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De l'impact psychologique du gain régulier vers le Tilt

Publié le 31 décembre 2007 par Nicolas Chenet

Une chose nouvelle m'est arrivée récemment, avoir beaucoup de sessions positives d'affilée... Et quand je dis beaucoup, c'est énorme: au moins 5.... Et psychologiquement, il s'est passé quelquechose que je ne connaissais pas encore, je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais je trouve qu'il serait intéressant de le développer ici...

Le sentiment de "RUSH"

S'il est une chose certaine au poker, c'est qu'il n'existe aucun lien de causalité, que cela soit de fait ou chronologique, entre 2 actions distinctes. Je m'explique: mettons que vous touchiez AA servie du premier coup lors de votre entrée à la table. Quelle est la probabilité qu'à la deuxième main, vous touchiez à nouveau vos "Pocket Rockets" (Je parle de AA, hein! pour ceux du fond qui suivent pas! ;)) ?? Tout simplement la même que précédemment! Ce n'est pas parce que juste avant, vous avez eu du bol, que vous en aurez plus après! Le AA n'appelle pas le AA... Logique, me direz vous...

Pourtant la chose ne parait plus aussi simple lorsque l'on parle de $$$.... Et pourtant, le postulat de départ est le même: Le gain n'appelle pas le gain! (ni la perte d'ailleurs....) Si bizarre que cela puisse paraitre, notre inconscient ne l'estime pas de cette façon... Vous aurez beau lui dire que statistiquement, vous dépendez des cartes, votre inconscient, lui, du haut de sa fierté, il s'en fout royalement! Pour lui, vous êtes dans un "RUSH", un point c'est tout... (ça continue dans la suite!!!)

Le "RUSH", c'est ce sentiment que l'on est indestructible, et que le sort, ou la chance, appelez cela comme vous voulez, vous a choisi vous, parmi tous les gars (ou les filles) de la table, pour toucher toutes les main que vous voulez! Ou dans une version plus sobre, beaucoup plus de mains que ce que les statistiques s'accordent à vous distribuer... Malheureusement, le "RUSH", c'est avant tout dans la tête que ça se passe, car cela ne peut exister QUE grâce aux aléas "aléatoire" du caractère "aléatoire" de la distribution des cartes. Et qui plus est, un "RUSH" ne peut exister que sur une courte période... Ce sont les statistiques qui le disent.

Pourquoi? Tout simplement à cause de notre bonne amie la "Variance", cette fameuse farceuse qui est à la souche de nos plus grandes joies de Poker, comme d'ailleurs à celle de nos plus gros "Bad Beats". Car sur le long terme, n'espérez pas conserver intact votre copain le "RUSH". C'est certes réalisable sur le long terme, c'est à dire là où convergent vos résultats et les statistiques empiriques, mais aussi probable que de gagner le gros lot au Loto. Et oui! Si vous ne le saviez pas encore, le long terme se rapproche de ce que vos bouquins de maths racontent. Vous vous rappelez des cours de stats de votre formidable et glorieux parcours étudiants? Si vous répondez "NON" à cette question, vous devriez re-sortir quelques cours de permutations, combinaisons, et autres joyeusetés probalistiques

Donc soyez prévenu! Si vous vous sentez en Rush, ne changez pas votre façon de jouer, et n'agrandissez pas votre éventail de relance!!! Ca serait une grave erreur, que beaucoup font pendant cette période car "de toute façon ils sont invincibles et ils touchent tout."

Mais le fait d'être en "RUSH" n'est pas le seul sentiment résultant de notre période de gains consécutifs, il y en a au moins un autre...

La peur de tout reperdre

Que cela soit une affaire de fierté, ou de non-confiance envers la qualité de son jeu, qui n'a pas les dents qui grincent à l'idée de perdre? Le poker est un haut condensé, un concentré dirais-je même, de la compétition dans son essence la plus pure. Ici, pas question d'arriver second: seul le premier gagne de l'argent, et tous les autres en perdent. Pas de médaille à l'arrivée, pas de classements... Une seule chose est sûre, le Bon c'est le premier, les Mauvais, ces sont les autres. Enfin, tout cela est vrai si l'on ne se base que sur les gains.

Cette peur de perdre, donc... J'y arrive. Elle plane comme un vieux vautour au-dessus de nos carcasses, scrutant la moindre occasion de venir picorer 2 ou 3 jetons... L'ombre de cette peur engendre un stress indéniable, que les individus vont gérer plus ou moins bien selon leur résistance naturelle au stress ou force psychologique, leur état d'esprit à un instant T, leur santé, leur état de fatigue, leur concentration, leur niveau de jeux, etc...

Quand en plus on a cumulé plusieurs gains de suite, on peut avoir une pression supplémentaire, qui peut vite se transformer en facteur aggravant du stress naturel de perdre: la peur de TOUT reperdre! Inconsciemment, on va mettre beaucoup de chose dans la balance:

  • Les efforts pour y arriver
  • L'anticipation elle-même de la perte
  • La crainte de redescendre encore plus bas
  • Si je reperd tout, suis-je un gros mauvais?
  • et encore plein d'autres choses

Et plus on y pense, plus on en rajoute dans notre balance...

On a l'impression d'arriver à un point culminant, et de se choper le vertige en regardant la hauteur de la courbe...

Cette façon de penser sous l'emprise du stress ou sous la pression est une forme de TILT, non pas générée par des pertes considérables ou des Bad Beats de folie, mais bien par des gains!!! Comme quoi il existe bien des formes de Tilt même si l'on gagne et qu'il faut être constamment vigilant, dans les mauvaises comme dans les bonnes périodes... Il est assez certain aussi, que ces "tilts positifs" sont plus répandus chez les débutants que chez les joueurs confirmés, mais cela vaut la peine d'être débattu, et puisque vous êtes un lecteur courageux, qui est arrivé jusqu'ici, pourquoi ne pas nous faire partager votre avis?


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