borloo, paraissant «plus à la peine» aurait reçu «des applaudissements plus modestes».

Quoi qu’il en soit, et en attendant le remaniement minis-tériel, aussi invraisemblable et grotesque que puisse être l’hypothèse de la nomination de Jean-Louis Borloo à la tête du futur gouvernement – sinon comme prime à l’incompétence parée d’esbroufe : ne dit-il pas en permanence : «Je ne communique pas, j’informe !» ? ce dont personnellement je ne me suis jamais aperçue mais nous ne devons pas avoir la même conception de l’information du public – il ne manquerait pas de soutiens… plus dithyrambiquement stupides les uns que les autres.

J’aurais l’occasion d’y revenir car cela aussi vaut son pesant de cacahuètes. Pour une fois, je préfère faire – relativement – court. A suivre…

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