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Ayn Rand pour les nuls

Publié le 29 octobre 2010 par Copeau @Contrepoints

Ayn Rand pour les nuls Si vous n’avez pas le temps de vous plonger dans les 1800 pages d’Atlas Shrugged en anglais, si « La vertu d’égoïsme » vous donne mal au crâne (rien que le titre vous donne des boutons) et si vous n’arrivez même pas à prononcer son nom (Hène Rand, Aïne Rand, Hène Rénde ou Ah-ïne Rènd ?) RIEN N’EST PERDU !

Un peu de pédagogie :
Voici 3 mn de présentation de l’objectivisme, la philosophie d’Ayn Rand, dans une langue parfaitement claire et limpide, avec un bel accent américain ! (Il s’agit d’un extrait d’une émission dont j’ai perdu la trace…)

(retranscription en anglais et en français)

Objectivism in a brief (1962, Ayn Rand Institute – www.aynrand.org)

At a sales conference at Random House, preceding the publication of Atlas Shrugged, one of the book salesmen asked me whether I could present the essence of my philosophy while standing on one foot. I did as follows :

1. Metaphysics : Objective Reality

2. Epistemology : Reason

3. Ethics : Self-interest

4. Politics : Capitalism

If you held these concepts with total consistency, as the base of your convictions, you would have a full philosophical system to guide the course of your life. But to hold them with total consistency—to understand, to define, to prove and to apply them—requires volumes of thought.

My philosophy, Objectivism, holds that :

1. Reality exists as an objective absolute—facts are facts, independent of man’s feelings, wishes, hopes or fears.

2. Reason (the faculty which identifies and integrates the material provided by man’s senses) is man’s only means of perceiving reality, his only source of knowledge, his only guide to action, and his basic means of survival.

3. Man—every man—is an end in himself, not the means to the ends of others. He must exist for his own sake, neither sacrificing himself to others nor sacrificing others to himself. The pursuit of his own rational self-interest and of his own happiness is the highest moral purpose of his life.

4. The ideal political-economic system is laissez-faire capitalism. It is a system where men deal with one another, not as victims and executioners, nor as masters and slaves, but as traders, by free, voluntary exchange to mutual benefit. It is a system where no man may obtain any values from others by resorting to physical force, and no man may initiate the use of physical force against others. The government acts only as a policeman that protects man’s rights; it uses physical force only in retaliation and only against those who initiate its use, such as criminals or foreign invaders. In a system of full capitalism, there should be (but, historically, has not yet been) a complete separation of state and economics, in the same way and for the same reasons as the separation of state and church.

Traduction

Lors d’une conférence de presse chez Random House, précédant la publication d’Atlas Shrugged, un lecteur m’a demandé si je pouvais présenter l’essence de ma philosophie en quelques mots. Je l’ai fait comme suit :

1. Métaphysique : la réalité objective

2. Epistémologie : la raison

3. Ethique : l’accomplissement de soi

4. Politique : le capitalisme

Si vous déteniez ces concepts dans une totale cohérence, comme la base de vos convictions, vous disposeriez d’un système philosophique complet pour orienter le cours de votre vie. Mais les maintenir avec une cohérence totale, les comprendre, les définir, les prouver et les appliquer, exige des heures de réflexion.

Ma philosophie, l’objectivisme, soutient que :

1. La réalité existe comme un absolu. Les faits sont les faits, indépendamment des sentiments humains, des souhaits, des espoirs ou des craintes.

2. La raison (la faculté qui identifie et intègre les éléments fournis par les sens de l’homme) est le seul moyen de percevoir la réalité, sa seule source de connaissance, son seul guide d’action et son seul moyen de survie.

3. Tout homme est une fin en lui-même, et non un moyen pour les autres. Il doit exister pour lui-même, et non se sacrifier pour autrui, ni sacrifier autrui à lui-même. La poursuite de son intérêt rationnel ou de son propre bonheur est le plus haut but moral de sa vie.

4. Le système politico-économique idéal est le capitalisme de laissez-faire. C’est un système dans lequel les hommes se considèrent entre eux, non comme des victimes et des bourreaux, ni comme des maîtres et des esclaves, mais comme des commerçants, par des échanges libres et volontaires, dans leur intérêt mutuel. C’est un système dans lequel aucun homme ne peut obtenir quelque chose des autres par le recours à la force physique, et dans lequel aucun homme ne peut user de la force physique contre les autres. Le gouvernement agit seulement comme une agence de protection des droits, il n’utilise la force physique que pour des représailles et seulement contre ceux qui prennent l’initiative de son usage, tels que des criminels ou des envahisseurs étrangers. Dans un système de capitalisme intégral, il devrait y avoir (mais, historiquement, cela n’a jamais existé) une séparation complète de l’Etat et de l’économie, de la même manière et pour les mêmes raisons que la séparation de l’État et l’Eglise.


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